PAUS., IX
3Frag. 36.
^Berok, Lyr, graeci, HI, Frag. adesp.ta, 8V.
i Vita Vrat.
6 Schol. Pind., Nem. VII, 94.
7 Frag. 53»
^ Frag. 54.
la Terre*. L'histoire de Niobé, où le dieu joue un rôle si terrible, s*y trouvait racontée*, comme aussi la prédiction que l'oracle de Delphes avait faite à Laïos^. C'est dans un péan ([u'il avait fait du chant dorien ce bel éloge, qu'il est « le chant le i)lus auguste * », et qu'il parlait du roseau pour la flûte qui croît dans le Céphise ^. Apollon du reste n'était pas le seul dieu qu'il eût chanté dans cette forme de poème, car on cite de lui un péan en l'honneur de Zeus de Dodone s. Le ton de ces poèmes était sans doute assez varié : le péan se prêUiit à toutes les manifestations de l'àme, depuis les plus graves et les plus religieuses jusqu'aux plus gaies, puisqu'il pouvait se mêler aux joies profanes d'un banquet tout comme aux pieux exercices de la religion. Le seul fragment un peu important qui nous reste de ceux de Pindare est une réflexion mélancolique sur l'impuissance do la sagftsse humaine que nous avons déjà citée plus haut ', et qui pouvait trouver sa place aussi bien autour de la table d'un festin qu'autour de l'autel dans un temple.
Au genre du péan et de l'hymne se rattache le Prosodie : c'était la même inspiration religieuse, avec cette différence, comme l'indique le nom même, que le prosodie se chantait ordinairement dans les processions solennelles en riionneur d'Apollon. C'est à ce Dieu qu'il était adressé de préférence. Pindare suivit l'usage et paraît avoir chanté surtout Apollon. C'est ainsi qu'il célébra son temple favori, comme le montre ce fragment d'un prosodie en l'honneur de Delphes :
Au nom de Zeus Olympien, Pytho d'or aux illustres oracles, je t'en prie, reçois-moi dans le chœur divin avec les Cliarites et Aphrodite, moi, le glorieux prophète des Piérides ".
Pindare fit également un autre prosodie sur Délos, l'ile natale du Dieu, dont il reste ces deux beaux fragments :
» Krag. 55.
2 Frag. 64, 65.
3 Frag. 68.
* ÔTt Am^iov }«,Ao; <rij*vÔTaTov loriv. V, Schol. Pilld., Olymp, ï, 2C.
i Id., ad Pyth, XU, 45.
« Frag. 57-60.
'Frag. 61. Voir page i07,
«Frag. 90.
Salut, ô (iivinement fondée, sol si channant pour les enfants de Latone au brillant voile, fille de la mer, merveille inébranlable de la vaste terre *, toi que les mortels appellent Délos et les bienheureux de roivmpe, Tastre étincelant de la sombre terre !
Auparavant, en effet, elle était flottante au gré des flots et des souffles des vents divers. Mais quand la fille de Cœos, près de sacrifier aux douleurs d'un prochain enfantement, mit le pied sur elle, alors, certes» quatre colonnes droites à base de diamant s'élevèrent des abîmes de la terre et soutinrent le rocher sur leurs chapiteaux : là accoucha la déesse qui put contempler son heureuse progéniture *.
On connaît encore un prosodie de Pindare pour Artémis, vénérée par les Éginètes sous le nom d'Aphasa 3. Enfin il serait possible qu'il eût fait un prosodie en l'honneur de Zens Etnéen. Il paraît que dans un poème de ce genre il avait représenté les dieux poursuivis par le géant Typhon et fuyant sous la forme d'animaux * ; d'un autre côté il reste quelques vers d'un prosodie où il parle de l'Etna comme « d'une prison immense » et de la victoire que « la force fatale de Zeus remporta sur le redoutable Typhon aux cent têtes ^ ». Les vers concorderaient avec le renseignement et par conséquent appartiendraient au péan supposé.
Parmi les Parthénies de Pindare, le plus populaire sans doute était celui qu'il fit en l'honneur de Pan 6. On racontait des choses merveilleuses sur Toriginede ce poème : on disait qu'un jour, entre le Cithéron et l'Hélicon, le dieu avait apparu chantant un péan de Pindare, et que celui-ci, pour n'être point en reste de politesse, avait composé un parthénie en l'honneur de son divin admirateur. Ce qui est plus certain que cette apparition miraculeuse, c'est qu'auprès de la maison de Pindare était une chapelle de Gybèle et de Pan, où des chœurs de jeunes
» Délos passait pour n'avoir jamais été éprouvée par un tremblement de terre, et malgré celui que signale Hérodote un peu avant la bataille de Marathon (VI, 98), el celui que Thucydide place avant la guérie du Péloponnèse (U, 8), cette tradition s'était perpétuée dans l'antiquilé, comme le prouve ce passage de Sénèque où il est fuit allusion aux vers que nous citons : Banc (Delum) philosopni quoque credula natio dixerunt non moveri auctore Pindare; Quaett. nat.f VI, 26.
3Frag. 89.
4 Frag. 91 . *
* Frag. 92-93,
^Voir dans Ja noie de Bergk au frag. 95 tous les «uteurs qui ont fait alluslon à ceparlhénie»
LA l'OÉSIE LYR.QUE COSMOPOLITE : PLNDARE 235
vierges dont faisaient probablement partie les filles du poète, avaient coutume de célébrer les deux divinités dans des fêtes nocturnes *. Pindare aura composé pour ces chœurs son parthénie à Pan, dont il nous reste le début :
Pan, maître de TArcadie, gardien des augustes sanctuaires, suivant de la Grande Mère, aimable objet de soins pour les vénérables Charités ^.
On rattache encore au même poème ces trois petits vers :
Bien heureux, toi que les Olympiens appellent le chien bariolé de la Grande Mère *.
Strabon nous a conservé comme de Pindare ces quelques vers superbes sur Apollon :
Dans sa course errante, le dieu alla par terre et par mer ; il s'arrêta Sur les sommets élevés des montagnes, il ébranla les antres en jetant les fondements de ses temples et il s'empara des gorges du Ptoon aux trois sommets (montagne de la Béotie) *.
Bœckh rapporterait ces vers à un parthénie en Thonneur d'Apollon, et Bergk regarde cette opinion comme vraisemblable. Pindare, en ces compositions, ne gardait pas toujours ce ton grandiose. La nature môme des chœurs qui devaient les chanter, lui inspira plus d'une fois sans doute des pensées, des images d'un genre plus simple, plus approprié, comme cette réflexion par exemple, que les hommes, lorsqu'ils aiment, souhaitent le retour du soleil, et les femmes le retour de la lune s.
Les Dithyrambes de Pindare figuraient parmi ses productions les plus vantées. Suivant le fécond exemple donné par Simonide ^, le poète était sorti de la légende de Dionysos ; il avait chanté la Grande Mère de Phrygie, les exploits d'Héraclès et même les aventures assez singulières d'Orion 7. 11 aWa plus loin encore,
» Pyth. Iir, 77.
2 Frag. 95.
3 Frag. 96.
< Frag. ioi.
& Frag. iQ\.
6 Voir p. lao.
' Frag. 72, 73, 74, 81,
aS'î HISTOIRE DE LA POÉSIE LYRIQUE GRECQUE
entra résolument dans l'histoire contemporaine: c'était un dithjrrambe que ce beau poème en l'honneur d'Athènes, dont nous avons déjà parlé plus haut*. En variant ainsi la matière du dithyrambe, Pindare devait nécessairement en modifier aussi le ton. Nous ne savons pas trop ce que Simonide avait fait de ce genre ; il est présumable toutefois qu'à l'allégresse, à la vivacité du rythme, à cette préférence pour la partie musicale qu'affectait son rival Lasos, il avait dû substituer un caractère plus calme, une exposition plus sereine. Cette manière d'entendre le dithyrambe cx)n venait à Pindare. Avec lui ce genre paraît avoir achevé de dépouiller tous ses éléments orgiastiques. Dans les fragments qui nous restent, rien ne sent l'emportement, la passion dionysiaque; c'est au contraire une hauteur, une dignité de pensées et d'expressions, parfaitement en rapport avec la grandeur des nouveaux sujets quil traitait en cette forme. Jamais Athènes ne fut plus magnifiquement célébrée que par le dithyrambe que lui consacra Pindare. C'est dans ces compositions surtout que le poète aimait à déployer toute sa hardiesse à créer des mots nouveaux, s'il faut en croire le témoignage d'Horace :
Seu per audaces nova dithyrambes Verba devolvit*.
Et c'est probablement son exemple qui avait fait de cette hardiesse comme une sorte de loi pour le dithyrambe 3. Ce que Pindare semble encore avoir introduit dans ce genre, c'est un sentiment de la nature aussi élevé que pénétrant. Tout en écartant par déUcatesse instinctive ces éclats de verve grossière, cette exubérance dans la gai té, dans les mouvements, que comportait le culte de Dionysos, Pindare, loin d en méconnaître l'inspiration, remontait au contraire à ce qui était l'essence même de ce culte, à savoir le sentiment et l'adoration des forces mystérieuses de la nature. Personne n'a parlé en termes plus splendides et tout à la fois plus émus,, plus frais, du renouveau, de ce réveil merveilleux de la [)lante, et du chaste frisson de volupté
• Voir p. 68.
^ HoB., 0(f.I\\ i,iO, 'Arist,, Poet.,22.
LA POÉSIE Lyrique cosmopolite : pîndare 237
qui la fait tressaillir dans tout son être aux premières caresses du soleil ; et ce tableau ravissant, c'est dans un dithyrambe que le poète Ta placé, sous la secrète et profonde influence des émotions, des idées, que le nom de Dionysos faisait naître en son àme:
Regardez le chœur, Olympiens, et envoyez sur lui une grâce illustre, 6 dieux qui fréquentez dans la sainte Athènes le centre populeux de la cité, rempli de la fumée de l'encens, et la glorieuse Agora, artistement construite : recevez Thommage de ces couronnes de violettes, luoisson du printemps ; en retour, regardez-moi favorablement du haut de rOlympe, moi qui, rayonnant de joie, viens pour la seconde fois «chanter le dieu qui se ceint de lierre. Je suis venu célébrer celui que nous autres mortels nous appelons Bromios, Ériboé, rejeton d'un père tout-puissant et d'une mère cadméenne. Les pronostics sensibles des vents ne nous ont point échappé, lorsqu'ouvrant la chambre nuptiale clés Heures empourprées, ils en font sortir le printemps odorant. Les |)iantc8 nectaréennes alors s'épandent, alors sur la terre immortelle «'étale l'aimable feuillage des violettes, les roses se mêlent aux cheveux, la voix des chants retentit avec les flûtes et les chœurs célèbrent Sémélé au front ceint d'un bandeau *.
On ne dit rien de particulier sur la facjon dont Pindare avait traité YHyporchème. Ce genre, ainsi ([ue nous Tavons vu 2, avait été pour Simonide une heureuse occiision de déployer toutes les qualités aimables d'un talent souple (>t varié. Le génie de Pindare avait la variété, mais, pour réussir en ce genre, il lui manquait peut-être la souplesse. 11 reste quelques fragments de ses hyporchèmes; on ne voit pas, comme dans les fragments de Simonide, ce que ces vers et les idées qu'ils expriment, ont de I>articulièrement approprié à une exposition dansée, qui n'était qu'images et tableaux. On pourrait à toute force trouver quelque chose de semblable dans l'énumération suivante :
Il faut nourrir une chienne laconienne du Taygète, la meilleure des bêtes pour la chasse des fauves. Les chèvres de Scyros sont supérieures pour la traite du lait. Que les armes soient d'Argos, le chariot de Thèbes ; mais demandez à la fertile Sicile le char artistement travaillé ''.
Mais dans l'hyporchème que composa le poète à l'occasion d'une éclipse de soleil, dans le fragment du moins qui nous en
» Frag. 75.
2 Voir p. 120 elsuiv.
3 Frag. 106.
238 HiSTOIRE DE LA POtSIÉ LYRIQUE GRECQUE
reste, on ne rencontre que de hautes et philosophiques réflexions, qui pouvaient sans doute, comme dans toutes les compositions choriques, s'adapter à la danse, mais ne fournissaient à la mimique de l'hyporchème aucune attitude d'un pittoresque spécial :
Rayon du soleil, que méditais-tu, toi qui vois tout, toi le père des yeux rapides ? Astre suprême dérobé en plein jour, tu as rendu i*éceniment inutile pour les hommes la force et les ressources de la sagesse, t'élançant sur un sentier obscur, comme pour amener un état de choses différent du précédent. Mais, au nom de Zeus, je t'en prie, foi et tes chevaux rapides, tourne, ô vénérable, ce prodige commun dans une voie qui soit sans dommage pour Thèbes. Si tu apportes l'annonce de quelque guerre, ou bien une sédition pernicieuse, ou la ruine des fruits par la gelée, ou un amas de neige au-dessus de toute expression, ou un débordement de la mer se vidant sur les plaines de la terre, ou un été pluvieux, si, inondant le continent d'une onde furieuse, tu renouvelles de fond en comble la race des hommes, je ne ferai entendre aucune plainte, puisque ma souffrance sera celle de tous*.
C'est dans ses Scolies que Pindare avait particulièrement donné carrière à cette veine de sensualité que nous avons signalée dans son tempérament et dans son talent 2. Nous avons déjà parlé de ces vers tout délirants de passion qu'il fit dans sa vieillesse pour le jeune Théoxène : c'est un fragment de scolie. On citait encore celui qu'il avait composé pour célébrer la victoire aux jeux olympiques du Corinthien Xénophon. Ce personnage avait fait un vœu singulier, mais dont cette ville opulente et voluptueuse était coutumière. En effet, quelques années auparavant, lors de l'invasion des Perses, les matrones de Corinthe avaient prié les courtisanes d'intercéder auprès de leur patronne Aphrodite pour le salut de l'État. Ce souvenir avait été consacré par un tableau votif au bas duquel Simonide avait mis quelques vers qui en expliquaient le sujet 3. Xénophon, partant pour Olympie, avait donc fait vœu de consacrer dans le temple d'Aphrodite cent courtisanes, si la déesse lui donnait la victoire. 11 triompha ; Pindare composa d'abord en son honneur un épinicion que nous avons
iPrag. 107. Un pareil sujet avait été déjà traité plusieurs fois en virs ; voir la note de Bergk.
^ Voir plus haut, p. 200.
^ Behqk, lyrici graecif Simomdes, lia^» v^*;
LA POÉSIE LYRIQUE COSMOPOUTE : PINdARE 230
encore * ; puis, pour le sacrifice d'actions de grâces qui se fit au temple et auquel assistèrent comme acolytes celles mêmes dont le vainqueuj- avait voué les charmes au culte de la déesse, il écrivit un scolie tout empreint de cette volupté naïve qu'inspiraient à la fois le sujet, le pays et l'époque. S'adressant tout d'abord aux courtisanes, il leur disait :
Jeunes filles hospitalières, servantes de la Persuasion dans la riche Corinthe, qui offrez les blondes larmes du pâle encens, laissant envoler souvent votre pensée vers la mère céleste des amours, Aphrodite, à vous, enfants, la déesse a donné de cueillir sans reproches dans vos couches aimables le fruit de l'âge voluptueux. Tout devient beau par la nécessité *.
Puis malgré cette excuse dont il prenait sa part, le poète trouvant sans doute que sa muse allait un peu loin, se demandait ce que diraient « les divinités maîtresses de l'isthme de ce commencement de scolie où figuraient des femmes qui étaient ù tous ». Mais heureusement « la pierre de touche était là pour révéler l'or », c'est-à-dire attester l'honnêteté qui se cachait sous ces apparences licencieuses, et sur cette réflexion, rentrant de plus belle dans son sujet, il l'exposait sans voiles :
reine de Cypre, disait -il, Xénophon, le cœur en liesse de ses succès a conduit ici dans ton bois sacré un troupeau de cent jeunes pensionnaires.
Chez les grands, tout est grand, dit quelque part Théocrite 3 ; Pindare, touchant au scolie, l'avait immédiatement agrandi et mis à la taille de sa muse. Avant lui, ce genre était assez modeste et conformément à son origine éolienne, il se déroulait en petites strophes uniformes^; sans en changer l'inspiration première, Pindare introduisit le sColie dans la poésie chorique, il lui donna la triade et la danse; Il fallait en efl*et Ce cadre et cet appareil pour que ce genre de composition pût se produire dans les vastes salles à manger des gi ands seigneurs et des rois où notre poète se proposait de le faird paraître; Le vin et Tamour continuèrent
1 La xmo olympique.
2 Frag. -122.
3 Les Syracus.y 24.
4 Voir terre I> p. 90.
à rester ses sujets préférés et, malgré Tampleur et le coloris qu'appelait la forme nouvelle, le poète savait à propos s'y montrer gracieux, enjoué, comme en témoigne ce fi'agment d'un scolie adressé à Thrasybule d'Agrigente :
Thrasybule, je t'envoie tout un chariot de chants aimables pour le dessert. Puisse-t-il être dans vos réunions un aiguillon pour la liqueur de Dionysos et pour les coupes attiques! A la fin du repas, le dessert est doux, même ap: es un copieux service *.
Nous avons déjà parlé des Thrènes de Pindare, lorsque aidé de quelques fragments et des jugements de l'ancienne critique, nous rapprochions sa manière de celle de Simonide et montrions chacun des deux poètes fidèle à sa propre nature, à son propre génie, dans l'expression de la douleur et le genre de consolation qu'il présentait.
Nous arrivons aux Epinicies, seul monument, disions-nous, qui nous reste complet du génie de Pindare ; mais ces poèmes et l'esprit, l'état social qui les ont inspirés, sont choses tellement étrangères à nos idées, à nos mœurs modernes, qu'avant d'en aborder l'étude, il est nécessaire de s'y préparer par quelques réflexions. Si jamais une institution fut populaire chez les Grecs, c'est celle des jeux et des concours publics. Non seulement il y avait les quatre grands jeux bien connus, où accourait tout le monde hellénique, Olympie, Delphes, l'Isthme, Némée ; mais au temps de Pindare, il n'était presque pas une ville qui n'eût les siens2. On ne le saurait pas d'ailleurs, qu'on l'apprendrait par les vers du poète. Plusieurs de ses héros avaient déjà prouvé leur valeur dans maints concours, avant de remporter la vicieux qu'il devait célébrer. C'est ainsi qu'Épharmoste d'Oponte, vainqueur aux jeux olympiques, avait déjà triomphé précédemment à Argos, à Athènes, à Marathon, à Parrhasie, àPellène,àÉleusis. Et ce n'est point une vaine énumération de victoires faciles et
• Frag.i2'i.
2 On peut voir dans Mezgkr, Pindars Siegealieder, p. i-6, la liste de lousces jeux, la date et la cause de leur institution, les époques auxquelles en revenait la célébration, les prix que les vainqueurs y gagnaient. Quant à ceux qui désireraient des détails plus complets sur celte portion si curieuse de la vie hellénique, ils les trouveront dans l'ouvrage de Bobtticuer, Olympie, L'auteur y expose l'histoire des jeux de ce nom, du lieu où ils se célébraient et des fouilles qu y a fait faire le gouvernement allemand depuis -1874 jusqu'à ces derniers temps, sous la haute ôiTecUoi^ <\%VVv\%\.qt\^w E. Curiius.
La poésie lyrique cosmopolite : l'iNDAîtÊ 24i
ns gloire : toutes ces luttes, malgré l'obscurité de quelquesis des lieux où elles étaient instituées, avaient leur prix aux 'ux du poète, et partant de la Grèce tout entière. On le nt aux détails où il se complaît à propos de Tune d'elles : A Marathon, dit-il, à peine échappé à l âge imberbe, quel »mbat il soutint contre de plus vieux pour des coupes d arent! Au milieu de quelles acclamations, ayant, par une ruse ipide, infaillible, dompté ses adversaires, il passa devant le ercle des spectateurs, jeune, beau et venant de faire de si <îlles choses * ! »
Dès son entrée dans le monde, Pindare avait été ravi par a splendeur de l'auréole qu'une victoire à des jeux publics nettait autour d'un jeune et beau front : « Heureux, s'écrie- •il dans la première ode qu'il composa, heureux et digne d'être hanté par les sages est l'homme qui, vainqueur par les mains ou »ar l'excellence de ses pieds, conquiert la p'us grande d'entre p^s récompenses par sa hardiesse et sa force, et qui, vivant, oit son fils justement obtenir la couronne pytliiquel Le ciel à X voûte d'airain ne lui est point accessible, mais toutes les ilicités que nous, race mortelle, pouvons saisir, il les réalise au egré suprême 2. » L'enthousiasme resta tout aussi juvénile Dus les glaces de l'âge, et quarante ans plus tard, Pindare isait encore d'un accent plus grave, mais avec une chaleur )ut aussi vive :
mère des combats aux couronnes d*or, Olympie, reine de vérité^, î des prophètes, conjecturant d'après les victimes en feu, sondent Zeus la foudre étincelante, pour savoir s'il a quelques desseins sur des )oimes qui brûlent dans leur cœur d'atteindre à une grande vertu, à le gloire qui les repose de leurs labeurs, et la cliose se réalise, par •nsidération pour les prières des devins. Eh bien ! ô bois épais de Pise ir TAlphéa, accueille ce comos et cette procession en couronnes I C'est le gloire à jamais grande pour celui qui a remporté ta récompense uslre *.
Cet enthousiasme qu'on pourrait croire, sinon factice, au moins n peu intéressé, puisque enfin la muse du poète en vivait, la
^Olymp. IX, 80.
2 Pyth. X, 22.
3 II appelle ainsi Olympie, parce que c'était dans ses luîtes que se faisait la euve du vrai mérite.
* Olymp. VHKOl. LXXXII, àBO av. J.-C.