‹ Histoire de la poésie lyrique grecqueChapitre 29 sur 34 · T0M8 IL · texte numérisé non relu

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lirt'sMruiKiUnii ik> i'rupiier ^^ll audiUrirt* ]jar la splendeur dudcbul; " I^i ;,'niiidt.' rilé d'Athènes, dira-t-il, est un très beau prélude au\ rluuil> (|ii(* je dois élever pour lu l'aniille puissante des Aie- HKNinides ^ >

Pindare «'Xpirs*- ordinairement d'une façon claire et dianîte l'nhjet de S4in eliant. Mais, quelque simple que soit le tour, H le nliausse par la niagniiieence de l'expression, par quelque épitlirtt' sonore, tlainboyante, comme ces boucliers d'airain qu'on apiK'iidait à i'areiiitrave des temples : c Aux Tyndarides bospilaliers, à Hélène à la belle l'hevelure, je me flatte de plaire en chantant rillustn' Agrigente, dressant pour Théron l'hyDine triomptial, glorieuse conquête des chevaux aux pieds infatigables^. » Souvent encore c'est \mr une invocation que débute le poète, s'adressant tantôt aux Charités, comme dans la charmante ol>mpii|ue en l'honneur d'Asopichos d'Orchomèue 3, laiil<'»t à s{i inus4' ^ tantôt au lieu même où la victoire a été rrniiHjrlée ^, ou bien d la i>atrie du vainqueur 6, tantôt à la FurhuKS cette iille de Zens hbérateur qui sauve les peuples 7, à la Modération ^, à la déesse qui préside à la naissance et dotfne tous les biens avec la vie 8, ou encore à la jeunesse, à celte aimable puberté (|ui brille dans les regards des vierges et des adolescents ^^. Deux fois le poète a commencé par une interrogation : (( Hymnes, rois de la lyre, s'écrie-t-il au début de la 11"^ olympique, quel dieu, quel héros, quel mortel allons-nous alébrer? » Une autre fois c'est à Thèbes même qu'il s'adresse, lui demandant quel est le héros dont son cœur est le plus lier, et passant successivement en revue tous les pei*sonuages illustres qu'avait produits cette cité féconde".

Trois ol}mpi(iues commencent par des comparaisons. Nous

» /»y//i. NU, Uebul.

-' OlniAp. UI. DébuU

•♦ Voir plus haut, p. 375, ft Ncm. X.

* i\èm. m

i Ulymp. VUI.

^ Oiyinp. V ; :V;/i. I ; Islhiiu U

' Olymp. Xlf.

" Viilh. MIL

!» Svm. Vil.

'«.Vm.vni.

'U^ihm, Ml

venons de oIUm* celle que l'ait le poète de son art aveu* rarchitecture, et çiui ouvre la in« Olympique. La première à Hiérou débute par cette comparaison sur laquelle s'est tant <''ga>(î Perrault Tanlipindarique : « L'eau est la meilleure deschose*»; ïnv, comme un feu étincelant, brille dans la nuit, supérieurement à tout objet de prix. Si tu désires chanter les combats, mon cœur, sache qu'il n'y a pas d'astre dans le* jour plus chaud, plus éclatant que le soleil à travers le ciel solitaire, ni de lutte plus illustre qu'01ymj)i(î. » La troisième comparaison, celle du début de la VIP 01ympi([ue, est tout aussi célèbre ; nous en avons donné plus haut la traduction jmr A. Chénier*. Pindare en était content sans doute, [)uisqu'il l'a reprise pour la Vl« isthmique : « Ck>mme dans un florissant festin de héros, nous remplissc)ns pour la seconde fois la coui)€ des chants de la nmse en faveur dt; la race victorieuse de Lampon. » Deux néméennes commencent paiement par une com[)araison : dans l'une, le iM)èle comimre son art à celui des statuaires et le proclame hardiment sui)érieur^; dans l'autre, il se contente de dire qu'à l'exemple du rapsode qui commence toujours ses chants par l'éloge de Zens, son héros a remporté sa première coun)nne dans le bois de Némée consacré à ce dieu 3.

Dans tous ces débuts que nous venons d<» [>asser en re>ue, quel que soit le tour que Pindare leur a doimé, on ne peut nier qu'il n'expose son sujet d'une manière facile et claire, on voit tout de suite où veut en venir le [)oète» Quelquefois cependant sa marche est moins directe; il s'achemine lenten)ent, par de magniiiques détt>urs, tenant son dessein caché, puis subitement il le fait apparaître i>ar une brusque et lumineuse évolution. Tantôt c'est une image splendide, comme le tableau des elîets puissants -de la lyre, au début de la !■* pjthique*, ou la peinture de l'heureuse union de la fortune et de la vtTtu, au début de la V» 5 ; tantôt c'est une réflexion philosophique, comme en ce début de la VI« Néméenne :

^ Page 95S.

> Ném, V.

3 Ném. U.

* Voir plus haut, pa^e iM, là traducliuii de eu débul.

* Voir page 953»

l'iic est la l'fU'o (les hommes, une celle des dieux ; cependant nous i louons l<'s uns et les auti-es le souffle d'une seule mère, mais ce qui nnjiîj scpaiy,. c'est la puissance fout, à fait dififçrente.: car rhoranie n'csl. rien, tandis que le ciel d'airain demeure éternellement inébranlable. l*ourtaut nous nous rapprochons des immoiiels soit par une gi'ande intelligence, soit par la forme de notre corps, quoique nous ne sachions pas le cours du jour où nous sommes, ni vers quel but, après la nuit, \v destin nous a prescrit de courir. Et maintenant la famille d'Alcimidas montre qu'elle ressemble aux champs fertiles, qui, par alternances, tantôt donnent de leur sein aux hommes leur nourriture annuelle, tantôt se i-eposant, recueillent leurs forces.

El le poète eoatinue, montrant le jeune héros réveillaqt la gloire (le sou graud-[)ère et marchant sur ses traces après le repos d'une génération*. En réalité, malgré cette classification apparente que Ton peut établir entre les débuts des odes de Pindare, il faut toujours en revenir à cette qualité qu'il sïml>osait- lui-même comme une loi. Du premier coup, il saisit son •auditoire par la grandeur de la pensée, par la grâce ou l'éclat de la diction. Il a de plus la variété, et, tout en redisant tant de l'ois la même chose, il ne se répète pas : il faisait bien réellementlM>ur chacune de ses odes un début nouveau.

Contrairement au procédé ordinaire de l'art moderne qui suit une marche toujours ascendante et se sépare de son pubUc juste au moment où il Ta porté au dernier période de l'émotion, Pindare, en approchant du terme, atténu^î sa voix, ralentit sa marche et rherche visiblement à remettre son auditeur dans la situation calme et tranquille oii il l'a trouvé. C'était du reste l'habitude (le l'art grec. M la poésie ni la musique n'aimaient à secouer les âmes par un final passionné. Les dernières pages de ï Odyssée sont d'un pathétique doux et presque bourgeois qui remet le lecteur d(^ plain-pied avec sa vie quotidienne. On en' peut dire autant de l'Œdipe-Roi, de VOEdipe à Colone. Le poète nous y ramène des émotions les plus douloureuses, les plus poignaates, à des sentiments tendres, qui peu à peu rendent à Pàmevsa sérénité. L'éloquence elle-même, loin de réserver pour la péroraison ses traits les plus enflammés, ses invectives les plus mordantes, finit tout simplement. Rien n'est plus tranquille que les

^ Voir encore îiém. IV -, IstUm. U ^Viaâi.\>.'i'i^\\luKm.\U.,Çit.le début de l'O^ww. A7(trad. p. 221).

péroraisons de Démoslhène: « Je no vois plus rien à ajouter, et jtoûtes mes paroles, je crois^ ont été comprises. » Voilà comme se termine le discours contre Leptine. Il ne faut donc pas s'étonner que Pindare, après tous ces grands déploiements de poésie, finisse de la façon la plus modeste. La l^ py thique qui -s'ouvre par cette belle et riche image de la lyre d'or, se clôt par une réflexion morale qui n*a rien de bien lyrique. La IIP olympique à Théroji se termine par un de ces traits d'aimable naïveté qu'on rencontre fréquemment dans La Fontaine, mais qu'on ne s'attend guère à trouver à la fin d'une ode au style si grandiose. Quelquefois même Pindare prend congé de son auditoire par un simple proverb.^*, ou moins encore, par un dicton populaire :

Répéter trois à quatre fois la inAme chose, c'est de l'indigence, comme de redire aux enfants : Corinthos fils de Zeus* ».

Voilà dans son tour, dans ses nUures générales, cette poésip d'un genre si particulier. Il ne nous reste plus qu'à l'étudier dans la langue même dont elle se sert et qui n'est pas une de ses moindres particularités.

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