Oberea, Oberoa, de Wallis
3. La voyelle o est peut-être de trop, dans ce mot ; mais je me conforme à l'usage qui est de dire o-tu. Tu était le nom de la branche des Pomare, comme Tautu était celui de l'antique race des rois de Raiatea. Ces deux noms venaient vraisemblablement de Tu, l'ancien nom du dieu de la guerre dans la plupart des archipels de la Polynésie orientale. A Tahiti et à Mangareva, Tu signifiait dieu, être, c'est, etc.
reine Berea. Celle-ci l'invita à descendre à terre et l'officier anglais accepta., En effet, le 12, au matin, il alla voir la reine et fut très bien reçu par elle. Je n'ai pas à raconter ici le séjour de ce navigateur à Tahiti, cela fait partie de l'histoire des voyages ^ Les relations entre Berea et Wallis prirent bientôt un caractère tellement amical que dès lors tous les Anglais furent largement fournis de provisions. Leur navire le Dolphin leva l'ancre le 26 juillet 1767.
Le 2 avril 1768, au lever de l'aurore, des vaisseaux français parurent devant Tahiti. Les journées des 3, 4 et 5 avril se passèrent à louvoyer et à faire sonder pour trouver un mouillage. L'officier qui commandait cette expédition était le célèbre De Bougainville. Voici comment il s'exprime dans sa poétique relation : « L'aspect de cette côte élevée en amphithéâtre nous ofi'rait le plus riant spectacle. Quoique les montagnes y soient d'une grande hauteur, le rocher n'y montre nulle part son aride nudité : tout y est couvert de bois. A peine en crûmes-nous nos yeux, lorsque nous découvrîmes un pic chargé d'arbres jusqu'à sa cime isolée qui s'élevait au niveau des montagnes dans l'intérieur de la partie méridionale de l'île... Les terreins moins élevés sont entrecoupés de prairies et de bosquets, et dans toute l'étendue de la côte il règne sur les bords de la mer, au pied du pays haut, une lisière de terre basse et unie, couverte de plantations...
« Comme nous prolongions la côte, nos yeux furent frappés de la vue d'une belle cascade qui s'élançait du haut des montagnes et précipitait à la mer ses eaux écumantes. Un village était bâti au pied 2... » Le fond de la mer était dangereux et les navires durent revenir dans la baie qui avait été d'abord
1. Lire la relation de Samuel Wallis publiée dans le recueil de Hawkesworth. — Les relations des séjours et même du voyage de découverte des différents explorateurs sortent du cadre de cet ouvrage et n'y trouveront place que dans le cas où ils auraient une réelle importance au sujet de l'histoire du pays ; pour ce qui a rapport à la découverte de chacune des îles des divers archipels, je me bornerai ordinairement à ne mentionner que le nom du navigateur et la date de l'événement.