Cook, Troisième Voyage, t. V, p
lesse se trouvait peu apte à diriger des opérations militaires. Mais la population ne prit pas le change et ne cacha pas sa désapprobation. Heureusement pour Pomare P"", Cook intervint; il signifia hautement qu'il le protégerait et qu'il châtierait à son retour à Tahiti ceux qui auraient conspiré contre lui. Les mécontents furent saisis de crainte et renoncèrent à leur insurrection. La paix conclue par Touha fut ratifiée par Pomare P"*, le 23 septembre 1777.
Les vaisseaux anglais quittèrent Tahiti le 30 septembre, et, le même jour, vinrent mouiller à Eimeo. Les indigènes de cette île s'étant rendus coupables du vol d'une chèvre, Cook fit incendier cinq ou six maisons ainsi qu'un certain nombre de pirogues ; de plus^ il menaça le chef Mahine de grands désastres s'il ne lui restituait pas l'animal enlevé. Après avoir obtenu satisfaction, le célèbre navigateur partit pour Huahine. Le roi de cette île était alors Teariitaria, enfant de huit à dix ans qu'assistaient les deux fils d'Ori, Puni et Touha '. Rien ne troubla jusqu'au 22 octobre le commerce d'échange et d'amitié entre les étrangers et les naturels. Mais le 22 au soir, l'un d'eux vola un sextant. Cook le fit saisir et conduire en prison sur son vaisseau. Interrogé, le voleur finit par dire où il avait caché le sextant, et, le lendemain, l'instrument fut retrouvé intact et rapporté. Mais l'irascible capitaine résolut de punir cet insulaire d'une manière plus rigoureuse que les autres voleurs auxquels il avait infligé des châtiments, parce qu'il lui parut être un coquin d'habitude : « Je lui fis raser les cheveux et la barbe, et couper les deux oreilles, dit Cook. » Les bons rapports reprirent ensuite avec les naturels. Le 2 novembre, à quatre heures du soir, les vaisseaux anglais profitèrent d'une brise et sortirent du havre. Ils se rendirent à l'île Raiatea où Cook revit son ami Ori, déchu de son rang élevé et devenu un vieillard dégradé par l'ivresse. Là, il eut quelques démêlés avec les