Wilson, A missionary Voyage, etc., p
2. De Bovis, Étal de la Société lahilienne à Varrivée des Européens.
district patronymique (Tetuanuieaaiteatua) ; une adoption extraordinaire vint encore augmenter ceux-ci. Temare adopta Pomare II pour fils et héritier de ses biens. Or, comme les liens d'adoption avaient chez ces peuplades autant de valeur que ceux du sang, Pomare II devint par eux le légitime héritier du nom et des vastes possessions territoriales de Temare. Quelle fut la cause de cette adoption ? Voilà ce qu'on ignore, et il est probable qu'on ne le saura jamais. Cependant il n'est pas impossible que ce soit le désir de recouvrer le pouvoir sur son district qui ait conduit Temare à cette étrange adoption. En effet, vers Tannée 1797, on constate que Temare exerce non seulement les fonctions sacerdotales avec le titre de taata no te Atua (l'homme des dieux), mais aussi celles de grand-chef du district de Papara, et que, de plus, il commande le district d'Attahuru, divisé entre deux ou trois chefs. Il résulte forcément de ce recouvrement de pouvoir et de cette augmentation d'autorité qu'un rapprochement avait eu lieu entre Pomare P*", Pomare II et Temare; autrement, si celui-ci était rentré en possession de ses États par la voie des armes, il n'eût pas adopté le fils de Pomare P'", c'est-à-dire du vaincu. L'adoption de Pomare II par Temare peut donc avoir été le prix de ce rapprochement, après la défaite qu'avait subie ce dernier. Quoi qu'il en soit, le district de Papara (Teriirere) fut ainsi à jamais perdu pour les descendants d'Amo et devint un héritage de plus à recueillir par la famille Pomare. Le royaume de Tahiti était désormais assuré de droit à cette dynastie, la branche usurpatrice devenant légitime aux yeux des indigènes par le fait même de cette adoption. Plus tard, une grande partie de l'île Eimeo sera obtenue encore par un héritage d'alliance, et deux enfants de la reine Pomare IV deviendront l'un, roi de Raiatea, l'autre, reine de Bora-Bora, les souverains de ces îles les ayant adoptés ; mais n'anticipons pas. A l'époque qui nous occupe, c'est-à-dire au commencement de l'année 1797, la famille Pomare possédait déjà quelques terres à Eimeo;
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de plus, les îlots Tetiaroa constituaient sa propriété personnelle, et l'île Meetia était tombée en son pouvoir; à Tahiti presque tous les grands districts lui appartenaient, soit par héritage, soit par conquête : lePorionu, à Pomare P"" et Pomare II; Taiarapu, au frère de ce roi; Wapaiano, à son plus jeune frère Weidua; enfin, nous venons de voir que les districts de Papara et d'Attahuru devaient, à la mort de Temare, revenir à Pomare II. L'unité des îles du Vent semblait donc à ce moment à peu près faite au profit de cet arii-rahi. Allait-elle l'être d'une manière complète ? Cela ne se pouvait malheureusement. Les diverses tribus qui peuplaient ces différentes îles renfermaient en elles-mêmes un germe de barbarie tellement prononcé qu'il leur était impossible de respecter pendant longtemps n'importe quel pouvoir établi; leurs convoitises perpétuelles les empêchaient d'avoir la moindre union et par conséquent de fonder une chose durable. x4ussi les horreurs de la guerre devaient-elles de temps en temps reparaître et remettre chaque fois tout en question, jusqu'à ce que la parole de l'Evangile, prêchée par une poignée de pauvres Européens, eût apaisé la sauvagerie primitive qui se trouvait chez les habitants de ces îles.