‹ Histoire de la Polynésie orientaleChapitre 36 sur 124 · Ellis, Polynesian researcHes, t. I, p · texte numérisé non relu

Ellis, Polynesian researcHes, t. I, p

Mahine entreprit la conversion des habitants de l'île Huahine. Ceux-ci passaient pour tenir énormément à leurs croyances; cependant ils les abandonnèrent avec une telle rapidité qu'un an plus tard il ne restait plus un seul païen dans l'île ^.

A Raiatea-Tahaa, le zèle outré des naturels chrétiens faillit amener d'abord leur massacre, puis aboutit à la conversion de tous les païens de l'île. Voici ce curieux épisode :

C'était dans l'île Raiatea, sur le rivage d'Opoa. Une foule d'indigènes acclamait le roi Tamatoa et ses guerriers qui revenaient victorieux de l'expédition de Tahiti. Parmi cette foule se distinguaient les prêtres païens ; à mesure que les pirogues de guerre abordaient, ils s'approchaient des vainqueurs, les félicitaient, et selon la coutume leur demandaient s'ils apportaient aux dieux beaucoup de victimes et de cadavres. Avant de débarquer, Tamatoa donna l'ordre à l'un de ses guerriers de se mettre debout sur la partie la plus élevée d'une pirogue, et de faire à la question des prêtres la réponse suivante : « Nous n'avons pas apporté de victimes ; nous sommes tous devenus les adorateurs du vrai Dieu, et nous prions. » Le guerrier exécuta ce qui lui était commandé; ensuite, montrant des livres élémentaires que les missionnaires avaient écrits pour les chrétiens 2, il ajouta : « Voici les trophées que nous avons conquis. » Ces paroles indignèrent la masse de la population ; néanmoins elle dissimula.

Quelque temps après, Tamatoa convoqua une assemblée dans laquelle il déclara que lui et ses gens avaient embrassé le Christianisme ; il en vanta les bienfaits, et demanda aux autres indigènes de l'adopter aussi. Un tiers du peuple y consentit ; les deux autres tiers exprimèrent le désir de rester fidèles au culte de leurs aïeux.

Tout à coup Tamatoa tomba gravement malade. Les chrétiens se mirent à prier Dieu pour obtenir la guérison de leur chef ; mais plus ils priaient, plus sa maladie augmentait, et à

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