‹ Histoire de la Polynésie orientaleChapitre 37 sur 124 · Ellis, Polynesian researches, t. I, p · texte numérisé non relu

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2. A cette époque il n'existait pas encore d'imprimerie dans ces îles.

un tel point que son état sembla désespéré. Un jour que les chrétiens s'étaient rassemblés pour dire la prière, l'un d'eux émit l'idée que la maladie de Tamatoa était une punition de Jéhovah parce que celui-ci se trouvait offensé de ce que l'on n'avait pas encore détruit la célèbre idole d'Oro. Cette idée parut juste aux autres chrétiens. Alors celui qui l'avait émise leur proposa d'aller immédiatement anéantir cette fameuse statue. Ils délibérèrent un instant, et finalement, acceptèrent. Ils coururent à Opoa, où se trouvait le marae le plus vénéré de l'île Raiatea et même de tout l'archipel de la Société ; là, ils s'emparèrent de l'idole, la dépouillèrent de ses ornements, et la livrèrent aux flammes. Chose étrange ! à partir de ce moment-là, le chef commença à se remettre, et quinze jours ou trois semaines après, sa santé était parfaitement rétablie.

L'acte de fanatisme commis par les chrétiens avait exaspéré les païens déjà très irrités de tout ce qui avait eu lieu précédemment; la guérison de Tamatoa fit éclater leur colère. Pour se venger, ils résolurent de mettre à mort tous les chrétiens et leur déclarèrent la guerre. Ils appelèrent le chef de l'île voisine de Tahaa \ pour prendre la direction de leur parti et ils construisirent une grande case qu'ils entourèrent de cocotiers et d'arbres à pain afin d'y enfermer les chrétiens et de les brûler vifs. De plus, les païens décidèrent qu'ils transperceraient leurs ennemis avec des lances rougies au feu. Quand les chrétiens connurent ces préparatifs, ils furent très effrayés, et pour essayer de détourner l'orage qui grondait sur eux, ils envoyèrent des parlementaires au camp ennemi. Ceux-ci revinrent avec cette réponse : « Il n'y a pas de paix possible avec les hommes qui ont brûlé les dieux ; il faut que ceux qui ont mis le feu à Oro passent aussi par ce feu. » Tamatoa essaya encore une fois de négocier ; il envoya sa propre fille : celle-ci revint avec la même réponse.

Il ne restait donc plus qu'à en appeler au sort des armes.

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