‹ Histoire de la Polynésie orientaleChapitre 46 sur 124 · Tane signifie mari · texte numérisé non relu

Tane signifie mari

2. Ici finit le rôle important des Mamaia dans l'histoire de l'archipel de la Société; les troubles, quelquefois sérieux, qu'ils causèrent plus tard eurent si peu de conséquences que je ne les mentionnerai même pas.

l'archipel de la société 149

mare IV était partout contestée et des troubles continuels éclataient à l'intérieur. Une querelle apaisée, une autre renaissait, et parfois des équipages de vaisseaux européens de passage dans le Pacifique étaient eux-mêmes victimes d'odieuses agressions.

Les choses se compliquèrent par l'arrivée des missionnaires catholiques de la Société de Jésus et Marie dite de Picpus, chargés par un décret de la Propagande en date du 20 mai 1833 (confirmé le 2 juin suivant par le pape Grégoire XVI) de la conversion au catholicisme de toute la Polynésie '.

Ils commencèrent en 183Zipar les îles Gambier. Us y firent beaucoup de prosélytes. Ensuite ils songèrent à venir aussi à Tahiti. Ils n'étaient pourtant pas nombreux: la Mission ne se composait que de quelques Pères et quelques Frères placés sous la direction d'un vicaire apostolique de l'Océanie orientale, M^"" Rouchouze, évêque titulaire de Nilopolis ; mais tous ces hommes étaient jeunes, actifs, courageux et fanatiques. Sur l'ordre de ce prélat, un catéchiste irlandais,, nommé Colomban Murphy, partit de Gambier pour les îles Sandwich, et, durant son voyage, relâcha à Tahiti. Il y arriva le '21 mai 1835. A cette époque, le Révérend Pritchard était devenu tout-puissant dans l'île. Intelligent et surtout ambitieux, il avait gagné la confiance de la reine et des chefs ; les autres pasteurs protestants, ses collègues, subissaient même san influence. Pritchard fit dire au Frère Murphy que Pomare IV refusait de le laisser débarquer. Toutefois le catéchiste eut une entrevue avec la souveraine. Il lui demanda pour quel motif elle lui avait interdit de prendre terre ; Pomare IV répondit qu'elle n'avait point fait cette défense, mais que Pritchard avait assuré aux chefs que M. Murphy était le pape, et que^ si on le laissait entrer dans le pays, il emporterait avec lui en s'en allant tout ce que les Tahitiens possédaient. « Si vous voulez rester, ajouta-t-elle, il faut que vous

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