‹ Histoire de la Polynésie orientaleChapitre 76 sur 124 · On lui avait donné le nom de Charles (Karoro · texte numérisé non relu

On lui avait donné le nom de Charles (Karoro

gation : particulièrement chargé de soigner les malades de Taiohae,ilne cessa de risquer sa vie pour adoucir leurs maux ^ Cette épouvantable épidémie de petite vérole dura du mois d'août 1863 au mois de mars iSQli. Le nombre des victimes fut considérable: 1.560 2, sur une population de 3.800 âmes.

Effrayés par cette mortalité, les survivants restèrent quelque temps plongés dans la stupeur; puis les mauvais instincts de leur race se réveillèrent en eux et ils recommencèrent à s'adonner à l'ivrognerie, aux danses et à la débauche. Les missionnaires furent désespérés : ils commencèrent à comprendre qu'ils ne parviendraient jamais à rendre véritablement chrétiens ces insulaires. Toutefois, il ne se produisit aucun fait grave jusqu'en 1867.

Cette année-là, le 2/i octobre, un acte d'anthropophagie fut commis à Anaho (île Nuka-Hiva). Deux kanaques, Hahatai et Tipoehitu, assassinèrent et dévorèrent un autre kanaque, Heneriko Tikipoeka. Le résident fit arrêter les assassins et les envoya à Tahiti pour y être jugés. Après avoir attendu près de deux ans leur comparution devant le tribunal, l'un mourut, l'autre devint fou.

Néanmoins à Nuka-Hiva, placée sous la surveillance directe des Français, le cannibalisme tendait à disparaître et dans les îles Ua-Pu, Lîa-Uka, Tauata et Fatu-Hiva, il allait en s'afîaiblissant; mais il était toujours très répandu à Hiva-Oa.

Dans cette dernière île, les populations se trouvaient encore en pleine barbarie. Chaque année, il y avait des guerres, celles-ci presque toujours causées par des assassinats. Le chef delà tribu où était la victime voulait venger sa mort, et pour y arriver, déclarait la guerre à la tribu, dont faisaient partie les coupables. 11 s'ensuivait alors une anar-

1. Le résident français voulut le récompenser de son zèle : il demanda pour le Frère Florent Forgeot la croix de la Légion d'honneur. Mais le gouvernement n'en trouva pas une à donner à cet homme qui s'était dévoué si loin des regards du monde civilisé.

Le Frère Florent Forgeot est né à Fontrannes (y\ube) en 1825. Il est aux îles Marquises depuis près de quarante-cinq ans (1900).

Page 1