‹ Histoire de la Polynésie orientaleChapitre 8 sur 124 · A. C. Eugène Caillot, Les Origines des Polynésiens · texte numérisé non relu

A. C. Eugène Caillot, Les Origines des Polynésiens

nue par les véritables hébraïsants ^ Voilà qui est grave, très grave, car cette double ressemblance ne saurait être simplement l'effet du hasard : que deux peuples, très éloignés l'un de l'autre, portent le même nom, le fait est assurément bien étrange, il peut toutefois n'être qu'accidentel. Mais que ces peuples aient à la fois le même nom et qu'ils l'interprètent de la même façon, cela ne peut s'expliquer par une simple coïncidence, et doit supposer, à mon avis, si ce n'est une origine commune quelconque, au moins quelques rapports lointains entre eux. »

« Maohi, Maori, ou mieux Mauri, qui est la forme la plus ancienne. — D'après Taylor, le mot Maori est l'équivalent du mot maure ou nègre : la racine de ce mot est uri qui veut dire noir : d'où maari, le cœur, le sang noir. Mais, à mon avis, uri peut aussi bien venir de ur, mot akkadien qui veut dire fondement. Suivant A. Lesson, Maori signifie « naturel, indigène du pays » ; c'est en effet le sens que lui donnent les indigènes actuels. Toutefois, à l'origine, en était-il réellement ainsi ? J'en doute. 11 se peut que le mot Mauri n'ait été qu'une simple transformation du mot Amâur, qui était le nom d'un peuple des environs de Kadesh, dans la vallée de l'Oronte, en Syrie, et se trouvait mentionné par les anciens monuments égyptiens. Ce peuple à'Amâur paraît avoir été de race kénânéenne et parent des Amôrîm de la Palestine et par suite des Anak ou Anakim, dont J'ai déjà parlé plus haut. Tous ces peuples habitaient la région que la Bible appelait Haram et que nous désignons aujourd'hui

1. L'hébreu n'était primitivement que l'idiome des Chananéens. C'est après avoir vécu plusieurs générations chez eux que la famille d'Abraham finit par l'adopter ; avant elle parlait un langage vraisemblablement plus proche de l'arabe.

SOUS le nom de Syrie. Il est possible aussi que le mot Maori ait été apporté par ceux que les traditions numides nommaient des Mèdes, Madai. Si l'on en croit Salluste, qui avait puisé ses renseignements dans les livres du roi Hiempsal, l'armée d'Hercule était composée d'hommes de races diverses, et lorsque ce dernier fut mort en Espagne, son armée restée sans chef, se partagea entre les compétiteurs, et, finalement se dispersa. Les Mèdes, les Arméniens et les Perses passèrent en Afrique et conquirent les territoires proches de la mer. Les Mèdes et les Arméniens s'allièrent alors aux Libyens qui étaient leurs voisins ; ils bâtirent des villes ; mais, à la longue, leur nom se corrompit dans la bouche des Libyens et ceux-ci les appelèrent Maures au lieu de Mèdes. Cette explication est admissible. Cependant celle de Vivien de Saint Martin ne l'est pas moins. Ce savant prétend que le nom de maiiri ou de maure provient du mot sémitique maghreb qui veut dire le couchant, et il aurait été donné aux populations de rOuest par les Berbères numides qui habitaient à l'Est. »

« Arii, Alii, Arîki, ou Hakaiki, suivant les divers dialectes, signifie roi, dans presque toutes les îles de la Polynésie; dans certaines îles, aux Tunga, par exemple, ce mot veut dire simplement noble. Or Ayrians, Arians, ou Arii était le nom que se donnaient et se donnent encore les Perses, comme toutes les nations blanches à leurs débuts, et cette désignation signifiait 1' « homme honorable, digne de considération et de respect; noble ». Dans l'antiquité, toutes les provinces iraniennes de l'est portaient le nom d'« Ariana ». De plus, les tribus pastorales scythes de la Médie avaient primitivement porté le nom de Arians, Arii, et ce nom avait eu pour elles le même sens que pour les peuplades iraniennes; elles ne renoncèrent à le porter que lorsque Médée fut venue s'établir

chez elles (Hérodote, VII, 62). Je ne parle ici, bien entendu, que des tribus pastorales, car le fond, les basses classes de la Médie appartenait à des races mêlées. Celles-ci, avec les autochtones noirs formaient les nuances chamites, sémites, et chamo-sémites : telle était, en général, la population assyrienne. Le mot Arii semble d'ailleurs s'être répandu un peu partout: d'après Tacite, il y avait des ylrn germaniques au delà de la Vistule. Entre apv]; (chef) et Arii la similitude est aussi frappante. »

PREMIERE PxVRTIE L'ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ i (ILES TAHITI)

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