L'ARCHIPEL DES GAMBIER^ (ILES MANGAREVA
Traditions des indigènes. — Les événements politiques antérieurement à la venue des Européens. — Arrivée des Pères Caret et Laval. — Leurs aventures. — Leur apostolat. — Luttes entre les missionnaires catholiques français et les prêtres de la religion païenne. — Succès des Pères et destruction des idoles. — Conversion des indigènes au Christianisme. — Gouvernement théocratique des missionnaires catholiques. — Sa tyrannie. — Etablissement du Protectorat français. — Les excès de pouvoir des missionnaires. — Annexion à la France. — Abrogation du Code mangarévien.
Une des anciennes traditions des naturels de Mangareva rapportait « qu'il existait des antipodes (Anaïki), où se trouvait un peuple nommé Haram, chez qui les arbres se dépouillaient de leurs feuilles- ». Il s'agit évidemment dans cette tradition de la fameuse île ou terre nommée Havaiki. On a cherché celle-ci partout, mais l'on n'a pu déterminer sa situation géographique. Quelques savants en ont conclu qu'elle n'existait pas ; pour eux, Havaiki signifierait « pays nourricier, patrie » ; ce mot ne serait alors qu'un terme abstrait, au lieu d'être, conformément à l'opinion la plus répandue chez les Polynésiens, le nom d'une île ou d'une terre.
D'autre part, les naturels de Mangareva disaient aussi qu'ils étaient les descendants d'une colonie d'émigrants d'un grand peuple nommé Arani ou Harani^, nom qui paraît être