‹ Histoire de la Polynésie orientaleChapitre 97 sur 124 · Ollivier, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Ollivier, ouvr. cité, p

Le roi Tepito était très intelligent. Malheureusement il mourut deux ans plus tard : la fièvre l'emporta.

cendie de leurs cases, Torometi et ses partisans avaient été expulsés et la baie d'Hagaroa (Anarova) était restée déserte. Par suite de l'arrivée du Père Roussel, Torometi et les siens avaient pu rentrer chez eux, quoique mourant de faim et manquant de tout. Or les mêmes scènes se renouvelèrent au mois de septembre 1866 et le Père Roussel eut grand mal à les arrêter. C'était évidemment à ces excès qu'il fallait attribuer l'état de détresse dans lequel se trouvaient Tîle et ses habitants. Les missionnaires firent ce qu'ils purent pour y remédier. La misère et la faim augmentaient rapidement la mortalité. Les plantations étaient tellement ravagées qu'elles fournissaient à peine quelques patates que les infortunés insulaires dévoraient toutes crues. Il est vrai que les maux dont ils étaient accablés se trouvaient singulièrement augmentés par leur paresse et leur imprévoyance^.

Les missionnaires obtenaient un plein succès dans leurs travaux apostoliques : les conversions étaient nombreuses. Une petite église avait été construite : elle était très fréquentée et souvent pleine. Ces mêmes sauvages, qui naguère recevaient les étrangers à coups de pierres, récitaient maintenant à genoux des prières en langue kanaque, en français et en latin.

Le Tampico, capitaine Dutrou-Bornier, parti de Valparaiso le 25 octobre 1866, aborda à l'île de Pâques le 6 novembre. Il amenait deux nouveaux missionnaires : le Père Gaspard Zumbohlm et le Frère Théodule Escolan. Ceux-ci débarquèrent des secours destinés à la Mission naissante : une collection d'arbres fruitiers, des semences de toute espèce, une vache, deux veaux, des lapins, des pigeons, des provisions de combustible, du fer galvanisé, etc. Toutes ces nouveautés étaient saluées par les indigènes de cris d'admiration. Une brouette surtout leur parut quelque chose de merveilleux. Mais, lorsqu'ils virent arriver sur la plage une vache et un cheval, leur stupéfaction n'eut plus de bornes-.

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