Gardener*s Dictionary, 8* édition
après lui. Mais ce n^est ici qu'un point peu important et qui n'enlève rien à Tintérét du reste de son article,
« Lycopersicon {tuberosum)^ à tige herbacée, non épineuëe, à feuilles pinnées, entières. — Pommes d'amour à tige herbacée, à feuilles ailées qui sont entières. — Solarium tuberosum esculentum C. B. P. 167. — Morelle tubéreuse comestible, communément appelée Potatoe et par les Indiens Batatas.
» Il s'agit de la Pomme de terre commune, qui est une plante si bien connue maintenant qu'il n'est pas nécessaire d'en donner la description. Il y en a deux variétés : l'une qui a des tubercules* rouges, l'autre blancs; celle dont les tubercules sont rouges a des fleurs violacées, mais celle à tubercules blancs a des fleurs blanches. On les regarde cpmme n'étant que des variétés accidentelles et non comme des espèces distinctes.
» Le nom ordinaire de Potatoe semble n'être qu'une corruption du nom indien Batatas. Cette plante a été très propagée en Angleterre depuis 30 à 40 ans, car bien qu'elle ait été introduite de l'Amérique vers l'année 1623*, elle n'était encore que peu cultivée jusqu'en ces derniers temps; ses tubercules étaient dédaignés par les gens riches et considérés comme ne constituant qu'un aliment bon pour les pauvres gens; cependant, ils sont à présent généralement estimés par tout le monde, et leur culture, dans les environs de Londres, dépasse, je crois, en extension celle de toute autre partie de TEurope.
» Cette plante a été toujours classée dans le genre Solarium ou Morelle, et elle a été maintenue dans ce genre par Linné; mais puisque le genre Lycopersicon a été établi comme un genre distinct, en considération de la division du fruit en plusieurs loges, par des partitions intermédiaires, et comme le fruit de la Pomme de terre présente exactement les caractères des autres espèces de ce genre, j'ai cru devoir l'y placer ici ».
1. ^ Nous avons traduit roo/, racine, par le mot Tubercule, A cette époque, en France comme en Angleterre, on appelait à tort les tubercules des racines.
2. — Miller entend-il parler d'une nouvelle importation de la Pomme de terre faite en Angleterre à cette date ? Il ne Le dit pas. Or nous avons vu que la première introduction remontait à 1586.
Z, — Le genre Solanum présente des étamines dont les anthères s*ouvrent par deux pores au sommet, et un fruit à deux loges ; dans le genre Lycopersicum^ les anthères ont une déhiscence longitudinale et le fruit a plusieurs loges.
» On la propag^e généralement au moyen de ses tubercules qui produisent beaucoup lorsqu'ils sont plantés dans un sol convenable. Le mode ordinairement suivi consiste à planter les petits tubercules coupés en morceaux, en conservant sur chaque morceau un bourgeon ou un œil; mais cette méthode n'est pas celle que je croirais devoir recommander, car lorsqu'on plante de très petits bourgeons, ils produisent d'ordinaire un grand nombre de tubercules^ mais ceux-ci sont toujours petits; quant aux morceaux des gros tubercules, ils sont sujets à pourrir, surtout si le temps devient humide aussitôt après qu'ils ont été plantés *. Je recommanderais plutôt de faire choix des plus beaux tubercules pour la plantation, et de leur consacrer un plus grand espace de terre, tant entre les rangées que dans les rangées mêmes, entre chaque plant : j'ai remarqué que, par cette méthode, l'automne suivant, on récolte en général de gros tubercules.
» Le sol dans lequel la Pomme de terre réussit le mieux, est une terre grasse, légèrement sablonneuse, ni trop sèche, ni trop humide : cette terre doit être bien labourée deux ou trois fois, afin d'en rompre et diviser toutes les parties ; plus profondément elle sera labourée, d'autant mieux se développeront les tubercules. Au printemps^ juste avant le dernier labour, on étendra sur la terre une grande quantité de fumier consommé, qu'on enfouira dans le sol par ce labour au commencement de Mars, si la saison se montre douce; autrement il conviendra de ne le faire que vers la fin de ce mois : car s'il survenait une forte gelée après la plantation des tubercules, ils pourraient en souffrir gravement, sinon même être détruits. Mais le plus tôt qu'on les plantera au printemps, une fois la crainte de la gelée passée, ce sera le mieux, surtout dans les terres sèches. Après le dernier labour, on aplanira le sol et on tracera alors les sillons à trois pieds de distance les uns des autres, et d'une profondeur d'environ sept à huit pouces. Au fond de chaque sillon, on placera les tubercules un à un, à la distance d'environ un pied et demi; puis on remplira le sillon avec la terre qu'on en avait retirée, et l'on continuera de même dans toute l'étendue du champ ou de la parcelle de terre où l'on s'est proposé de faire cette plantation.
*- — Il cOQvicnt de prendre note de cette utile observation de Miller.
» Lorsqu'on a terminé ce travail, la terre peut rester dans le même état jusqu'à Tépoque où Ton s'attendra à voir les pousses sortir du sol : on hersera alors avec soin la terre sur les deux côtés, ce qui permettra de briser les mottes de terre et de rendre le sol tout à fait uni. En n^opérant ainsi que tardivement, on détruira les mauvaises herbes qui, à cette époque, commencent à sortir de terre : cela épargnera la dépense d'un premier sarclage et retournera en môme temps la surface du sol, qui, lorsqu'il a beaucoup plu après la plantation, est souvent durcie en une forte croûte, ce qui retarde la sortie des pousses.
» J'ai conseillé de disposer les rangées de Pommes de terre à trois pieds de distance, ce qui permet d'y pratiquer un binage qui sera très profitable aux tubercules : car en retournant et en remuant deux fois la terre entre les plants^ non seulement on détruira les mauvaises herbes, mais on ameublira aussi le sol, de telle façon que toute l'eau des pluies pénétrera jusqu'aux tubercules et leur croissance en profitera grandement; toutefois ces opérations devront être terminées de bonne heure dans la saison, avant que les tiges ou les rameaux des plantes commencent à s'étaler et à traîner sur la terre, parce qu'après cela il sera impossible de le faire sans leur porter préjudice.
» Si ces labours sont pratiqués avec soin entre les rangées et si la terre est binée entre les plants dans les rangées, on préviendra la croissance des mauvaises herbes, jusqu'à ce que les tiges des plantes couvrent le sol : de cette façon, il y aura moins de danger de voir croître les mauvaises herbes et de porter atteinte à la récolte; mais comme le labour ne peut se faire qu'entre les rangées, il sera nécessaire de faire usage de la houe pour ameublir le sol et détruire les mauvaises herbes dans les rangées. Et si ce travail est exécuté pendant un temps sec, après les deux labours, il suffira de tenir le sol net jusqu'au moment où les Pommes de terre seront bonnes à être déterrées.
» Dans les endroits où le fumier est rare, quelques personnes le répandent seulement dans les sillons où se plantent les tubercules; mais c'est une méthode peu profitable, parce que lorsque les Pommes de terre commencent à émettre leurs racines, celles-ci s'étendent bientôt au-delà de l'étendue des sillons, et les tubercules nouveaux se forment d'ordinaire à une certaine distance du tuber-
cule-mère, si bien qu'ils dépassent la limite effective du fumier, el qu'ils n'en tirent conséquemment que peu de bénéfice. Et comme beaucoup de fermiers désirent avoir une récolte de blé après celle des Pommes de terre, celles-ci appauvj*issant le sol, il en résulte que la terre n'est plus si bien préparée sur toute sa surface, ni si bien appropriée pour cette culture, comme lorsque le fumier est également répandu et qu'on a pratiqué un labour sur tout le sol, d'autant que la récolte de Pommes de terre ne sera pas non plus aussi bonne. J'ai toujours remarqué que là où cette méthode de planter les Pommes de terre a été pratiquée, la terre a produit ensuite une belle récolte de blé, et l'on voit la saison suivante n'apparaître çà et là parmi le blé que de rares pieds de Pommes de terre, ce qui me parait résulter de ce que les fermiers n'ont planté que de gros tubercules; car lorsqu'ils ont fait la récolle à l'Automne qui a suivi cette plantation, ils ont constaté que chaque gros tubercule en avait produit six, huit ou dix également gros, et souvent beaucoup plus, et avec ceux-ci très peu de petits tubercules; tandis que, dans les endroits où l'on avait planté des petits tubercules, il s*en produisait un grand nombre de très petits : beaucoup de ces derniers étaient môme si petits, qu'on ne pouvait les découvrir lorsqu'on faisait la récolte, si bien qu'ils poussaient la saison suivante et qu'ils portaient un grave préjudice à la culture qui alors occupait le sol.
» La tige de ces Pommes de terre meurt généralement des atteintes du premier froid en Automne : il convient alors de déterrer les tubercules aussitôt, et de les enfouir dans du sable sous des abris couverts où l'on peut les conserver secs et les protéger contre le froid. Il est vrai que tous ceux qui cultivent les Pommes de terre dans le voisinage de Londres n'attendent pas le dépérissement de la tige, car ils commencent à en déterrer une partie sitôt que les tubercules se présentent dans un état convenable pour le marché, et font également de temps en temps des récoltes suivant les besoins de la vente. Il y en a d'autres aussi qui ne les déterrent pas immédiatement après le dépérissement des tiges, mais qui les laissent en terre beaucoup plus longtemps : il n'en résulte pas de mal, pourvu qu'ils soient déterrés avant qu'une forte gelée ne les atteigne, ce qui les détruirait; mais si l'on a besoin surtout de la terre pour y installer d'autres cultures, en ce cas, le plus tôt on les
récoltera sera le mieux, après que la tige sera fanée. Lorsqu'on entassera ces tubercules, on les recouvrira d'une grande quantité de sable ou de terre sèche, pour empêcher leur échaufiement; il ne faudra pas non plus en faire de trop gros tas pour la même raison.
« Les jardiniers des potagers et les fermiers qui résident dans le voisinage de Manchester cultivent une grande quantité de Pommes de terre, parce que les habitants de cette ville populeuse en consomment abondamment et en sont beaucoup plus amateurs que de toute autre plante alimentaire : il en est résulté une sorte d^émulation parmi ces cultivateurs qui s'eflForcent de se devancer les uns les autres, en procurant dans la saison le plus tôt possible des tubercules dans un état convenable pour la table. Dans le but d'arriver à ce résultat, ils ont fait choix des tubercules qui produisent leurs fleurs les premiers, et les ont laissés mûrir leurs graines qu'ils ont semées avec grand soin. Or les plantes ainsi obtenues ont généralement été plus précoces que les autres; et en répétant souvent ce système, ils ont si bien augmenté la précocité des tubercules qu'ils sont arrivés à en tirer parti deux mois après la plantation. C'est ainsi que Ton pourrait apporter de grandes améliorations, en appliquant cette méthode à la culture d'autres plantes alimentaires, surtout lorsqu'elle serait employée par des personnes curieuses et soucieuses de faire des expériences. »
Après la lecture de ce document, qui nous montre à quel degré de perfectionnement en était déjà arrivée la culture de la Pomme de terre en Angleterre, on pourrait se demander ce qu'il en était alors de cette culture en Irlande. Nous trouvons une sorte de réponse à cette question dans un passage que nous extrayons du Récit du voyage qu'avait fait en Irlande Arthur Young, de 1777 à 1779. L'humoristique agronome s'exprime, en effet, comme il suit, d'après la traduction Millon.
« La nourriture du paysan irlandais, qui consiste en Pommes de terre et en lait, a été citée plus d'une fois comme une preuve de l'extrême pauvreté du pays ; mais c'est, je crois, une opinion adoptée avec plus de légèreté que de réflexion Si quelqu'un doute
de l'abondance comparative de la nourriture d'un paysan anglais et d'un paysan irlandais, qu'il fasse attention à leurs mets : l'économie avec laquelle l'Anglais mange son pain et son fromage est
bien connue ; qu'on remarque chez Flrlandais le grand plat de Pommes de terre posé à terre, toute la famille accroupie autour, dévorant une quantité incroyable de cette nourriture, le mendiant même invité de bon cœur à en manger, le cochon en ayant sa part, aussi bien que la femme, les coqs, les poules, les dindons, les oies, le chien, le chat et peut-être la vache, et tous participant au même plat. On ne peut avoir été souvent témoin d'une pareille scène, sans être convaincu de l'abondance, et j'ajouterai de la gaîté qui l'accompagne. »
Nous pensons ne pouvoir mieux terminer ce paragraphe qu'en en tirant deux conclusions instructives. La première, comme nous l'avons déjà établi, c'est que la Pomme de terre, introduite en Angleterre, appartenait à une variété produisant des tubercules à peau jaunâtre et à fleurs violettes. La seconde conclusion, en tenant compte de ce que nous a appris Miller, c'est qu'en 1768 une deuxième variété avait trouvé place en Angleterre à côté de la première, car ses tubercules blancs à fleurs blanches ne nous semblent devoir être considérés que comme une simple modification de la variété jaunâtre à fleurs violettes. D'où provenait la deuxième variété à tubercules rouges et à fleurs violacées ? Très probablement du continent européen, qui ne possédait que cette variété depuis le xvi* siècle. Nous n'avons pas de document qui nous l'apprenne, mais nous verrons plus loin que la variété anglaise a été, au xvii« siècle, apportée dans les Flandres et nous constaterons de même que vers le milieu du xviii* siècle, en France, on possédait également ces deux variétés à tubercules rougeâtres et jaunâtres.
§ 2. Introduction de la Pomme de terre sur le continent européen. — Il a déjà été question plusieurs fois de Clusius, l'un des plus célèbres botanistes du xvi« siècle. Il s'agit de Charles de l'Ëscluse, plus connu dans le monde savant sous son nom latinisé Clusius, né le 19 février 1526 à Arras, dans TArtois, qui faisait alors partie des Flandres et se trouvait sous la domination espagnole. Son père, Michel de l'Escluse, était seigneur de Watènes, près d'Armentières, et conseiller à la cour provinciale de l'Artois ; sa mère, Guilliémine Quineault, fut une femme exemplaire par ses vertus et ses belles qualités. Il était l'aîné des enfants et devait prendre, à la mort de son père, en 1573, le titre de Seigneur de
8i HISTOIRE DE LA POMME DE TERRE
Watènes ; mais il renonça alors à son droit d'aînesse en faveur de son frère cadet, pour se consacrer entièrement à ses études scientifiques. A Tâge de vingt-deux ans, il obtint le diplôme de Licencié en droit à l'Université de Louvain. Il alla ensuite passer trois ans dans les Universités allemandes et se fit inscrire à l'Université de Montpellier en 1551. Ce fut là que se manifesta son penchant pour l'étude des sciences naturelles et en particulier pour la botanique. De retour en 1554 dans les Pays-Bas, il se lia avec le célèbre Dodoëns qui venait de faire paraître son Cruydtboeck flamand ; De TEscluse prépara une édition nouvelle en français de cette Histoire des plantes, qui parut en 1557 à Anvers chez Jean Loë : c'est bien certainement, dans notre langue, le plus ancien traité de Botanique descriptive. Avant d'être appelé à Vienne, en 1574, par l'empereur Maximilien H, commeintendant des Jardins impériaux, De TEscluse avait accompagné de nobles jeunes gens dans des voyages d'instruction en France, en Espagne et en Portugal ; il en avait profité pour étudier avec beaucoup d'ardeur la végétation presque inconnue des différentes contrées qu'il traversait. Il quitta Vienne dans Tété de 1588, pour se rendre à Francfort-sur-le-Mein, où il habita jusqu'à la fin de Septembre 1593. Il se fixa alors à Leyde, où il avait été appelé parles Curateurs de l'Université pour enseigner la botanique dans la chaire deDodoëns, décédé en 1585. De TEscluse mourut, seize ans après, en cette même ville, le 4 Avril 1609, danssa quatre-vingt-quatrième année. Dansle cours des nombreux voyages qu'il avait effectués, il s'était deux fois rendu en Angleterre, en 1579 et en 1581. En cette année 1581, il paraît avoir été mis en rapport, à Londres, avec Francis Drake, d'après ses biographes. 11 a fait paraître, en effet, en 1582, un petit ouvrage dans lequel il traite de plusieurs végétaux exotiques, rapportés par cet Amiral des côtes occidentales d'Amérique ; mais il n'y est nul- I lement question de la Pomme de terre.
Dans les ouvrages remarquables que De TEscluse a publiés en langue latine, qui tous ont été imprimés à Anvers, par le célèbre Plantin ou son gendre et successeur Moretus (de son vrai nom Mourentorff), et sur lesquels l'auteur est toujours désigné sous la dénomination latinisée de Carolus Clusius Atrebatis (Charles de TEscluse d'Arras), se trouvent décrites une quantité de plantes nouvelles qu'il avait recueillies dans diverses parties de l'Europe,
et toutes celles qu'il pouvait se procurer provenant de TAsie, de l'Afrique et surtout de FAmérique. C'est ainsi que la Pomme de terre a été Tune des plantes qui ont plus particulièrement attiré son attention. Comme nous le verrons plus loin, c'est lui qui l'introduisit et la répandit en Allemagne : c'était donc plutôt à lui qu'à Francis Drake que Ton aurait dû, à Offenbourg, élever un monu-
Fig. 20
Charles de l'Escluse (ou Clusius ) à l'âge de 35 ans et à celui de 79 ans.
(Reproduction de la lithographie qui orne sa biographie, pai Charles Morren, 1853.
ment commémoratif, d'autant plus que la variété anglaise ne fut cultivée que beaucoup plus tard sur le continent.
Mais Touvrage dans lequel de l'Escluse donne une description très détaillée de la Pomme de terre, accompagnée des renseignements qu'il avait recueillis à son sujet, n'ayant été publié qu'en 1601, il nous semble qu'il y a quelque intérêt à suivre Tordre
chronologique dans nos citations et à donner d'abord connaissance de ce que dit de la Pomme de terre Gaspard Bauhin, dans son PhytopinaXy imprimé à Bâle en 1596. C'est à ce botaniste également célèbre, que Ton doit le nom scientifique de la Pomme de terre, Solarium tuberosum, nom qui a été consacré par Linné lorsqu'il a modifié la nomenclature de G. Bauhin*.
Voici comment ce dernier parle de la Pomme de terre dans son Phytopinax, dont nous traduisons Tarticle qui s'y rapporte.
« Solarium tuberosum.
» Cette plante a une tige longue d'une coudée et demie ou de deux coudées', semblable à celle de la Tomate, presque arrondie, striée, légèrement velue, pleine de suc, verte et peu rameuse; quelquefois cependant elle s'élève jusqu'à la hauteur d'un homme, et alors elle est très ramifiée, ce qui n'arrive assurément pas lorsqu'elle est plantée dans un pot. Les feuilles sont plus longues qu'une palme', presque velues, d'un vert pâle, subdivisées en six, huit ou plusieurs petites parties, comme si elles étaient découpées en feuilles spéciales, dont l'une est toujours placée à l'extrémité pour en terminer le nombre; elles sont oblongues-arrondies, entières, disposées rarement de manière à se faire opposition, et parmi elles il s'en trouve interposées d'ordinaire deux autres six fois plus petites. Les rameaux se divisent communément en deux pédicules, dont chacun supporte plusieurs fleurs, les unes en boutons et trois ou quatre épanouies; elles ressemblent aux fleurs des Aubergines, et sont grandes, d'un bleu purpurescent, à l'instar d'un calyce qui ne serait pas divisé jusqu'à sa base; elles se terminent en cinq lobes aigus, parcourus par cinq lignes jaunâtres qui semblent les séparer par moitié; au centre se trouvent quatre*
1. — G. Bauhin a, en effet, dans son Pinax Theatri hotanici^ publié à Bâle en 1623, réuni sous des dénominations nouvelles toutes les dénominations diverses qui avaient été données aux mêmes plantes par les auteurs qui l'avaient précédé. C'est un travail d'autant plus remarquable qu*il exigeait la connaissance approfondie des espèces et de toute leur synonymie.