‹ Histoire de la pomme de terre: traitée aux points de vue historiqueChapitre 38 sur 72 · Comptes rendus (1892, !«' semestre · texte numérisé non relu

Comptes rendus (1892, !«' semestre

essentiellement vivante des bourgeons avait conservé son énergie vitale et trouvant, du côté extérieur, un obstacle mécanique à son développement dans la couche superficielle durcie par Tacide sulfurique, elle s'était accrue du côté qui lui opposait la moindre résistance, c'est-à-dire dans l'épaisseur de la substance du tuber* cule-mère.

En Juillet 1894, M. Duchartre présentait à la Société d'horticulture de France un pied de Pomme de terre Marjolin qui offrait

cette particularité remarquable que ses tubercules étaient venus hors de terre à l'aisselle des feuilles, tandis qu'il n'en avait pas développé en terre. M. Duchartre donnait de ce phénomène les explications suivantes: « On sait qu'un tuber- ^^fl^ j^^gpiip^ll^jl^^ cule de Pomme de terre n'est pas autre

chose qu'un rameau qui, généralement dans une portion de son étendue et vers son extrémité, développe considérablement ses portions parenchymateuses, en même temps qu'il réduit fortement et annihile presque ses faisceaux fibrovasculaires. C'est en terre qu'il subit cette transformation, et c'est pour cela Fig. 82.— Tubercules azillaires que le buttage, augmentant le nombre .développés sur une tige aé- j^s rameaux souterrains, augmente

rienne de Pomme de terre, . , • .. i . i i

var./m/,era<or(3/4gr.oat.). ^"®^^ '^ production deS tubercules.

Toutefois, si la tige de la Pomme de terre éprouve, dans sa partie inférieure, une blessure qui entrave la marche normale de la sève, le liquide nourricier, dans sa marche descendante, étant retenu plus ou moins complètement par l'.obstacle qui résulte de cette blessure, s'accumule dans la partie aérienne de la plante et peut alors déterminer dans les rameaux nés à Faisselle des feuilles un développement analogue à celui qu'éprouvent normalement les rameaux souterrains, quand la sèvenourricière peut leur arriver librement et en abondance. C'est ce qui avait eu lieu sur ce pied de Pomme de terre à tubercules aériens ».

Il ne nous reste plus qu'à signaler des cas plus fréquents de

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monstruosités que l'on observe sur la forme des tubercules. En général, la forme typique des tubercules d'une variété quelconque se maintient très bien dans leur production : ils ne varient guère que sous le rapport du volume. Lorsque Ton fait la récolte, on constate que le même pied en fournit d'ordinaire des gros, des moyens et des petits, ce qui résulte des époques différentes de formation et en même temps du plus ou moins de vigueur de la végétation des turions. Mais il arrive parfois que certains tubercules, au lieu de se développer régulièrement, prennent des formes singulières : on en trouve qui se présentent soudés deux à deux ou réunis par trois, ou bien formant une croix par des adhésions latérales. M. Arthur Sutton' en a signalé qui avaient une forme digitée^ très curieuse. Il attribue la production de ces anomalies à certaines obstructions que le tubercule rencontre dans le sol, et nous pensons qu'elles ne peuvent avoir d'autres causes.

Telles sont les observations sur lesquelles nous avons cru devoir appeler l'attention, et qui caractérisent quelques-unes des phases de l'histoire biologique de la Pomme de terre.

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