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I. — CULTURE ET PROPAGATION PAR LES TUBERCULES

L'on a dû remarquer que, dès le commencement de la culture en Europe de la Pomme de terre, il n'était question que de la plantation des tubercules. Mais il arriva une époque où Ton regretta d'être dans l'obligation de prélever sur la récolte la quantité de tubercules exigée pour la culture de Tannée suivante. On chercha alors les moyens de diminuer le plus possible cette réserve obligatoire, et pour cela on se servit d'abord des plus petits tubercules, puis de morceaux de tubercules, enfin de morceaux réduits à n'avoir plus 'qu'un seul œil ou bourgeon. On devait plus tard même se contenter d'utiliser les pelures, assez épaisses cependant pour y conserver les yeux intacts. Et comme, au xviii® siècle, la production des Pommes de terre était relativement médiocre, qu'on ne faisait pas d'essais de culture comparatifs, on croyait faire une bonne opération en ne prélevant sur la consommation de la récolte qu'un nombre très faible de tubercules pour la plantation. Cependant, des avis contraires ne devaient pas tarder à être formulés. Déjà, en 1768, Philip Miller s'élevait en Angleterre contre la méthode de ne planter que de petits tubercules coupés en morceaux, et préconisait au contraire pour la plantation le choix des plus beai4x tubercules. Plus tard, en France, dans son Rapport, lu en 1787 à la Société royale d'Agriculture, »sur des cultures expérimentales de M. de Ghancey, Parmentier disait ; « Quelques auteurs ont prescrit de mettre jusqu'à trois Pommes de terre dans chaque trou; d'autres conseillent d'y mettre simplement l'œil détaché de la racine; d'autres sans pulpe. Dans le premier cas, on employé en pure perte beaucoup de racines; dans le second, au contraire, on court le risque d'avoir de chétives récoltes. M. de

Hl'OJiïK DE LA POMME DE TERRE

.,,trfii)n^. en 1784, une suite d'expériences qui con-

«rmeaf, romane je l'avais cleja annonce, qu il était avantageux de

ra^-t-r h?^ espàt^t*s de Pommes de terre longues, et moins les

roiid'^-*. stiHaiil lorsqu'il y a lieu de craindre les ravages du Ver

du Hnixaelon, ^fallieiir alors à ceux qui n'ont planté que des mor-

ceMJX pourvus seut^mcnt d'un œil ! La plupart des pieds manquent,

eUeiix qui échappent au fléau destructeur dont nous venons de

-jjarler, ne proiluîseuL j>as abondamment ».

Jl semlite que, pour être logique, Parmentier aurait dii tout aussi bien proscrire la plantation par morceaux de tubercules. Mais les expérieiireH faites à cette époque ne pouvaient en aucune faroïi éclairer la (pit'slion. Lorsque la culture de la Pomme de terre eut ])ri^ une plut; grande extension, on se préoccupa davan- Ln*re fies divers modes de plantation. Voici ce que disaient, en JS2n, Payen et ('.hevalîer, dans leur Traité de la Fomine de terre.

a Nous nous sommes assurés, par des essais comparatifs, qu'il ne pourrait y avoir généralement aucun avantage dans la substiluHon des morceaux, des pelures^ des germes, etc., aux tubercules 4*iiliers; les fnits que nous avons apportés à Tappui, dans le Mémoire qui \\\\ liouoré des suffrages de la Société royale d'Agriculture, ont été coniirmés depuis par des expériences renouvelées plusieurs fois,

j* Ces moyens d*économie des tubercules ne sont applicables que *lans lies ItMups où les Pommes déterre seraient fort rares; ils ntirnienl [dus de succès dans les années humides que dans les années séelies : en effet, on (conçoit (|ue la plante ne recevant pas sa première nourri lurc d'un tubercule volumineux et ne pouvant lu puiser dans un sol desséché, doit végéter avec peine, pousser de faillies rejetons et donner peu de produits.

» La ronservation des pelures avec les yeux des tubercules, peut- ^Ire ulilt? pour envoyer au loin, sous un petit volume et un poids peu considérable, les moyens de reproduction des variétés nouvelles..*

ïj 11 nouiî est également bien démontré aujourd'hui, que les tubercules coupés en quartiers, comme cela se pratique habituellemejiE, donnent surtout dans les années sèches, beaucoup moins de [U'oduits que les tubercules entiers; qu'enfin, les Pommes de lerrc les i)lus saines et les plus grosses, rapportent généralement

les tubercules les plus nombreux et les plus gros; que ces produits plus abondants indemnisent et bien au delà, des prix plus élevés que coûtent les semenceaux ».

Voici Tune des expériences qu'ont faites à ce sujet Payen et Chevallier. Ils ont planté dans le môme terrain, de cinq façons différentes, la même Variété de Pommes de terre, la Patraque blanche, en rendant autant que possible toutes les autres conditions égales. Ils ont employé pour chaque plantation, et dans six trous espacés d'environ 70 centimètres :

N* 1. Six Pommes de lerre d'une grosseur moyenne.

N» 2. Six Pommes de terre plus petites. *

N® 3. Six morceaux de grosses Pommes de terre équivalant en quantité

les six petites.

No 4. La pelure de six Pommes de terre moyennes. N° 5. Les yeux de six Pommes de terre de la même grosseur environ.

Les tiges des trois premiers Numéros s'élevèrent rapidement et conservèrent pendant toute leur végétation une grande vigueur; les plus belles cependant se trouvaient parmi celles du N° 1; celles du N" 3 était généralement moins forles. Les liges des deux derniers Numéros étaient grêles et se soutenaient à peine, la plupart même, parmi celles du N° 5, furent toutes courbées sous leurs poids. Les Pommes de terre lurent toutes récoltées avec soin après leur maturité; leur [)roduil, en tubercules, pesé exactement, a donné les résultats suivants :

N® 1. Pommes de lerre moyennes G kil. 500 gr.

N° 2. — plus petites .... 6 kil. 100 gr.

N° 3. — en morceaux .... 5 kil. 590 gr.

N^ 4. Pelures 500 grammes.

N° 5. Yeux . , . . 'lOO grammes.

On le voit, la question avait fait un grand pas. Mais le cas prévu par Payen et Chevallier, que l'on ne devait montrer de la parcimonie dans le choix des tubercules que dans les temps oii les Pommes de terre seraient fort rares, se présenta en 1846, lorsque les ravages de la maladie de la Pomme de terre eurent fait perdre la plus grande quantité de la récolte. On recourut alors aux moyens extrêmes, et Ton fit usage pour la plantation, de pelures, d'yeux, de morceaux et même de tubercules malades. On essaya même de la multiplication par boutures et par marcottes, ce qui demandait

beaucoup de soins, mais ce qui ne produisit pas moins encore une bonne quantité de tubercules. Au bout de quelques années, on put abandonner ces procédés peu rémunérateurs, et le problème se posa de nouveau de savoir qu'elle était la meilleure méthode de plantation des tubercules : fallait-il choisir les plus gros, les moyens ou les petits?

Nous trouvons dans le Journal de la Société d'Horticulture de France diverses Notes qui répondent assez bien à cette question. En 1872, Charles Royer, connu pour ses études sur les organes souterrains des plantes, s'y exprimait comme il suit.

« Mes expériences, dit-il, m'ont donné des résultats qui sont en faveur des petits tubercules (je dis petits par opposition à gros; mais il s'agit d'une grosseur plus ou moins au dessous de la moyenne). Proportionnellement au poids de semence, la petite semence a la supériorité sur la grosse, outre qu'on a l'avantage de conserver les gros tubercules pour l'alimentation ou pour la vente.

» Sans doute le rendement d'un gros tubercule est supérieure celui d'un petit, et avec un nombre égal de tubercules pour les mêmes surfaces, la petite semence ne peut lutter avec la grosse. Mais il faut observer que, dans ce cas, l'espacement qui convenait à de gros tubercules aura été trop grand pour de petits, et que ces derniers n'auront pas occupé tout le sol. Pour l'occuper entièrement, ils devront être plus nombreux, c'est-à-dire se rapprocher du poids total de la grosse semence, cas où celle-ci a une infériorité manifeste. Et s'il est vrai de dire que le rendement s'élève quand on augmente le poids de la semence, il ne l'est plus d'ajouter que le poids de la récolte est en raison directe du poids. des semences employées.

)) Quand on se sert pour les mômes surfaces du même poids en tubercules d'un volume différent, la supériorité de la petite semence me semble tenir à ce que les pieds étant plus nombreux mais moins touffus, les tiges et les racines se nuisent beaucoup moins dans leur évolution.

» ... On doit aussi se préoccuper de la maturité des tubercules de semence. A l'arrachage, il y a deux sortes de tubercules: les uns à peau rugueuse souvent gercée, sont nés dans la première phase de la végétation, c'est-à-dire au printemps et au commencement de l'été, et ils ont eu tout le temps de mûrir; les autres ont

une peau lisse et très mince et deviennent promptement flasques au grand air; ce sont les tubercules de la seconde période de végétation, c'est-à-dire d'Automne, auxquels a manqué le temps de mûrir complètement. Comme la plantation des tubercules n'est qu'un bouturage souterrain, on comprend qu'il faille rejeter les Pommes de terre d'Automne, par la raison qui fait rejeter les boutures incomplètement aoûtées. »

La question est, en effet, plus complexe quelle ne le paraît à première vue, et il y a certains points qui, dans les évaluations, demandent à être pris en grande considération. Ainsi, d'une Note publiée dans le même Recueil par M. Louesse, en 1868, il paraissait résulter qu'en raison d'expériences comparatives faites sur la variété Marjolin et la Pomme de terre Hardy, la production proportionnelle la plus faible, relativement au poids des tubercules plantés, avait été celle des Pommes de terre les plus grosses. Or, en 18G9, M. Yuitry faisait remarquer que, dans des essais faits depuis 1860, il avait reconnu que le poids des tubercules plantés exerçait une action notable sur leur produit. « Pour étendre le cercle de la comparaison, dit-il, j'ai doublé, puis triplé le poids de la semence ; la comparaison a porté sur 200 pieds de chaque catégorie. Le poids des tubercules a été successivement porté de 14 kilogrammes à 28, puis à 42 : les produits se sont élevés à 94 — 1 30 — et 158 kilogrammes qu'il faut réduire en retranchant le poids respectif planté, à 80 — 102 — et 116 kilogrammes, d'où il résulte qu'en doublant le poids de la semence, le bénéfice net a été de 27 pour 100; de 45 pour 100 en le triplant. »

La même année, M. Louesse faisait connaître les résultats d'une deuxième série d'expériences sur la plantation de tubercules de différentes grosseurs. 11 s'était d'abord servi de la variété Hollande de Brie^ très estimée alors par les cultivateurs. Voici les résultats obtenus par lui et dont il ne juge pas utile de tirer des conclusions.

Première expérience (Plantation de tuberc. en nombre égal, mais de poids

différent; :

No 1. * gros (550 gr.) en ont produit 70 (dont 23 petits) pesant. . 4 k. 500 gr. No 2. 4 moyens (250 gr.) en ont produit 66 (dont 22 petits) pesanl . 4 k. 400 gr. N« ,3. 4 petits (100 gr.) en ont produit 57 (dont 15 petits) pesant . 4 k. 100 gr.

Deuxième expérience (Plantation de tuberc en nombre inégal, mais de même poids) :

N° 4. 4 gi-os (550 gr.) en ont produit 107 (dont 35 petits) pasant. . 5 k. 900 gr. N° 5. 10 moyens (550 gr.) en ont produit 180 (dont 76 petits) pesant. 8 k. 500 gr. N° 6. 22 petits (550 gr.) en ont produit 191 (dont 85 petits) pesant. 9 k. 100 gr.

Troisième expérience (Plantation de moitiés de tuberc. en nombre égal, mais de

poids différent) :

N° 7. 4 moitiés de gros (300 gr.) en ont produit 92 (dont 24 petits) pesant. 5 k. 700. y° 8. 4 moitiés de moyens (150 gr.) en ont produit 71 (dont 19 petits) pesant. 6 k. 200. No 9, 4 moitiés de petits (75 gr.) en ont produit 49 (dont 22 petits) pesant. 2 k. 300.

Quatrième expérience (Plantation de tuberc. en nombre inégal et de poids différent) :

No 10. 4 gros (500 gr.) en ont produit 107 (dont 39 petits) pesant. . 4 k. 300 gr. N" il. 8 moyens (450 gr.) en ont produit 75 (dont 48 petits) pesant. 2 k. 200 gr. N° 12. 16 petits (400 gr.) en ont produit 88 (dont 5'i petits) pesant. 2 k. 100 gr.

Cinquième expérience (Plantation de tuberc. de la variété Chardon pour comparaison).

4 gros pesant 2 k. 400 en ont produit 126 pesant '9 k, 400 gr.

4 moyens pesant 1 k. 200 en ont produit 124 pesant. .... 10 k. 200 gr. 4 petits pesant k, 600 eu ont produit 68 pesant 6 k. 400 gr.

Ce qui nous paraît résulter de ces diverses expériences, c'est que le poids égal de la semence, faisant de beaucoup varier le nombre des tubercules, ne peut être choisi comme un bon élément de comparaison. Mais, en général, les résultats sont plutôt favorables à la plantation des tubercules moyens. Seulement, on pourrait objecter que ces expériences ne portaient que sur quatre plantations de tubercules de volume différent, et il ne faut pas avoir assisté à un arrachage de Pommes de terre pour ne pas se rappeler combien souvent est variable le nombre des tubercules que Ton récolte à chaque pied, dans les circonstances de culture ordinaire. C'est ce qui rend très délicates les appréciations que l'on peut faire sur toutes les données de ces expériences.

En 1893, M. Plumb, à la Station expérimentale de l'Université du Tennessee, a cherché à évaluer le produit d'un tubercule de poids variable, et a fait porter ses recherches sur une série de tubercules pesant depuis 1 once jusqu'à 14 onces (environ 30 grammes 60 à 428 grammes 30). Il a obtenu une série ascendante aussi bien pour la hauteur des tiges, pour la moyenne du poids de la récolte que pour le nombre moyen des tubercules produits à chaque touffe. Ses expériences ont été faites avec la variété Early Rose.

Mais ce qui prouve bien que cette question est fort complexe, c'est que certaines expériences lui ont montré que plus est gros un fragment de tubercule planté, plus considérable est le produit; d'autres expériences ont prouvé que de gros tubercules entiers produisent des Pommes de terre plus petites que les moitiés ou les quarts de tubercules, ou même des fragments ne portant qu'un seul œil.

De même, le D^ Arthur, à la Station expérimentale de TUniversité de Purdue, qui a fait porter ses recherches sur le rôle que pouvait jouer le nombre des yeux sur les tubercules, dans le produit de la récolte, constatait qu'il y a un rapport défini entre le poids du tubercule et le nombre des pousses qu'il donnera, et que le nombre des yeux sur les tubercules ou fragments plantés est indifférent, tandis que le poids de ces tubercules ou fragments a une grande importance.

En somme, toutes ces expériences ont permis de constater des résultats intéressants, à peu près en dehors de la production comparative de tubercules d'un assez grand nombre de variétés. C'est qu'il y a là, en effet, un autre élément d'appréciation. Dans le même terrain, avec les mêmes soins de culture, et placés l'un à coté de Tautre, deux tubercules appartenant à deux variétés différentes produiront, le premier une demi-douzaine h peine de tubercules, et le second près dune quarantaine. De plus, certaines variétés productives fournissent une récolte qui est plus abondante pour les unes que pour les autres. Le choix des variétés est donc aussi fort important. Il ne restera plus qu'à combinera la fois le choix delà variété et la meilleure méthode de plantation pour se donner l'espoir d'une très bonne récolte.

En 1885, M. Arnould-Baltard, rapporteur d'une Commission, exposait, dans le Journal de la Société d horticulture de France^ des idées fort justes à ce sujet. « La question du Rendement, disait-il, est l'une des plus difficiles à élucider, à cause du nombre considérable des éléments dont il faut tenir compte: la quantité en nombre de semence employée, son poids, sa grosseur, la distance des touffes, la nature du terrain, les circonstances météorologiques, etc. En outre, la comparaison doit se faire entre des variétés d'une hàtiveté presque égale, ou entre celles qui ont une même destination, soit à la culture maraîchère, soit à la grande culture, et, dans ce dernier cas, le rendement en fécule doit être indiqué. »

M. Aimé Girard a publié dans ses Recherches sur la culture de la Pomme de terre industrielle et fourragère, les résultats de plusieurs expériences très bien suivies, dont il tire les conséquences suivantes :

« 1** Les tubercules de poids élevé, dit-il, donnent, en général, un produit plus abondant que les tubercules de poids faible; mais cette règle n'est pas absolue, et il n'existe pas de proportionnalité nécessaire entre le poids du plant et le poids de la récolte; 2' Les tubercules de poids faible donnent quelquefois une récolte égale à celle que donnent des tubercules de poids double et même triple; les tubercules de poids égaux ne donnent pas toujours des récoltes égales; 3" Les tubercules provenant d'un même sujet étant sériés par ordre de poids, on constate toujours, dans la série de plants ainsi dressée, une zone comprenant les gros et les moyens, englobant même quelques-uns des petits, et pour laquelle, à quelques exceptions près, la récolte ne varie que dans des limites peu étendues. 4** Les très gros tubercules donnent quelquefois des récoltes moindres que les gros et les moyens. »

On doit reconnaître, par suite, combien la question est.complexe. M. Aimé Girard en lire, plus loin, les conclusions qui suivent. « Choisir les petits tubercules serait une imprudence, choisir les gros serait charger la culture d'une dépense inutile; c'est aux moyens qu'il convient de s'adresser. Reste alors à fixer ce qu il faut entendre par tubercules moyens. Le poids, bien entendu, en doit être différent, suivant que la variété cultivée produit particulièrement de petits ou de gros tubercules; mais, d'une manière générale, on peut les définir en disant que ce sont ceux qui, par leur grosseur, représentent le type moyen de la récolte, en laissant de côté les petits et les gros ».

M. Aimé Girard a résolu encore une autre question qui vient s'ajoutera la précédente. 11 s'agissait de déterminer l'influence des qualités héréditaires de chaque tubercule de plant sur la récolte qu'il fournit, et c'était un des côtés de la question sur lequel fattenlion jusqu'alors ne s'était pas portée. « En voyant, dit-il, des tubercules de même poids fournir des récoltes très différentes, j'ai du naturellement être conduit à penser qu'à chacun de ces tubercules devait appartenir une puissance productive différente, puissance productive que, d'après les lois naturelles, on devait à quel-

ques exceptions près, retrouver dans sa descendance. J'ai été conduit, en un mot, à penser qu'à chacun des tubercules provenant d'un sujet à riche récolte devait appartenir, sinon absolument, du moins dans une large mesure, la faculté de fournir, lui aussi, une récolte abondante, à penser également que, dans les tubercules provenant d'un sujet pauvre, cette faculté ne devait pas se retrouver. L'expérience m'a montré qu'il en était bien ainsi ». Il conclut ensuite, de ses expériences, « que le cultivateur doit prendre ses plants au pied des sujets qui, eux-mêmes, ont fourni un rendement élevé ».

Enfin, considérante qu'à toute végétation vigoureuse corresponp un rendement abondant; à toute végétation grêle, au contraire, un faible rendement », M. Aimé Girard conclut définitivement en ces termes : « La question du choix du plant se trouve ainsi résolue : le cultivateur le doit prendre parmi les tubercules moyens, que mettent à sa disposition les pieds les plus vigoureux de sa récolte ».

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