‹ Histoire de la pomme de terre: traitée aux points de vue historiqueChapitre 9 sur 72 · Environ :i,923 mètres · texte numérisé non relu

Environ :i,923 mètres

» Le Chuno blanc se fait d'une espèce de grosses Pommes de terre d'un goût amer, qui croît en abondance dans les Départements de Junin^ de Cuzco et de Puno. Le procédé de fabrication est celui-ci. Les tubercules sont mis dans un sac que Ton plonge ensuite dans Teau après le coucher du soleil; on l'y laisse quinze ou vingt jours, puis on l'en retire; mais avant le lever de cet astre on pèle les tubercules et on les expose à la gelée : on obtient ainsi en peu de jours un beau Chuno blanc que les gens du pays appellent Moray. Les Indiens croient qu'il est tout à fait nécessaire à la réussite de l'opération que le sac soit introduit dans l'eau après le coucher du soleil et en soit retiré avant son lever, afin qu'aucun de ses rayons ne frappe la matière, qui, sans cela, deviendrait aussitôt noire.

» La Pomme de terre sèche {Papa seca) se fait avec la Pomme de terre ordinaire : on la cuit d'abord, puis on la pèle, et on l'expose à la gelée : au bout de quelques jours elle est prête. Cet aliment, que dans certains endroits on nomme Chochocaj est, comme le ChunOf sain et nourrissant, et on le donne même aux malades. »

Weddell, dans son Voyage au sud de la Bolivie^ en 1845-1846, nous a transmis également quelques détails sur la Pomme déterre. D'après lui, à Pomabamba, qui est élevé de 2,600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et où la température moyenne est de 14% les Pommes de terre y prospéraient ; mais toutes celles qu'il y avait vues étaient très petites, ce qu'il attribuait à la pauvreté du sol et au peu de soin qu'on donnait à la culture. A Tarija, qui est à une altitude de 1,770 mètres et où la température moyenne est de 13% la Pomme de terre jaune et ronde était la seule variété qui paraissait sur le marché. « Dans cette ville, dit-il, le Maïs et la Pomme de terre forment le fond de la nourriture des pauvres de la ville. Le pain de froment se rencontre assez abondamment, mais comme il est assez cher, il n'y a que la classe aisée qui puisse s'en nourrir... Quant au Chupé ovàindXvQ ou national, c'est une soupe claire dans laquelle nagent des morceaux de mouton ou de bœuf, des Pommes de terre ou des oignons. Dans le Chairo^ qui est le Chupé des Indiens de la Puna, les Pommes de terre fraîches sont remplacées par des Pommes de terre gelées (Chuno). »

Le même voyageur, qui avait d'abord parcouru les Andes de la Bolivie et du Pérou, à la recherche des arbres dont on retire les

Quinquinas, sur lesquels j| a publié de très beaux travaux, y a fait une nouvelle exploration en 1851. Le récit de son Voyage dans le nord de la Bolivie et dans les parties voisines du Pérou (1853), contient de très instructives observations.

Nous dirons d'abord que Weddell constate la présence de la Pomme de terre à La Paz, qui est à une altitude de 3,730 mètres, mais où la température moyenne est de 10* environ, à Sorata dont l'altitude est de 2,730 mètres, à Tusuaya, altitude de 3,570 mètres, àGuaynapata, altitude de 2,030 mètres, et enfin à Puno, dontTaltitude est environ de 4,130 mètres, et où Ton plante la Pomme de terre en Octobre, c'est-à-dire dans la saison du printemps de cette région. Il a noté également les prix d'un cent de Pommes de terre : à La Paz, la valeur équivalente était de 1 f. 20, à Sorata de 2 f. 10, et à Tipuani, ville de mines, dans la région chaude de l'autre côté des Andes, de 3 f. 60 à 4 f. 80. Mais laissons parler notre savant et consciencieux explorateur.

« La température serait assez uniforme à La Paz, dit Weddell, si la pureté habituelle du ciel ne rendait, pendant les nuits, le rayonnement céleste très considérable, d*où il résulte que les nuits sont ordinairement très froides, comparées aux jours. Cependant, bien qu'à La Paz le thermomètre descende continuellement au-dessous du point de congélation de l'eau, les plantes n'y gèlent que rarement. Gela tient, comme je m'en suis assuré, à ce que, grâce à l'élévation, le froid y est trop sec. Ce qui me fit faire cette remarque, pour la première fois, ce fut devoir que pour faire geler leurs Pommes déterre, dans la préparation du C/tafio^^ les Indiens étaient obligés de les arroser. »

Le résultat de ses visites au marché de La Paz, où l'on vient mettre en vente toute sorte de fruits et de légumes, a été consigné par Weddell, dans son récit de voyage, de la façon suivante.

i( Pommes de terre ordinaires {Papas dulces). Plus petites, en général que les nôtres. La variété qui se présente le plus souvent est de forme arrondie et de couleur jaunâtre, rosée ou violâtre. La Pomme de terre est cultivée aux environs de La Paz et se vend à raison de 9 à 10 réaux (5 f . 40 à 6 f. ») le sac {costal) de 5 arrobes (125 livres).

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