‹ Histoire de la prédicationChapitre 14 sur 55 · II. Vœu que t Apôtre requiert dee Hébreux · texte numérisé non relu

II. Vœu que t Apôtre requiert dee Hébreux

« Considérez l apôtre ei souverain sacrificateur de notre « profession. Le mot que TApètre emploie en sa <K langue (xotavoi^aTe), et que nous traduisons eomta dérezp emporte une grande ailenlion d'esprit, une « ccmtemplation et méditation. C'est ce mot qui est <c employé par Jésus -Christ en saint Luc, cha- « pitre Xll : Considérez que les corbeaux du ciel ne «r sèment m ne moissonnent : considérez comment croû* « sent les lis; c'est-à-dire, prenez bien garde. Ainsi, « au septième des Actes, il est dit que Moïse, ayant

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4t eu la vision du buisson ardent, s'approcha povr

« considérer. Partant, ce mot est opposé à un regard « léger et superficiel. »

Pourquoi TApôtre emploie ce mot :

i . Parce que , si on regarde légèrement les figures et les prophéties de la loi j on n'y trouve pas Jésus -Christ. Il faut, pour l'y trouver, sonder les Écritures. «: Au dehors, elles parlent de Moïse, d'Aaa ron^ de David» de Salomon; mais au dedans et « au fond elles parleront du ^Icssie, coiiiiiie ci-desa sus nous vous avons fait voir que les paroles qui « avaient été dites à David touchant Salomon : Je ^ lui serai père et il me sera fils, au fond s enlen-

datent de Jésus-Christ , et que ce que le prophète a Ésaïe avait dit de soi apparemment : Me wiei et îe$ a enfants que Dieu ma donnés y au fond s'entendait a de Jésus-Christ et n*avait sa pleine vérité qu*en « lui. » L'Apôtre demande aux fidèles du Nouveau Testament ce qû'il n'eût pas demandé à ceux de FAncien , « qui n'avaient pas, dit-il, la force de reff garder au dedans des ombres et des figures. »

% L'autre raison est tirée de la nature même de la foi justifiante. L'orateur en donne une belle définition ; a La foi justifiante n'est autre chose qu une 9 sérieuse et véhémente considération de Jésus- « Christ, opposée à la foi à temps, qui est une con- « sidération de Jésus -Christ légère et superficielle, ce laquelle par conséquent ne produit point de ra- « cines d'amour et de charité dans le cœur. Et pour « cela la foi est opposée à tous nos défauts et man-

JEAN MËSIHEZAT.

« qnements en la régénération; car tous nos défauts^

« à proprement parier, viennent de ce que nous ne «c considérons pas Jésus*Christ, c'est-à-dire que noas « n'imprimons ^s bien avant en nos entendements « cette grande chanté et bonté, et cette souveraine « justice et sainteté, que Dieu nous a montrées en « Jésus-Christ, w

Ce qui suit est la partie la plus oratoire et la plu» applicative de ce discours :

a Toi, qui as si peu de soin de complaire et agréer « à Jésus-Christ en tes actions, d'où vient ce man* «c quement, sinon de ce que tu ne considères point a ce grand amour que Jésus-Christ t'a porté, d'avoir « voulu mettre sa vie pour toi? Toi, que la splen<» « deur et le lustre des dignités et honneurs de ce « monde, ou l'avarice et l'amour des richesses monc daines, porte à travers champs, d'oti vient ton a manquement, sinon de ce que tu ne considères « point en Jésus -Christ la beauté, la gloire et le& « richesses du royaume des cieux? Tu penses, je a l'avoue, à la félicité et gloire du Paradis que Jé- « sus • Christ promet à ses fidèles; mais c'est une « pensée qui passe comme un éclair par ton esprit; « ce n est pas une méditation véhémente et perma- « nente; car si c'était une méditation véhémente,. « elle ferait des impressions en ton coeur de Tamour « de Dieu et de son règne, et te transformerait en « l'image de Dieu , te donnant des affections toutes a nûu\ elles et célestes, selon que dit l'Apôtre au « douzième de 1 Épitre aux Romains : Soyez transfor-^

■ * I tm^» •

JBAH HISTRBZAT. 1&5

« méi par k rmmmlkmefU de voire mtenéhmml , pour

« éprouver quelle eut la volonU de Dieu, ftonna, p/at- « sanie H parfaite. De même, d'où vient, 6 chr6tieD» « que tu doutes souvent de la grâce de Dieu , soit « à le pardonner tes péchés^ soit à ^ te subvenir icî- « bas en tes nécessités » et te déliyrer de tes dan- € gers, sinon de ce que tu ne considères pas ce « grand et divin sacriûce par lequel Jésus^rist a « effacé tes péchés, et la comparution de Jésnsa Christ à la dextre du Père pour intercéder pour « toi et t'obtenir toutes les choses qui te seront né- * « cessaires et salutaires. En somme, mes frères, tont tt ce que nous vous inculquons de Jésus-Christ et de « son Évangile, et tout ce que nous vous proposons « par taut de prédications, n'est que pour vous amca ner à cette sérieuse et attentive considération de « Jésus-Christ, et changer les pensées légères que « vous en avez en fixes méditations, et les éc^are- « ments que les affections charnelles produisent en « vos entendements en une attentive et arrêtée con^ « templation de la beauté et de la gloire de Dieu en a la face de Jésus-Christ. »

Mais qu'est-ce, précisément, qu'il faut considérer? Nous avons vu que c'est Jésus-Christ; mais sous quel rapport TApôtre veut-il que ceux à qui il s'adresse le considèrent? C'est Fobjet de la troisième partie.

111. La convenance entre Jé$us~ Christ et Moise, — Ils ont rempli les mêmes offices, et l'un et l'autre avec fidélité, quoique leur fidélité fût inégale, ainsi que leur puissance.

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Cmsidérez t apôtre ei êouverain $aerifieaî6ur de noire

profession, Jésus-Chrîsl ^ qui est fidèle à celui qui Ta éiabUy ainei que Mmse ausii était fidèle en toute la inaism d^icelui. — L'Apôtre réunit ici les deux types qu'il avait successivement appliqués à J csus- Christ : <selui du souverain sacrificateur et celui du grand prophète des Hébreux. Il appelle Jésus-Christ «ouverain sacrificateur eu tant qu'il a eu Aarou pour type, et apôtre en tant que Moïse a été sa figure ; car il réunit en lui Aaron et Moïse. — Laissons le premier de ces titres , dont il a déjà été traité , et voyous seulement le second, celui d'apôtre.

D'après la signilicatiou constante de ce mot, que l'orateur définit, il convient également bien à Moïse* à Jésus •Christ et aux hommes cpie Jésus «Christ a envoyés prêcher FEvangile. — Moïse et Jésus-Ciinst ont été ^dèles comme apôtres. — Il fout considérer, dans cette comparaison, trois côtés de Tapostolat ou de la mission de Moïse : il a été , à l'égard de son peuple, prophète j libérateur et médiateur ^ et en tout •cela l'ombre et la figure de Jésus-Christ, le prophète, le libérateur et le médiateur par excellence.

I . Prophète. Moïse s'attribue cette qualité, lorsqu'il dit au peuple : L'Éternel le suscilcra un yro^hèle tel que moi. (Deutéronome, XYIII, lë.)

Remarquer, sur ces mots iel que mai :

d) L'excellence de la manière dont il a été prophète; elle consiste en l'autorité dont il a été revêtu et en la manière dont Dieu se communiquait à lui i

(c L'autorité, eu ce que Moïse était tellement cou- .

JKAK MESX&EZAT. 457

« sidéré comme ambassadeur de Dieu, (jue sa parole «( était prise comme la parole de Dieu, même au re- « gard de rinfeillîbîlité ; et de là vient que Dieu dit « à Moïse au scptieiue do l'Exode : Tu seras Dieu à « Pharaon^ el Aaron ion frère sera Ion prophète : c'est- « à-dire, tu seras en ma place, et, comme je parle « aux hommes par des prophètes , Aaron sera ton c prophète. Et pour vous montrer que le peuple « regardait la face de Dieu en Moïse , c'est que , a quand Moïse fut longtemps en la montagne sans « revenir, ils dirent à Âaron : Fais-nous des dieux qui

c marchent devant nous; car (jaant à cet homme Mohe, « mus ne savons ce qu'il esl devenu, Ea quoi il a été « figure de Jésus-Christ, en qui Dieu s'est rendu vi- « sible aux homiiies et a été d'une manière s[R eiaie « immanuel y Dieu avec nous^; aussi, comme MiMse « a eu Aaron pour prophète , Jésus-Christ a eu ses a apôtres pour prophètes.

<t Quant à la manière de laquelle Dieu se commu- « niquait à Md'se, c'est qu'au Heu qu^il agissait dea dans l'imagination des autres prophètes en songes «r et en visions, de telle sorte qu'ils ne voyaient rien « au dehors , Dieu se communiquait à Moïse en de-

« hors, faisant ouïr sa voix de près et lui apparais- « sant par une lumière, dont Moïse remporta sa face « resplendissante... Et cette manière de cominuiu- « cation a été ombre et figure de l'étroite, commu-^ « nication et immédiate vision par laquelle Jésus- « Christ a su de Dieu les choses (ju il nous a révé- « lées, à savoir qu'il les a vues non de loin, mais

158 JBAN MBSXRXZÀl.

« de près, dedans le sein du Père, selon qu'il dit « au huitième de saint Jean : Je voui dis ce jue fai « vu chez mon Père^ et saint Jean, au premier cha- « pitre, nous dit : Nul ne vit onc Dicu j le FiU unique^

«jftit eit au sein du Père^ c'est lui qui Va révélé. »

h) La fidélité de Moïse en la charge de prophète. « Elle a été telle qu'il a rapporté exactement tout « ce qu*il avait reçu de Dieu, sans y rien ajouter ni <c diminuer, et c*est aussi la fidélité que Jésus-Christ «c nous montre en sa charge (Jean, YIII, 26; XY, 15); «E fidélité par- laquelle il a laissé pour jamais un « exemple à ceux qu'il a envoyés en son Église, de <i ne rien mettre en avant que ce qu'ils ont reçu 4( de lui. »

2. Libérateur. « Secondement, Moïse a été libéra- « teur du peuple d'Israël , Dieu ayant par la main <K de Moïse tiré son peuple d*Ëgypte et détruit TÉ- « gypte; et en cela aussi a-t-il été vraie figure de

Jédus-Christy qui nous a retirés de l'Ëgypte spiri- «c tuelle, c'esirà-dire de la puissance de Satan el du a péché. £t en ce point la fidélité de Moïse est re- «{ marquable en ce que, pouvant jouir en Égypte de « paix et de repos, voire de divers honneurs comme <c fils de la fille de Pharaon , néanmoins il aima « mieux souffrir avec le peuple de Dieu pour le dé* « livrer, que de jouir des houDeurs et des trésors «c d'Égypte : et n'est-ce pas, ô chrétiens, la fidélité fc de Jésus^hrist en noire rédempticm, en tant (|ue, « comme dit l'Apôtre uu douzième de l'Épi tre aux <c Hébreux^ au lieu de la jûie qu'il avait en mam, il

« a souffert la croix et a méprisé la honlfe; et au hui- « lième de la deuxièaie aux ConQthieQs» U $*êU faii « pBuwTê powr nota 9 cotnbiên qu'il fût rtdbe, afin guê a par sa pautnté nous fussions mndus? £i coiniiie « les murmures du peuple d*Isra6l contre Moïse, les a injures qu'ils lui firent et les entreprises qu'ils « firent de le tuer n'empêchèrent point Moïse qu'il a ne les délivrât » telle a été la fidélité de notre « Seigneur Jésus-Christ envers Dieu pour le peuple a que Dieu lui avait donné à délivrer , nonobstant «c toute ringratitnde des Juifs, leurs injures et leurs « complots contre lui, voire nonobstant riiidiguité « de nous tous, qui étions ses ennemis en pensées et mauvaises œuvres, qu'il nous a délivrés de nos « misères et est mort pour nous. Et toutefois quand « nous vous parlons de la fidélité de JMo&e envers « Dieu ès délivrances du peuple dlsraël, remarquez « que cette fidélité n'a pas été sans détaut, vu que, « quand il fut question de délivrer le peuple de la « soif et faire sortir Teau du rocher, Moïse et Aaron a sont repris de n'avoir pas cru à Dieu, ayant frappé <K le rocher par deux fois, au lieu de ne le frapper « qu'une, conunc il est représenté au vingtième du « livre des NcMnbres. Mais cela nous apprend que et Dieu juge de la fidélité et justice de ses enfants « avec douceur et bénignité, passant par-dessus leurs « défiaitttSy et que, moyennant que leur c^éissance soit « sincère et que leur service soit exempt de fraude « et de perfidie, il prend cela pour entière justice et « fidélités Ainsi IMeu prononça de lob, parlant aux

160 JEAN mtsniBZAT^

m amis d'icelui, qu'il n'avait point péché, passant « par-dessus Tinfirmité par laquelle Job avait mur> « muré contre Dieu en son affliction et maudit le « jour de sa naissance. Pour vu us dire que si Dieu « loue en sa Parole la fidélité, justice et obéissance « de ses enfants, ii faut de cela non élever Thomme, « en inférant qu'il est justifié par la perfection de « ses oeuvres, comme font nos adversaires, mais éle- « ver la bonté de Dieu , qui fait miséricorde à ceux* « qui l'aiment et qui pardonne à ceux qui le crai- « gnent ^ comme un père pardonne à son fils qui le « sert, selon qu'il est dit au troisième de Malachie. »

3. MédieUéur. Typique et non réel, car il n'y a qu*un médiateur entre Dieu et les hommes, savoir Jésus-Christ homme. Mais Moïse a pourtant été médiateur ou moyenneur :

o) En ce que c'est par lui que Dieu a donné la loi au peuple d'Israël;

6) En ce que c'était par Moïse que Dieu entretenait des rapports avec le peuple.

Considérez, en cette fonction de Moïse, sa fidéHîé et son impuissance : « Sa fidélité en tant qu'il désire a mourir pour le peuple et être exécration pour lui, a disant à Dieu qu'il reffaçàt plutôt de son livre « que de détruire le peuple : vraie figure en cela de « l'alTeclion et fidélité par laquelle Jésus-Christ a « voulu mourir et être fait malédiction pour nous. « Mais je dis aussi : l'imperfection et impuissance de « Moïse en cet emploi de moyenneur, en ce que « Moïse ne iîit pas admis à mourir pour le peuple

nàx innimT. i%i

a et être fait exécration pour lui. Dieu lui répondant « que râme qui aurait péché , celle-là aérait eibeée « de son livre. »

Toutefois, s'il était impuissant en même temps que fidèle » il n*en montrait que mieux combien un médiateur était nécessaire.

L'auteur ûnit cette partie par expliquer ces mots : de notre profmxm : « L'Apôtre appelle Jésus-Cbrisl « Tapôtre et souverain sacrificateur de notre profes- « aiou, pour of^poser cet apôtre et souverain sacri- « ficateur à celui dont TÉgliae d'Imél sous rAnden « Testament avait fait prolession. »

(kmUàMum (i). L — 1. Tournons d'abord ce propos contre les docteurs de l'Église romaîney et dÎ8on»-leur que nul, après Jesus-CUrist, ne peut réunir eu soi Moïisé et Aaron« A leur compte^ le Nouveau Testa* ment n'aurait rien de plus excellent que l'Ancien.

2. Le siège apostolique et perpétuel de TÉgiise chrétienne n'est pas terrestre, mai? spirituel et céleste; a car, a puisqu'eû l'Église chrétienne tout doit « être spirituel et céleste, donc au trône terrien et tf visiMe, comme le trône de Moïse et d'Aaron, ne a doit pas répondre, sous ie INouveau Testament, « un trône terrien et visible comme le leur? » C'est vouloir chercher dans les ombres la réalité des ombres.

«Partant, comme lea Juife disaient que pour la

« religion et eu i'EglistMl fallait un homme d'auto-

(l) En général, Mcstrczat commence sa conclusion par qnclque discussion de» dagntt romiMj nab B ne s'y arrête pas l«Dgl«n|M.

162 JKàM MSSTRfZAT.

« rité souveraine, qui iiit apotro de Dieu et souve- <( rain sacrificateur, et l'Apôtre leur répond que <c s'ils veulent un apôtre et souverain sacrificateur, «c en voici un, a bavoir Jésus-Christ, nous disons le a même à nos adversaires : Pourquoi nous deman- « dez-vous un apôtre et souverain sacrificateur? « Yoici le Fils de Dieu. Pourquoi en vouiez -vous- « des charnels et terriens? Ën voici un spirituel et « céleste. Et n'est pas besoin que nous vous disions « que Moïse et Jésus-Christ ont été fidèles en rapc portant la volonté de Dieu sans y rien ajouter « ni diminuer, et que l'évêque romain donne aux « hommes ses traditions et les égale aux oracles di- « vins, voire retranche les propres ( oiuinandements « divins, comme les plus grossiers le voient au re- «c tranchement du second commandement de la loi et « au retranchement de la coupe en la sainte cène. »

II. — 1 . Souvenons-nous des titres que Fauteur sacré donne aux fidèles : frères : nous devons donc nous aimer; s(^ml$ : cet amour doit avoir pour hase la sanctificaiion ; parUcipanU^ etc. : la vérité et Fefiet de la sanctiiicalion est de elierclier les choses célestes. Notre vie répond-elle à ces titres^' llélas ! non. — Ceci le conduit à ce qui suit dans le texte :

2. Considérez y etc. Considérer, c'est ohinv. Obeirons-^nous à Jésus-Christ moins que les Juifs à Moïse, comme si Jésus -Christ avait moins d'autorité que Moïse? Ou bien, est-il moins fidèle, tellement que nous soyons aussi moins obligés à être fidèles ? — L'orateur adresse cette question successivement aux

JEAN MtBSTRBZAT. 163

pasteiu'ô, aux parents, aux serviteurs, à tous ses auditeurs.

3. Mais, outre l'exhortation, il y a ici une consolation, car Jésus-Christ est Mêle comme sacrificateur ^ c'est-à-dive comme notre salut. — Ici seulement vient Texplication (très coulcbtable) de « toute la maia son de Dieu, »

La méthode de Mestrezat est celle de son époque, mais plus marquée chez lui que chez aucun de ses contemporains. Elle suppose des auditeurs sérieux, croyants et instruits dans la religion; car de tels auditeurs pouvaient seuls goûter une prédication qui les entretenait ainsi de toutes les expressions d'un texte.

Épeler le texte sacré; le presser mot par mot; en extraire, non-seulement la mcre-goutte, mais tout ce qu'il peut donner : voilà la prédication de cette pre-* mière période. Nous verrons un peu plus tard une révolution qui introduira les sujets à côté des textes et créera le sermon synthétique. Il faudra constater cette révolution, et en chercher la cause ou les causes.

Nous allons, pour faire mieux connaître Mestrezat et son époque, analyser encore un de ses discours, le troisième du volume iiitiUilé : Des fruicts de la foy en vertus chresUeimeSf ou Sermons sur les chapitres XII et XIH de VÉpisire aux Hébreux (1)

(0 Paget S1-I3S*

164 AAK nSTllBtAT.

Texte : Vouê n'<wez point eiwore résisté jusqu'au sang en eomibaitanl contre U péthé , el aves oublié Vta^wrUh^ tion^ laquelle parle à vous comme aux enfants, disant : Mon mfantj n$ nytU poifU à nonckahir la diéciplme du 5ajfiMiif 9 H m perdë potnl courage qwmdlu eê reprk de lui ; car le Seigneur chàlie celui qu'il aime et fauelte fotfl enfant qu'il aeaue. (Hébreux, XJI, 4 à 6.)

Exorde : La Providence divine est admirable en tout l'univers , mais surtout eu la conduite des af- Mres humaines, en ce qu'elle tire le bien du mal, ainsi que le pharmacien convertit les poisons en remèdes.

te Quand Dieu tire la lumière de ce beau soleil, ou

« l'ordre réglé des saisons et du jour el de la nuit a du réglé mouvement des cieux, cela est moins ad* « mirable que quand il tire, des actions des hommes «( les plus iniques et des maux les plus griefs et les « plus douloureux, le bien et salut de ses enfants; « car ce faisant, il surmonte la nature des choses et « en tire ce qu'il semblait qu*elles ne pourraient « donner. Joseph admirait et représentait cette pro* « vidence à ses frères, leur disant : Vous aviez pensé a mal à Venconire de mai , maie Dieu ta tourné en a bien; car toutes les offenses qu'ils lui avaient faites « en le vendant pour esclave, avaient été converties ft en moyens de les entretenir en vie pendant la faa mme. Et saint Paul la représente aux fidèles pour « leur consolation (Romains, YUI, 28), disant que « toutes choses aident ensemble en bien à ceux qui aia ment Dieu, »

Ces paroles à» TAptoe s'appliquent aux poraécu* tious qu'enduraient les Hébreux. Il leur un ait pr6- 8Wté d'«utr6s motife : Fe^ranoe de la rémunéra*tion , l'exemple des fidèles de toiiB les temps et de tous les âges, et celui de Jésus-Christ. Ici, autre argomeot : il représente le combat qu'ik» soittienneni comme un combat contre le péché.

Le texte nous invite à considérer :

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