‹ Histoire de la prédicationChapitre 16 sur 55 · Combattre. Le combat extérieur nous profite · texte numérisé non relu

Combattre. Le combat extérieur nous profite

pour le combat intérieur, ce qui ne nous permet pas de nous plaindre du premier (i).

2. Mais comment le pécJié est-il combattu par nos souffrances?

Le péché dont il est question ici , c'est le corps de péché, c est tout le vieil bomnie. L'auteur le défiait par différents passages de TËpitre aux Romains. (YI, 6, 12; VII, 23.)

Pour comprendre comment le péché est combattu par nos souffrances, il fiaiut considérer Torigine et le siège principal du péché, qui est la vie animale. « Car, bien* que le péché ait occupé les plus hautes « Êicullés de râme, l'entendement et la volonté,

(1) Voai oe CTOfet que pdHr :10m eembattezt VoiU ce que, au point de ^ne de roraleur,ranni> dit

168 JSAN HESTREZAT.

« néanmoins son origine et son premier siège est ki

« sensualité, la partie inférieure de Tâme en laquelle c résident les appétits oorpords et les désirs des « sens, d'où, comme d'nn cloaque ou d'un bourbier, « sont élevés des brouillards épais, qui obscurcissent « l'entendement et le rendent tout c^iamel, et c'est

« à raison de cette origine et principal siège du pé* <K chCj qu'il est appelé chair et cerps en l'Écriture. »

Qr, quand Dieu vous sépare de la chair, en quel* que sorte, en vous séparant des biens dont elle fait sa joie, il veut donner à Tesi^it ce qu'il enlève à la diair. « Vos ennemis sont donc des médecins et des a chirurgiens que Dieu envoie pour vos âuies ; leurs a offenses et oppressions sont les médecines amères « par lesquelles il veut purger les mauvaises hu- «f meurs de l'âme, c'est-à-dire ses vices et péchés; « les plaies que vous recevez du monde sont les coups a de rasoir qui retranchent de vos esprits les super- « fiuités et excressances qui s'y étaient formées. »

3. L*Ap6tre justifie cette proposition par une maxime de Salomon qu'il rappelle à ses disciples, maxime citée d'après les Septante, qui nous en <xit conservé non les termes, mais le sens : « Ce qui bous « apprend, dit Mestrezat, que ce n'est pas aux mots ff et syllabes, mais au sens de l'Écriture sainte, qu'il « §e faut arrêter. » — On voit bien ici que Mestrezat ne néglige rien.

L'Apôtre, en citant cette maxime de Salomon, dit aux Hébreux :

a) Qu'ils l'ont oubliée (oubliée en pratique). Qu'esW

ce doBC que cet oubli ? La négligence des moyens de s'afiérmir en la foi et en la vertu ciiiétienne, et une asoessiye' recherche des prospérités tempoi'elleB ; c'esl dans ce sens que nous aussi nous oublions les paroles de l'Écriture.

() Que cette ediortation (de Dieu, par Salomon) s'adresse à eux comme à des enfants. Et avec raison ; car c'est bien ainsi qu'on parle à des enfants} et rexhorlatîon dit expresstoent : mon mfatU. Cela doit nous apprendre à c^tre touchés , ainsi que Dieu , des afflictions de nos frères > comme s'ils étaient no6 enfants; — à ne pas rudoyer les affligés; car voyez iXiwnme fait Dieu ; — à prendre courage , quand m\x& sommes affligés, en voyant comme Bien parle aux affligés.

Voilà ce que l'Apôtre dit de cette exhortation de Salomon ; mais puisqu'il se Tapproprie, puisqu'il la répète en son propre nom , considiions-la en eiio^ même et voyons ce qu elle renferme.

H y a : 1^ ce qu'elle requiert de nous; 2^ les raisons pourquoi elle le requiert.

Cette distinction est difficile à suivre. Dans i'expii cation il y a déjà de la preuve, et dans la preuve de nouveau de l'explication. C'est Técueil de cette méthode analytique, poussée à l'extrême, de faire passer plusieurs fois devant la même vérité. Ces allées et venues iàtiguent et ne font pas avancer. Reprenons.

i . Cette exhortation requiert de nous :

a) De ne pas mépriser la discipline. Ce n'est pas que nous méprisions en tous sens la discipline ou

170 MBOTlUBSàT*

rafilictiun ; il s'en faut bien; mais nous la méprisons en ce sens que nous négligeons d'en faire usage pour notre correction , quand , préoccupés de notre seule soulTrance , nous nous endurcissonâ dans notre péché.

h) De ne perdre pas courage, «c comme quand Job « vient à maudire le jour de sa naissance pour la «c durée et Taccroissement de ses afflictions; et quand « Jérémic vient à s'écrier que sa force est périe et 9 son espérance faillie par-devers l'Éternel ; et quand « Asaph, ennuyé de ce qu'il était battu jouraelle- « ment et que son châtiment revenait tous les matins, « dit que c'est en vain qu'il a lavé ses mains en in* « nocence, et doute que Dieu ait connaissance et « qu'il y ait intelligence au Souverain. »

L'Apôtre a bien fait de joindre ensemble ces deux défauts; car d'une extrémité on passe dans l'autre : du mépris dans le découragement.

Page 1