Combattre. Le combat extérieur nous profite
pour le combat intérieur, ce qui ne nous permet pas de nous plaindre du premier (i).
2. Mais comment le pécJié est-il combattu par nos souffrances?
Le péché dont il est question ici , c'est le corps de péché, c est tout le vieil bomnie. L'auteur le défiait par différents passages de TËpitre aux Romains. (YI, 6, 12; VII, 23.)
Pour comprendre comment le péché est combattu par nos souffrances, il fiaiut considérer Torigine et le siège principal du péché, qui est la vie animale. « Car, bien* que le péché ait occupé les plus hautes « Êicullés de râme, l'entendement et la volonté,
(1) Voai oe CTOfet que pdHr :10m eembattezt VoiU ce que, au point de ^ne de roraleur,ranni> dit
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« néanmoins son origine et son premier siège est ki
« sensualité, la partie inférieure de Tâme en laquelle c résident les appétits oorpords et les désirs des « sens, d'où, comme d'nn cloaque ou d'un bourbier, « sont élevés des brouillards épais, qui obscurcissent « l'entendement et le rendent tout c^iamel, et c'est
« à raison de cette origine et principal siège du pé* <K chCj qu'il est appelé chair et cerps en l'Écriture. »
Qr, quand Dieu vous sépare de la chair, en quel* que sorte, en vous séparant des biens dont elle fait sa joie, il veut donner à Tesi^it ce qu'il enlève à la diair. « Vos ennemis sont donc des médecins et des a chirurgiens que Dieu envoie pour vos âuies ; leurs a offenses et oppressions sont les médecines amères « par lesquelles il veut purger les mauvaises hu- «f meurs de l'âme, c'est-à-dire ses vices et péchés; « les plaies que vous recevez du monde sont les coups a de rasoir qui retranchent de vos esprits les super- « fiuités et excressances qui s'y étaient formées. »
3. L*Ap6tre justifie cette proposition par une maxime de Salomon qu'il rappelle à ses disciples, maxime citée d'après les Septante, qui nous en <xit conservé non les termes, mais le sens : « Ce qui bous « apprend, dit Mestrezat, que ce n'est pas aux mots ff et syllabes, mais au sens de l'Écriture sainte, qu'il « §e faut arrêter. » — On voit bien ici que Mestrezat ne néglige rien.
L'Apôtre, en citant cette maxime de Salomon, dit aux Hébreux :
a) Qu'ils l'ont oubliée (oubliée en pratique). Qu'esW
ce doBC que cet oubli ? La négligence des moyens de s'afiérmir en la foi et en la vertu ciiiétienne, et une asoessiye' recherche des prospérités tempoi'elleB ; c'esl dans ce sens que nous aussi nous oublions les paroles de l'Écriture.
() Que cette ediortation (de Dieu, par Salomon) s'adresse à eux comme à des enfants. Et avec raison ; car c'est bien ainsi qu'on parle à des enfants} et rexhorlatîon dit expresstoent : mon mfatU. Cela doit nous apprendre à c^tre touchés , ainsi que Dieu , des afflictions de nos frères > comme s'ils étaient no6 enfants; — à ne pas rudoyer les affligés; car voyez iXiwnme fait Dieu ; — à prendre courage , quand m\x& sommes affligés, en voyant comme Bien parle aux affligés.
Voilà ce que l'Apôtre dit de cette exhortation de Salomon ; mais puisqu'il se Tapproprie, puisqu'il la répète en son propre nom , considiions-la en eiio^ même et voyons ce qu elle renferme.
H y a : 1^ ce qu'elle requiert de nous; 2^ les raisons pourquoi elle le requiert.
Cette distinction est difficile à suivre. Dans i'expii cation il y a déjà de la preuve, et dans la preuve de nouveau de l'explication. C'est Técueil de cette méthode analytique, poussée à l'extrême, de faire passer plusieurs fois devant la même vérité. Ces allées et venues iàtiguent et ne font pas avancer. Reprenons.
i . Cette exhortation requiert de nous :
a) De ne pas mépriser la discipline. Ce n'est pas que nous méprisions en tous sens la discipline ou
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rafilictiun ; il s'en faut bien; mais nous la méprisons en ce sens que nous négligeons d'en faire usage pour notre correction , quand , préoccupés de notre seule soulTrance , nous nous endurcissonâ dans notre péché.
h) De ne perdre pas courage, «c comme quand Job « vient à maudire le jour de sa naissance pour la «c durée et Taccroissement de ses afflictions; et quand « Jérémic vient à s'écrier que sa force est périe et 9 son espérance faillie par-devers l'Éternel ; et quand « Asaph, ennuyé de ce qu'il était battu jouraelle- « ment et que son châtiment revenait tous les matins, « dit que c'est en vain qu'il a lavé ses mains en in* « nocence, et doute que Dieu ait connaissance et « qu'il y ait intelligence au Souverain. »
L'Apôtre a bien fait de joindre ensemble ces deux défauts; car d'une extrémité on passe dans l'autre : du mépris dans le découragement.