‹ Histoire de la prédicationChapitre 21 sur 55 · III. A r égard de nos ennemis : Dieu les apaise · texte numérisé non relu

III. A r égard de nos ennemis : Dieu les apaise

fixplîoalioas prélimiuaires sur les voies de l'itomme et lee voies de Dîea.

Développement de la thèse. — Malgré la droiture de nos voies, et même à eauee de leur droiture, nous avons des ennemis. Comparaison de l'Église et du monde avec Tesprit et la chair. Dieu apaise ou tempère la haine du monde contre l'Église.

Application. 1. J'ai supposé la repentance : Êtesvous repentants? — Il les y provoque au nom des souffrances et des périls de TÉglise :

« La colère de Dieu ne parut jamais ni si grande, « ni si inexorable, qu'elle a paru contre nous depuis « un assez long temps. Nos afflictions s'entassent les « unes sur les autres comme les llols d une mer irritée ; « elles se suivent les unes les autres de si près qu-à « peine avons-nous le loisir de soupirer pour cha- « cune d'elles. Notre ruine ne fut jamais ni si ardem- « ment désirée, ni si hautement demandée, ni atten- « due avec plus d'espérance. Édom ne cria jamais ni « plus vivement, ni plus fortement sur la misérable « Jérusalem : À sac, à 9ae, ffuellê soit embrasée et jm- « quau pied des fondements raséel Avec tout cela oa « ne vit jamais dans nos troupeaux, et en parlioulier « dans celui-ci, tant de vices et tant d'actions séante daleuses que nous en voyons aujourd'hui, lin'y

en eut jamais un si ^and nombre de tout ordre

326 IBAff CLAUDI.

« et de toute espèce. Nous n^eotendons parler que

« d'injustices et de violences, de querelles et de res- « seotimeots, d'usures et d'oppressions, de fourberies « et d'infidélités, d'adultères et de sales intrii^iics, fic d'ivrogneries et de dissolutions. Nous ne sommes a plus eeUe génération ëlae^ ceUe nation sainte et eo « peuple acquis que nous élions autrefois; nous ne « pouvons plus nous appliquer ce que saint Paul a «r dit de t*Ëglise, quelle est sans taehe et sans ride, irré-^ a.préhensible et sainlc, et que Jésus -Christ s'est donné ic soi-même pour elle afin de la sanctifier. Yit^OD jamais « l'ignorance, l'indifférence de religion, le mépris a de la parole de Dieu, le blasphème, l'impiété régner a avec plus d'audace qu'aujourd'hui? Vit-on jamais « plus d'orgueil et de vanité dans nos actions, plus a de licence et de hardiesse dans nos discours, plus « de médisances et de railleries amères dans nos ce entretiens, plus de jeux, de ris et de divertisse- « ments mondains dans nos asisemblées de famille, « plus de faste et de somptuosité dans nos habits, « dans nos équipages et dans nos ameublements? «c Nous sommes à deux doigts de notre ruine, et nous « vivons pourtant encore dans la dernière corruption a et dans la dernière sécurité. Je ne le trouve pas a étrange de ceux qui ne prennent nul intérêt en « la religion : de quelque côté que la chose tonrnc, « ils trouveront leur compte partout. Mais vous, «f gens de bien, car ce n'est qu'à vous que je parle, a serez-vous si endormis qu'on ne puisse encore vous « réveiller? Âurez-Tous tellement perdu l'usage de

iKAN CLAUDE. 327

« VOS yeux que vous ne voyiez pas l'état où nous « sommes, et en le voyant dans toute sod étendue « vous coDtenterez-vous d'une médiocre repentance? « Serez*vous satisfaits de quelques mouvements de <c douleur passagère» de quelques regrets ordinaires, « de quelques soupirs échappés? Ahl mes frères, « il ne s*agit plus de cela; il s*agit de détoamer le « plus grand de tous les orages dont Dieu nous ait « jamais menacés; il s* agit, non d'arrêter sa béné* a diction et d'empêcher qu'elle ne nous quitte, mais a de la rappeler de fort loin, car il y a déjà longce temps qu'elle nous a quittés, et vous voyez bien .« que pour cela il faut des edbrts extraordinaires. « S'il y reste donc quelque chose à faire, comme a je n'en doute pas, faites-le, je vous prie, dans « celte heure et dans ce muiiient même qui est «t destiné à la propitiation; £iiteâ-le à la vue du sang « de Jésus-Christ, à la vue de sa croix et des douce leui*s de son sacrifice, dont nous célébrons aujour- «( d'bui la mémoire. Ce sera lui qui criera pour vous « vers la grâce, afin de la faire revenir. Aidez, si je <t l'ose ainsi dire, aux tendresses de sa miséricorde «c par une profonde affliction. Elle commence déjà, « je m'assure, à s'ébranler en votre faveur; achevez «c de rémouvoir en répandant à ses pieds un torrent « de larmes. Dieu vous dît aujourd'hui ce qu'il disait « autrefois à la maison d'Israël : Tenez maintenanl et a déballons nos droits. Mais quels droits avons-nous <K à débattre devant toi, Seigneur, si ce n'est les droits « de ta justice? Tu es un Dieu trop bon et nous un

peuple trop ingrat; tu nous as comblés de bénédio- « lions, et nous avoas couvert notre vie d'iniquité; « lu as été jusqu*ici:trop indulgent à nos crimes, et « nous avons poussé ta patience à bout. Il est temps «que tu réveilles ta Jalousie et que nous soyons abî- « més. G*est ainsi . qu*il faut débattre avec Die», en « soutenant ses droits et en abaudouaaat les nôtres. « Mais si nous en usons de la . sorte, quelle sera la « fin de cette querelle? Quelle en sera la fin? Dieu Ai prendra en main nos droits abandonnés, et laissant « là sa justice et nos . péchés, il n'aura égard qu'à « notre misère et à notre repentance. Écoutez ce « qu'il ajoutait lui-même dans son prophète : Quand « vos pédiê$ seraient rouges comme du cramoisi, je ks « blanchirai comme de la neige; et ce que Salomon « dit maintenant : // y aura propiiialion pour Tmi- « quiié (1). »

2. Souvenez-vous des conditions auxquelles la miséricorde de Dieu est assurée à votre repentance : ce. sont la gratuité et la vérité.

3. Il faut de plus (outre l'exerciee de ces vertus) vous détourner du mal,

4. Maïs souvenez -vous que pour cela il faut la crainte de i>]eu, et .pour l'établir daas vos cœurs,

a) Mettez-vous devant les yeu\:ies. terribles exemples de la vengeance divine;

b) Appliquez votre esprit à considérer la majesté de Dieu dans les différents objets qui vous Ja. représentent;

(0 Xet FnUiê de la fV|Mfil«iee. Pcgei 27-SO.

c ) Méditez sur vos péchés et sur la UouSé que Dieu a eue de .vous les!pardoDii«r.

5. Si vous foites cela, Dieu apaisera vos ennemis; du reste, aimez- les et pardonnez- leur.

«.Priez Dieu qu'il lui. plaise par sa miséricorde de

r«( leur pardonner leurs péchés, et en particulier ceux que leur fait commellre cette excessive aigreur

•« qu'ils ont conçue contre nous sans-raison. Priez-le « qu'il les illumine, afin qu'en distinguant désormais

•c( les objets un peu mieux qu'ils n'ont lait jusqu'à « cette heure, ils reconnaissent le tort qu'ils nous

• « font et celui (ju'ils se Ibnt à eux-mêmes. Ils ne nous «c haïssent que parce qu'ils se sont formé de nous une «c idée fort étrange; mais si Dieu daignait exaucer « nos vœux, et qu'en les désabusant de leurs faux « préjugés, il leur fit voir Tinnocence et la justice de 4K notre profession telle qu'elle est en effet, de quelle i< componction de cœur ne seraient-ils pas touchés « et quelle serait notre joie? l'avoue qu'un si grand «t bonheur est assez éloigné de l'apparence, et néana moins il ne faut pas laisser de le demander. Toutes

HK choses sont possibles à Dieu; il est le maître des « liommes aussi bien que des temps et des saisons. « Cependant, si nous prenons soin de disposer telle- « ment nos voies qu'elles lui puissent .plaire, il font espérer qu'il apaisera nos ennemis envers nous.

.(c II adoucira leur esprit et changera cette humeur

'« lâcheuse qui les anime contre notre religion. Et

•«(quand il ne le ferait pas, nous devons toujours être « assurés qu'il nous accordera sa paix et sa bénédie»

330 'SAN GLàDDI.

« lion, qui est le plus grand de nos biens (i). » ici vienl un passage sur Louis XIV :

ce Ce sera, mes frères» sous cette bénédiction qlie a nous jouirons aussi de la proloclion de no'ie piiis- <K sant monarque, laquelle» après celle de Dieu, doit «c élre notre unique refuge. Ce grand prince n'ignore « pas Tardeur, le zèle et la Qdélilé que nous avons <K pour son service; mais nous ne devons pas ignorer tf aussi de quelle nécessité nous est sa bienveillance, «c Tout serait déclaré contre nous, s'il retirait celte « ombre ou, pour mieux dire» ces rayons sacrés de « son autorilé, qui nous couvrent et qui nons défen- « dent. Nous ne pouvons avoir sur la lerre d'autre « recours qu'à sa justice; elle seule est i*asile qui a reste à notre espérance. C'est ce qui nous doit a d'autant plus obliger à prier le Roi des rois, que, a par sa providence immortelle, il veuille le garder el « le conserver en toutes occasions et parlicuiitrement « aujourd'hui dans les périls de la guerre où Sa Ma- « jesté va s'exposer pour le repos de ses peuples, a Que Dieu donc soit son soleil et son bouclier, « comme il 1 était autrefois de David; qu'il l'accom- « pagne dans ses expéditions militaires et (ju il préa side lui-même dans ses conseils. Prions -le de plus a qu'il lui plaise d'incliner son cœur vers nous et de « nous le rendre favorable. C'est ce que Dieu fera « sans doute si, de notre part, nous apprenons à bien a régler notre conduite et notre vie, si nous sommes « pieux et zélés, humbles et patients, justes el cha-

(0 Leê F^ruiU 4c la repenUmet, Pages

IBAH CLAUDK. 331

« hiabies, simples et nicdestes, fidèles et sincères, « doux à DOS inférieurs^ équitables à dos égaux, sou- « mis et obéissants à nos magistrats. De cette ma- « nière, nous devons espérer que Dion Miira soin do a nous, et quand notre roi aura la bonté de vouloir a S* informer par lui-même de ce que nous sommes, « il lui curivera ce qui arriva à un de ses illustres « et glorieux prédécesseui-s, sur le sujet des habitants « des vallées de Provence. Ces pauvres fidèfes, qui a étaient alors les tristes restes des Vaudois, furent « cruellement accusés et poursuivis devant ce prince, «c comme des hérétiques et des criminels. On excitait <K sa colère el sa justice contre eux par de fausses et « odieuses imputations, et on ne demandait pas moins « que leur sang et leur ruine entière. Mais avant « que de se. déterminer, ce prince équitable voulut a envoyer des commissaires sur les lieux, et quand « les commissaires lui en eurent fait leur rapport, « ayant reconnu visiblement leur innocence, l'histoire « remarque qu'il s'écria : lU §ùnt plus gens de Inen que « loul le reste de mon royaume. Faisons on sorte que « notre grand monarque dise la même chose de « nous, et qu'un semblable témoignage de sa bouche « royale soit notre apologie dans ce siècle et notre « gloire envers la postérité (1). »

Il y a sur ce sermon plus d'une observation à faire. Et d'abord, Télude du texte laisse à désirer. Claude pouvait facilement s'apercevoir que la version autorisée, espèce de Vulgate, dont il se servait, était fau-

(1) JjÊS Fruit» cte la r^fMtmee, PacM 49*44.

333 4BAIf CLAUBB.

tive «ir ce point; mais il ne la seomet à ancmie: critique et se sert d un hasard de cette version pour dooDer une uaiié à des paroles qui n'en ont -pas. Pour arriver à la repen tance, dont il n*y a pas un mot dans le texte, il doit appliquer à 1 homme ce qui est dit de la gratuité et de la vérité, profitant de ce que Dieu n'est pas nommé.

Nous n'avons plus ici cette explication naïve du texte, suivie, si possible, d*une application. Dans un sens il y a proi^ics. C'est le commencement de la méthode applicative, qui se développera de plus en plus; mais cet essai n*est pas heureux et feit pressentir récueii de cette tendance, dans laquelle le texte, sacrifié souvent am applications, devient (a(Hlement un prétexte. L'ancienne méthode, tout imparfaite quelle était, valait mieux sous ce rapport. Quelle que soit celle que l'on suive, il faut étudier -son texte dans Torii^inal et se garder d'y introduire des idées qui ne s'y trouvent pas.

Claude franchit les limites ou les barrières ordinaires de son éloquence dans Ï-Exhorlalion qu'il prononça peu de jours avant son bannissement et lorsque Tédit de révocation, déjà rédigé, était sur le puiut détre mis à exécution (1). Cette époque était i>ien solennelle et bien douloureuse^ et le fond du calice

(I) La rcvopalion fui sifinéc ie i8 octobre 1685. I,c 'ii, une assemblée derait encore avoir lieu daiiii le l<-mple de Charcnlon, sur la permission des aiilorilés, •qui avaient préparé pour ee jour- là uoe* manœuvre, au mojea de laquelle «n aurait obtenu une apparence <l*alquralion du troupeau* Claude eut des ftoupçont et annonça que la réunion n^aurait pas Heu.

JBAïf ' cL&cn. 333

était plus amer encore qu ou ne l'avait prévu. Claude lui^-méme^ si sévère et si méthodique, si froid hors de la réprimande^ s'abandonne à ses douloureuses

éuiolions.

Son texte est le svivant : TéiabUrai men allioxm entre moi et toi et ta poetérité après toi en leurs âges^ pour être une alliance perpélmlle^ afin que je le sois' Dsm eê à ta posténU après toi. Dieu dit aussi à Atfror ham : Mais loi, tu garderas mon alliance^ toi ci (a postérité après toi en Leurs 4^. (Genèse, XYli, 7, 8.)

, ce Mes frères bien-aimés (dit-il en tète de son di»- « C0U16 iiupi iliié j, vous avez souhaité cette exhorta- « tion; je vous la donne avec tous mes vœux. Elle <K. fut conçue à la hâte et dans le plus G;rand trouble « de ma douleur. Mais comme je m'aperçus, par un <K torrent de larmes qu'elle vous tira, qu'elle était a bénite, je fis scrupule d'y rien changer. Ce n*est a pas une explication régulière du texte : la douleur <c ne* souffîre pas Tart et la méthode. Ce sont les mou- « vements de mon cœur navré de tristesse et des a conseils dont je vous conjure de conserver, la c mémoire. »

Il explique les jugements de Dieu par l'infidélité de son peuple, puis il ajoute :

« Quand j pense à la postérité malheureuse qui « s'élèvera en jugement contre nous, hélas! raalheu- « reuxenfonts des plus malheureux pères 1 Mais vous ff avez ie temps de pleurer. Ménagez le seul moment- « qui vous reste. Dieu vous abandonne; ceci en est « le présage ordinaire; c'est ioi la rupture i Je ne les

334 'BAK CLAin».

« pailrai plus; que eelui qui meurt mewrêl Et od s'en et iront-ils» Seigneur? Celui qui est dcsUné à la morl^ n à la mari; celui qui est destiné à la famine^ à la for- « mine; celui qui est de,^iiné à la captiviléj à fa captivité. « Ët BOUS malheureux, qui étions destinés à former « les nœuds sacrés de cette union, verrons de nos « yeux cette sépaïalion et en serons les tristes té- <c moins 1 Oh ! plût à Dieu qu*à l'exemple du souve- « rain sacrificaleur Jéhojadah , nous fussions en ce « moment employés à renouveler Talliance enlro « Dieu et son peuple! Promettez à Dieu de cheminer « en ses voies, que sa vérité vous sera plus chrre que « toutes choses et de lui être fidèles jusqu'à la mort, a et je vous jurerai de sa part qu'il sera encore vo- « tre Dieu. Oui, a dit V Eternel, je leur serai Dieu, a Yous le promettez? Vous cieux, je vous prends à «c témoin entre ce peuple et son Dieu. De la sorte <c Dieu sera toujours votre Dieu. Vous serez sans ic pasteurs» mais vous aurez pour pasteur le grand « Pasteur des brebis, que vous irez cnlondre dans « sa Parole. Vous n aurez plus les serviteurs, mais « vous aurez le Maître. Vous ne viendrez plus en- « tendre nos piédicalions, mais vous irez au sermon ' « du Fils de Dieu et tirerez les inslructicns de sa « bouche. Vous n*enfendrez plus notre parole, mais « vous entendrez la voix du Seigneur, le chef et con- « sommateur de ta foi; vous puiserez dans la source « même, des lumières plus pures et plus efficaces. « Vous n'aurez plus de temple; mais le Souverain « n*habîte point és temples faits de main. De tous

JEAM CLAUDK. 335

« yo8 cœurs bfen uBÎs en la foi, faites -lui une maison « sainte, qui s'élève pour être un tabernacle de Dieu « en esprit; de vos maisons faites des temples; con* « sa( rt z-l( s îi Dieu par un jeûne solennel, et là renie dez-hii soigneusement vos services. Surtout que « le jour du Seigneur vous soit saint, car ce jour est a saint à I Éternel. Et comme par vos [)écli( s vous « avez ôté ce bien précieux à vos enfants, scu venez- « vous que vous leur devez, en réparattcn de cetle a perte, plus d'instruction, que vous leur devez sans « cesse inspirer la vérité de la religicn avec plus « de î-oin (jiie vous n'avez fait, et que ('tst là le « princip al devoir de votre vie. Vous cta!|j;nez pour <r eux; niais consacrez-les à Dieu : ils s^erotit à lui, « ils seioiit i^iiidi s en son nom, et nul ne les ravira « de sa n.ain. Priez*le qu'il les conserve dans son ce alliance. (kMte prière est sacrée; elle sera bien a reçue, elle sera exaucée; ces enfi.n s seiont la . «c semence de l'Eglise. Cette génération a venir, pour « laquelle vous vous consumez d'un pienx souci sera «c dans son temps la génération élue, la nalion sainte, « la sacrifK aturc royale, le peuple acquis. Vous aurez « à sonflrir : après s'en être pris aux t( nî|)l(s de

«t pierres, ou attaquera les temples du Saint-Esprit

« Cest là le ehemin : par plusieurs tribulaticns il et nous faut entrer au royaume des eieu\. La | orte a est étroite et le chemm qui mène à la vie ei>t tracé « du sang et des larmes de tant de justes.... £t « n*étes-vous pas touchés de cette pensée que, « dans cet état, le ciel a les yeux sur nous et que

(c l'Esprit de Dieu et de gloire repose sur noiis?

« Si par laiséductioQ de la chair vous êtes tentés « et que vous disiez :: Non, mais mus irons au pays a d'Egypte^ afin que nous ne voyions point de guerre et « quê nous n'oyiom point le son du eomet et n'ayons a point disette de pain; écoutez' là-des6U8 la parole a de l'Éternel : Vous, les restes de Juda^ ainsi a dit « VÉtettnel, le Dieu êlsraël : Si vous dressa toire faee^ « résolus d'aller en Egypte, il adviendra ^ Vépée^êon^ «' vous avez peur vous attrapera en Egypte et la famine « -vous y joindra. Stupide ei issensé, si Dieu te veul a perdre, qui est-ce qui le délivrera de sa main? « As-tu oublié ce& paroles du Fils de Dieu : Qui vou- «c dra sauver sa vie la perdra^ mais qui vaudra perdre « sa vie pour l'amour de moi la sauvera. On vous fera et des promesses : Je te donnerait Mais, ô ûdèle, que «c te dounera-'t-oD qui te récompense de la perte de . « tou Sauveur, qui te regardera comme uu làcbe, ce et qui dira : Jetez^ le serviteur inutile^ pieds et mains « /tés, aux ténèbres ea;/éneures? Que le donnera-t-^n « qui te puisse dédommager de la perte des bieus et éternels et cpii te puisse consoler des tourments-

« inlinis de l'étang ardent, qui est la part des lathcs « et des timides? Écoute plutôt la promesse du Saute veur : Sois fidèle jusques à là- mort, et je te donnerai •a la couronne de vie. Regardez, chrétiens, à ce grand c jour auquel Jésus-Christ viendra avec les millions « d'anges citer tous les hommes, devant son tribunal, tt Percez tous les siècles, car il ne faut ici rien de « froid ; Dieu, qui nom» a donné de bien autres >lu«

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a mières, attend de nous des résoltttions plus hautes.

« Pensez à la présence de ce Sauveur, qui fera le « bonheur et la joie de celui qui lui aura été fidèle, et Souvenez-vous, frères bien-aimés, dans le désastre a de i iLglise, qu'il n'y a point d'asile Bsmïé que Tina nocence. Si par la vanité des honneurs vous abanc( duiiiiez Dieu, Dieu vous livrera és imms des fc hommes; mais si, par la craiote de Dieu, vous a méprisez les menaces des hommes, Dieu vous <c délivrera de leurs mains. Si, toujours innocents et a fidèles à Dieu, vous faites ses affaires sur la terre, a il fera les vôtres dans le ciel. Disons tous d'un « çœur sincère : Nous te suivrons partout^ fût-ce même m à la mari. Sainte résolution, que vous nous êtes « chère, et cfue nous vous chérirons dans les cieux ! a Surtout soyez saints : ce n'est plus le temps des «divertissements et des plaisirs... Jeunes gens, a rachetez le temps, car les jours sont mauvais. Et « vous, jeunes enfants, qui nous ooAt&i tant de voeux « et de chagrins, soyez bénis au nom de notre € Dieu, et que puissiez-vous être par sa grâce la « bienheureuse semence de TÉglisel...

et Dans ce désastre, nous prierons comme vous : « noiis sommes toujours vos pasteurs. Oui, le dernier « jnoment de ma vie, qui, dans mon pieux deesein, « eût été le dernier de mon ministère parmi vous, « .çera le dernier de mon amour. Jérusokin, h jt a f oublie, que ma dextre s'oublie. Sainte famille de tt mon Père, cher héritage de mon Dieu, sacré trou* a peau de mon divin Maître, si je ne vous préçhe

« dans ce lieu, je vous rassemblerai dans mon coeur;

« si je ne vous bénis de cette chaire, je vous bénirai «c dans mon cœur» et là tous ferez le principal sujet « de ma joie ou de ma tristesse, l'unique sujet de « mes prières et la continuelle matière de mes vœux « ardents. Les heures qui étaient destinées à vous « prêcher le seront à prier et à conjurer le ciel pour « attirer ses grâces sur vous. Ët toi. Seigneur, je ne « te laisserai point que tu ne les aies bénis. Bénis « cette vigne, que ta main a daigné planter, les en- « fants de ces généreux pères qui ont donné leur a sang pour ta querelle, i\m te seront fidèles. Père <K saint, garde-les en ton nom! Seigneur Jésus, ne « permets pas que les portes d'enfer prévalent contre a eux. Et toi, Esprit-Saint, auteur des lumières et « des grâces, remplis-les de consoiatiou et de sain- <K teté. 0 notre Dieu! que pas une brebis ne périsse ! « Oh! que pui>sions-rious, à ce grand et dernier « jour, les voir toutes à la droite de Jésus-Christ, et <p qu'ils soient notre joie et notre couronne en la jour* « née du Seigueur! Amen (i). »

Dans les dix années qui ont précédé la révocation, les sermons offrent peu de traces des convulsions qui agitaient alors l'Église. Les circonstances les plus graves, les situations les plus critiques n'avaient pu iaire sortir l'éloquence de sa réserve : je ne connais point d'exemple d'improvisation à cette époque. I^s

(i) L'auteur ajoute : «• Ala fin, lire le PiauneCV eu prose, » et tprèe la furière : ■ Faut lire le Pnume LXXIV et GXXXVU en prose.

JBAN CLAUDE. 339

temps les plus tranquilles n'ont pas une prédication aussi méthocUque, une éloquence aussi contenue. Les pasteurs sentaient que leur Église ne pouvait se soutenir que par la science; aussi ne montaient-ils jamais en chaire sans s'être soigneusement préparés. D'ailleurs ils étaient surveillés et devaient souvent produire leurs discours. A mesure qu'on approche de 1685, l'émotion se trahit plus fréquemment, mais empreinte toujours de retenue et d'une gravité calme. C'est ce calme lui-même et cette réserve qui sont éloquents.

Nous en avons trouvé un exemple remarquable dans un sermon prononcé en septembre 1682 par Jean de La Porte, au dernier synode des Oévennes, sur les paroles de Paul aux anciens d'Éphèse : El maintenant f?aicf , étant lié par fEsprity je m'en vais à Jiruiakm^ etc. (Actes, XX, ââ-S4.) Il vient de rappeler à ses frères dans le ministère que les conducteurs des troupeaux sont toujours les premiers et les plus rudement attaqués, et que le temps ap* proche sans doute où ils en feront l'expérience.

« Ce n'est pas, ajoute-t-il, que notre grand et « triomphant monarque n'ait toujours pour nous, a aussi bien que pour tous ses autres sujets, des a^ « fections de père, et que sa parole royale, qu'il a « bien voulu nous donner, et sa clémence et sa justice « qui, après Dieu, ont été par le passé notre seul « appui dans le monde, ne nous assurent encore pour « l'avenir qu'il continuera à nous couvrir des rayons « sacrés de son autorité et qu'on ne viendra jamais

3^0 JIAN CLAUDK.

« à user d'aucune violence contre nous, que sa bont^ « et son équité oatureUe n'oimevt iucontineot ae» <K yeux et ses oreilles à nos pleurs et à nos plaintes. « Mais nous avons ce malheur que les ennemis de « notre religion lui en font des portraits si désayan» « tageux qu'on ne doit pas trouver étrange si, dans « la créance où il est que nous sommes hors de la « véritable Église et dans un chemin de perdition « et de danuiation, il veut bien (ju'on s'emploie à « nous convertir, comme on parle; à quoi, par un « mouvement de son amour et de sa tendresse envers « nous, il n €ut^d pas qn*il se mette en usage que des «( voies de doaoenr, comme il vient de s'en expliquer.

tf Mais, grand roi, qu'il me eoit pemris de vous « parler ici et d ouvrir tout mon cœur à Votre Mate jesté, l'image la plus expresse du grand Dieu vi- « vant que nous adorons tous. Hélas! qu'au préjudice

de vos royales et paternelles intenticms et de vob « déclarations mêmes; hélas! que votre peuple, « votre pauvre peuple réformé, va voir bien des <t choses 1 Nos biens et nos vies mêmes sont à vou^^ « et notre plus grande gloire sera toujours de les « donner pour votre service. Mslïs notre conscience, « qui ne peut reconaaitre d'autre supérieur que Dieu^ « nous obligeant, pour n*être pas des malheureux « hypocrites, à nous tenir où nous en sommes, que « ne feront point, pour tâcher à nous ébranler, des a gens animés et poussés de la cit^auce et du désir « de faire une bonne couvre et à qui leur reiigioa « permet des voies et des méthodes qu'ila appdient

IIAM CLAUOB. 3èi

« communément fraudes pieuses? Ha! Sire, qu'il K nous soit permis de craindre^ quaud nous voyous « qu'un grand orage va fondre sur notre sainte « religion, que nous croyons n^être en effet et qui a en elTet n est autre chose que l'Évangile du Fils « de Dieuy qui nous sera tonjour» mille fois plus <c cher que la vie.

« Ki vous, saints et bieu-aimés pères et frères, qui « allez soutenir le premier et le plus rude choc, en « cas qu'il plaise à Dieu de mettre nos Églises dans « les épreuves que nous avons lieu d'appréhender, « armez-TOUs d^un courage et d'une patience invin- « cibles, ne faisant cas de rien que de votre devoir. « Évitez autant qu'il se pourra qu'on ne vous fasse « des affaires; tenez-yous cois et rachetez le temps, a Mais si, nonobstant tous les ménagements d'une ic sainte prudence, il arrive qu'on vienne à vous în- « quiéter et même à vous faire un crime capital d'une « chose très innocente, comme cela est déjà arrivé ff à quelques-uns de vous, faites état qu'alors vous te êtes liés par TEsprit, que c*est là votre vocation, « et qu'en l'état où sont aujourd'hui les affaires, « vous ne pourriez sans lâcheté et sans trahison a abandonner le poste où vous a mis la sage Provi- « dence. Quelle honte aux pasteurs qui fuient dans « cette occasion et cherchent le calme pour eux, « tandis qu'ils laissent leurs pauvres troupeaux expo> « sés à la tempête 1 Pitoyable et criminelle conduite 1 «( conduite, à mon sens, d'un vrai mercenaire, c'est* tt àhdire d'un laux pasteur, le bon berger ne pouvant

ISAH CLAUDE.

« pas, dans un temps comme celui-ci, se séparer « de ses brebis, quelque danger qu'il y ait pour lui a à demeurer auprès d'elles. Oui, ministres du Sei- « gneur, le seul bon parti que vous avez à prendre « est de vous bien munir contre la tentation et de « l'attendre de pied ferme, priant toujours le Seigneur « qu'il veuille vous fortifier et vou» revêtir de la ce vertu nécessaire de son Esprit, en sorte que vous ce puissiez souffrir paisiblement et avec joie tous les <c outrages et tous les maux qu'on pourra vous faire « à l'occasion de l'Évangile. »

Tels se montraient constamment alors les membres persécutés de la Réforme française : toujours soumis et résistant à toutes les provocations par lesquelles ou cheicliail à les pousser à la révolte.

Les sermons de Claude ne sont pas ceux de ses

ouvrages qui lout le mieux juger de sou mérite. Son génie éminemment théologique se trouvait à Tétroit dans la prédication, qui de tout temps a eu quelque chose de conveuUounel et de gênant; mais dans ses écrits de controverse, dans sa Béfeme de ia Réformatim en particulier, il se meut avec plus de liberté et il s'élève quelque lois à une vraie éloquence. L'action la plus profonde de ces hommes de lutte étiiit dans les débats de controverse. Les livres sont leur terrain.

Claude dédaigne tous les ornements oratoires. Cela

était dans sa nature; mais on peut y voir aussi une protestation contre la rhétorique brillante qui me-

naçait d'e^^;llli^ alur;^ la chaire réformée, comme elle avait eavahi déjà la chaire catholique, et à laquelle Gâches sacrifiait quelque peu. Uo mot de Claude, que nuub avons cité déjà, noui> montre qu'il comprenait le danger : « Nous ne regardons plus, ce dit-il, la parole que dans une seule vue, qui est « celle de notre divertissement, et désormais ce n'est «c plus à la conscience qu'il Êsiudra prêcher, c^est à a l'esprit et à l'imagination (i). » C'est, croyons-nous, la première fois que cette plainte se fait cuteudi'e dans la chaire. Claude n'y a jamais donné lieu; il n'a pris du siècle de Louis XIY que ce qu'il en fallait prendre.

On ne croyait pas alors que le prédicateur dût être orateur. Son atiaire était d'exposer clairement la vérité, comptant sur cette vérité elle-même et non sur ses paroles pour faire impression dans les âmes. De là le calme qui nous frappe dans la prédication de cette époque. On croirait, à l'entendre^ que ces ministres étaient bien dotés, soutenus par TËtat, protégés par les mœurs et placés dans une position des plus paisibles; et cependant ils prêchaient dans des temples qui le lendemain pouvaient être démolis.

Ce calme s'explique en partie par la gravité du dix-septième siècle. C'était une gravité surtout exté» heure, un certain respect de soi-même, un sentiment des bienséances, qui se montraient dans le langage et dans la littérature (la comédie exceptée), et qui tenaient cerlamemeut à un ensemble de mœurs. La

(1) Xa PûraMe de» nou», (SermoD II.) Page n.

dkk mu CLAUDE.

bienséance seule aurait interdit aux prédicateurs protestants un style emporté, une éloquence échevelée et tumuituaire; mais ils en étaient surtout éloignés par le profond sérieux qui chez eux s'ajoutait à la gravité, sérieux de conviction et de position. Le travail d érudition, qui se mêlait pour eux aux débats les plus animés, influait nécessairement aussi sur la forme de leurs écrits. Souvent leurs dissertations théoiogiques sont de véritables pamphlets, et cependant là encore on retrouve un ordre très exact et une régularité extrôrae. Enfin le caractère de la Réforme française est la dialectique. C'est sa méthode et sa force. Or la dialectique ne peut se concilier qu'avec un certain degré d'éluiiuence.

Celle de Claude et des prédicateurs contemporains est donc, et par tous ces motifs, calme, peu animée, impassible. Le bruit de la persécution n'y a pas pénétré. L'émeute gronde autour du sanctuaire; mais au dedans tout est tranquille, et l'on y étudie en paix un texte minutieusement disséqué. Ces discours deviennent éloquents par ce contraste même, qui nous remplit d'émoi iuu et de respect : c'est une éloquence de contre-coup.

Claude a laissé, parmi ses œuvres posthumes, un Traité de la composition d un sermon, dont la lecture offre un intérêt pratique, par les excellents conseils qu'il renferme, et en même temps un intérêt histo* rique, en ce qu'il constate les idées du temps sur la prédication. Ce n'est pas un traité complet d'homi* lé tique. L'auteur traite successivement de la con-

IBâN CUUDB. d4&

neition, — de la division du discours, — du choix des textes, — de la tractation (par voie d'application, d'observations, d*appIication perpétuelle et de propositions (1), — enfin, de l'exorde et de la conclusion.

Claude ne s'élève pas dans cet ouvrage aux prin« cipes, aux idées générales : il les suppose. Ce qui le distingue, ce sont des sources d'invention, « des ce règles particulières, qui mènent pour ainsi dire <c par la main, » comme dit Tédileur de ses OEuvre$ p^ukumei (â), et puis un grand nombre d'exemples on d'applications de sa méthode^ des serfnons presque tout entiers. Le long chapitre des sources de l'invention (3) en renferme vingt-sept. Nous en indiquetonâ quelques-unes : S'élevor do Tespèce au genre; — descendre du genre à l'espèce; — observer les divers caractères d'une vertu ou d'un vice; — considérer les relations d'une chose à une autre; — voir les suppositions d'une chose (« une alliance suppose deux ut parties ^tii traitent ensemble; une victoire suppose te des ennemis, des armes, un combat, etc. »);— réfléchir sur la personne qui parle ou qui agit;— réfléchir sur l'état de celui qui parle ou qui agit ; — considérer les circonstances du temps, du lieu, les personnes à qui l'on patle od envers qui l'on agit, létir état partîculiér; — comparer la parole ou l'action avec d'autres semblables; — considérer les différeiièes d'agir et de parler en différentes occasions;

(1) Voir ce qui a été dit de ces méthodes, pages 295-298» du présent volume.

(Éditeurs.)

(2) Préface, page X.

(3) Pages ttl-m do tome l«'d«t Œmvrei poitkumêt»

34Ô JTBAN CLAUDE.

faire des suppositions; — réluter los objections, etc.

Il y a là quelque chose qui parait séduisant au premier abord; mais c*est une séduction dangereuse, surtout pour des commençants. Loin d'éveiller la pensée, cela peut désaccoutumer de penser; loin de favoriser Tinvention, cela peut en étouffer le germe. Roques, dans son Pasteur évangélique, fait à ce propos une réflexion pleine de justesse : « Ën général, ditril, ce toutes ces sources ne servent qu'à faire croire c( qu'on peut tirer des réilexious de tout, pour en a composer un corps, qui ensuite n'a rien d'assorti a ni d'uniforme, où Ton trouve bien, à la vérité, de « beaux morceaux, mais où Ton ne découvre ni but, « ni liaison particulière. Celui qui est instruit de a rÉcriture sainte, qui connaît le cœur humain et « son troupeau, n*a qu'à réfléchir attentivement sur « la proposition principale de son sujet, et il décou- « vrira assez de matière; surtout, il découvrira avec « facilité ce qui convient particulièrement au sujet « qu'il a choisi (i). »

Chaque sujet doit, en effet, dicter sa méthode. S'attendre à la trouver quelque part toute faite, c'est s'exposer à bien des désappointements. On est bien plus maître de ce qu'on a trouvé soi-même.

On peut comparer le prédicateur avec le médecin, à qui chaque maladie, quoic^ue générique, c'est-à-dire commune à plusieurs individus, apparaît comme individuelle et unique. Généralement parlant, un texte, un siget n'est égal qu'à lui-même, et il ne faut pas tant

(1) P«ge ST6.

iSAK GULCDK. 3^7

y voir un problème à résoudre, une difficulté à touruer, qu'un clieimn à parcourir, pas tant un but qu'un moyen. Cest ce point de vue qui doit dominer jusque dans les sermons que nous iaisuas à titre d'exercices.

Le livre de Qaude a eu sans doute une grande influence, et on peut lui attribuer en partie ces prédic^ations à lormes banales, à méthode facile, qui se ressemblent toutes dans leur fadeur et leur nullité; toutefois, ces réserves faites, nous pouvons en recomman* der la lecture : on y recueillera beaucoup d'observations importantesi beaucoup d'idées justes» sagaces» qu'on ne trouverait pas chez un rhéteur et qui sont le fruit de Texpérience. Eu voici une qui nous a frappé :

a Ën matière de religion* et de piété, n'édifier pas « beaucoup, c'est détruire. Un sermon froid et pau- « vre foit plus de mal dans une heure que cent «c beaux sermons ne sauraient foire de bien. Je vou- « drais donc, non qu'un prédicateur fît toujours ses m derniers efforts, ni qu'il prêchât toujours également « bien, car cela ne se peut ni ne se doit : il y a des c occasions extraordinaires pour lesquelles il faut ré- « server toutes ses forces; mais je voudrais au moins ff que, dans ces actions ordinaires et médiocres, il « y eût un certain degré de plénitude qui laissât « l'esprit de l'auditeur content et rempli. Il ne fout « pas toujours le porter hors de soi-môme ni le ravir « en extase; mais il faut toujours le satisfaire et le « maintenir dans Tamour et dans le désir de pra- « tiquer la piété (i). »

(I) ŒuonÊ pofl&tMMf, tome I**, page iM.

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