I. Lêê frots fléaux propaés à Ikmd, — I. Qael
crime de David avait provoqué la colère de Dieu?
# (La réponse à cette question nous fournit un exemple remarquable de développement. )
Cette action fut criminelle par son motif. Combien l'orgueil est odieux à rÉtemel. — C'est le plus grand des péchés. L'orgueil veut détrôner Dieu. L'orgueil prend occasion de la vertu même. — L'orgueil était particulièremaoït odieux en David, élevé de si bas. —
^ Son orgueil fut accompagné de mensonge, car il avait protesté de son humilité dans des psaumes qu'il faisait chanter à tout le peuple. — David était un juste, mais c'était une raison pour que Dieu le chà* tiât plus sévèrment. «.Car il est certain que les <r péchés des enfants de Dieu sont plus condauma- « bles que ceux des réprouvés et des esclaves du • diable. Ceux-ci n'offensent que leur maître, mais « ceux-là outragent leur père; ceux-ci ne sont que € des sujets rebelles, mais ceux-là sont des enfents « dénaturés et barbares; ceux-ci n'abusciU que des « dons de la nature, mais ceux-là profanent misérac blement les dons de la grâce. Et comme un Judas « est bien plus aboniHiable que Pilate!... Comme ce ce premier César, lorsqu'il fut assassiné dans le it sénat, souffrit tous les coups de ses meurtriers a sans dire mot, avec une fermeté digne de son « courage; mais quand il vit Brutus, ce Brutus qu'il « chérissait tendrement et qu'il nourrissait dans sa «c maison, quand il le vit lever le poignard avec les « autres pour le frapper, il ne Ait plus le maitre de
« sa douleur, ses entrailles s*émurent et il lui dit tt d'une voix mourante : Ët toi aussi» mon fils! Oa « peul dire que Dieu sent les mêmes émotiom « quand il se sent attaqué par ses enfants, et que « ceux qui sont non-^sealement reçus dans sa maisoD, « mais destinés à régner un jour sur son trâne, c viennent à lui porter i épée dans le sein par leurs ff rébellions el par leurs pécbés. Et comme un seul « Jouas, fuyant sa commission, le lâcha plus que «c tous les idolâtres qui étaient dans le navire (car « la tempête ne s'éleva que pour lui seul), de même « un seul ûdèle honoré de railiatice de Dieu 1 aiilige « plus» quand il viole sa loi» qu'une troupe de pé*- « cheurs ensemble. » Ne vous étonnez donc pas si David, qu'il avait comblé de mille grâces, venant à commettre contre lui le crime de félooie, rÉtemel ne peut soufifrir une telle indignité sans le châtier rudement.
Dieu ne veut pas, du reste, chAtter seulement David» mais le peuple. Le courroux de Dieu était déjà adiumé» quand David voulut compter ses sujets. Crimes du peuple. Rien n'avait retenu le courroux de Dieu que la piété du prince.
2. Dieu avertit le peuple par un prophète, au* lieu de le frapper à l'improviste. C'est sa méthode ordinaire. Ainsi a fait Jésus-Cbrist. Dieu en cela ne ressemble pas aux hommes. U ne veut pas perdre ceux qu'il châtie.
Surprise et consternation que dut éprouver David. Au fort de sa sécurité» il est atteint. Abm
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des pécheurs orgueilleux qui braverit et qui pia/fent. Apostrophe aux rois sur la vengeance de Dieu, qui vient à pas de laine.
4. Châtiments proposés; quels sont-ils? quel est ce trident? Ce sont les trois fléaux les plus terribles. L'orateur est malheureusement dispensé de les décrire, ses auditeurs les ayant sous les yeux. Tous étaient propres à humilier et punir David. Application aux hommes en général, selon l'avantage que chacun possède.
5. Je CappùrU. Que ce langage est digne de Dieu! — Cesl à Dieu qu'il faut remonter pour trouver la cause des fléaux, car. c'est lui qui les apporte. Causes secondes; on a tort de ne voir qu'elles.
6. Cependant Dieu, dans sa miséricorde, donne à choisir à David, — pourvu qu'il choisisse à Tinstant. a Ne vous semble-t-il pas voir ce roi de Syrie, cet « Antiochus, à qui les Komains ayant envoyé un « ambassadeur, pour savoir ses intentions sur une « demande qu'ils avaient à lui faire, cet ambasc sadeur, pour l'obliger à lui répondre nettement « et sans refuite, traça un cercle autour de lui avec « son hàton et, par une hardiesse vraiment romaine, « lui dit : Avant de sortir de ce cercle, rends-moi a la réponse que je dois faire de ta part au sénat, a Le prophète Gad traite maintenant de même le roi « dlsraël. Cet ambassadeur du Dieu vivant, plein ce d'un courage digne de la grandeur de son maître, « le presse et l'oblige à répondre sur le champ. « Maintenant, maintenant^ dit-il, avant que tu sortes
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a (le ma présence^ avise et regarde ce que je répondrai «( à celui qui m'a mwyé. »
II. Le choix que fil David. — 1. Cruelle situaiiou dans laquelle il se trouvait. Est-ce que le prophète n'aurait pas pu lui aider à sortir de peine? 6ad ne faisait que ce que Dieu lui avait ordonné, et Dieu Youlait, à eetie oocasiony faire éclater en David r esprit de sa grâce.
2. Si David eût consulté la chair et le sang, il eût choisi autrement : la guerre et la iamine lui eussent mieux convenu que la mortalité. Il montre, dans le choix qu'il fait, le caractère d'un bon roi, attaché à ses sujets, dont il ne veut pas se séparer, et judicieux politique, le caractère aussi d'uu vrai tidèle; car on voit son zèle pour la gloire de l'Ëtemel (les ennemis eussent triomphé du Dieu de David dans l'un et l'autre des deux premiers ûéaux), sa repentance et son amendement, en ce que la maladie dispose mieuA 1 ànie que les deux autres fléaux; sa foi enfin, qui lui fait prendre assurance dans la miséricorde du Père céleste. Comme il juge bien de Bien et des hommes! Il avait fait l' expérience de tous deux.
Quand l'Apôtre dit aux Hébreux que c'est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant (Hébreux, X, 31), cette sentence ne sembletrclle pas répugner au jugement de David? Nullement. L'Apôtre n'entend parler que de ceux qui tombent sans repentance entre les mains du Dieu des vengeances; mais, dans la disposition de la repentance,
rien n'est si doux que de tomber entre les mains charitables et pleines de grâces du Dieu vivant. Application.
Le sermon qni suit immédiatement celui-ci dans
le môme volume, La Voix de la verge divine (i), ne fut prêché que dix-huit ans plus tard, en 1680.
Texte : Écoutez la verge et eehU gui fa asiignée. (Michée, VI, 9.)
Exorde. Voû» un antre prédicateur que ceux que TOUS entendez à l'ordinaire. Les prophètes et les apôtres n'ayant pas été écoutés, la verge des vengeances de Dieu pr^id la parole, et c'est ce prédicateur qui va aujourd'hui même vous parler par notre bouche.
Division : L Le sujet dont il est parlé dans le texte : la verge et celui qui Va assignée,
IL Le devoir qui est prescrit : d'écouter.
\. i. La verge. Discussion exégétique sur le mot verge. Définition de cette verge : ce sont les châtiments dont Dieu visite les hommes.
Trois espèces de vérités : de correction, — de punition et de vengeance, — de destruction.
« Ce sont ces trois verges que le prophète Michée a représente ici aux Juifs. Depuis plusieurs années, « ils avaient senti la verge de correction , qui les « avait châtiés de leurs égarements et de leurs fau- « tes; ils avaient même éprouvé la verge de puni- « tion, qui les' avait battus rudement et (jui, depuis
(1) Sermmê sur divers textes ctntvenablcs au temps. Tome UI» pages 7 (-123.
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« David et Salomon, leur avait fait quantité de plaies « grandes, larges et profondes. Car leur royaume
< avait été déchiré par un déruembreuient déplo* «c rable» affaibli par des accidents et des révolutions « funestes , épuisé par des guerres sanglantes et a crueiie3, foulé aux pieds par tant d'ennemis qu'à « peine pouvait-il se soutenir dans ce triste état. H « ressemlilait jnoprcmciiL à un pauvre vieillard, qui, a cassé d'années y d'in£u:niités et de maladies, se «c tcaine, comme il peut, sur un bâton qui Tappuiey « paraît tout courbé et tout tremblant et tout pena ché vers la terre, où il doit bientôt tomber pour a y être enseveli dans la poudre. Même du temps de a Miellée, ces malheureux enfants d'Abraham avaient « déjà senti la verge de destruction; car une partie, c la plus grande partie même de leurs tribus était entièrement ruinée. Dix de ces miscrabies tribus, qui « composaient le royaume de Samarie, avaient été a emmenées captives par Salmanasar Babylone, « pour n'en revenir jamais et pour se perdre dans « des pays éloignés, sans laisser nulle trace de leur « postérité dans le monde, comme la poudre qui est « chassée par le vent se perd eu lair, sans qu'on « sadie ce qu'dle devient. Les deux autres tribus « qui re.slaical dans la Judée étaient menacées du « même désastre, et elles l'éprouvèrent efifectivement « quelque temps après. Leur ville fîit l»^ée , leur a temple réduit en cendres, leur république renver- « séC) leurs habitants égorgés, à la réserve de ceux «t qu'on chargea de chaînes, pour les mener en
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et triomphe dans un pays étranger et idolâtre, où ils
« pleurèrent leurs péchés toute leur yie, sous un joug « insupportable. Yoilà la verge que le saint prophète « leur propose, la verge qui les avait châtiés si long- «c temps, la verge qui les avait déjà détruits en partie, <c la verge qui les menaçait d'achever bientôt le reste. »
Application à l'auditoire, qui demande : De laquelle de ces verges sommes-nous lrappé3? — Cest à vous à répondre, et votre réponse dépendra de Tétat de vos cœurs. Si vous vous repentez, c'est une verge de correction. Examen de conscience. Exhortation, encouragement.
2. Celui i^ui Ta assignée, — C'est lui qui assigne les châtiments, car il en est véritablement Tauteur; soit qu'il s'y emploie véritablement lui-même , ou qu'il y emploie ses anges, ou les hommes, les bêtes et les éléments, c*est toujours lui qui assigne la verge; c'est toujours à lui, comme à la cause première, qu'il faut que nous remontions; — et il ne feut pas, dans nos maux, nous attacher aux hommes, pour nous venger et nous plaindre d eux; car ils n'ont été que des verges entre les mains de Dieu.
C'est lui qui assigne le temps et la durée de nos maux, a Là-haut, dans le ciel, il y a une horloge « immanquable, dont les ressorts sont montés de « toute éternité , pour marquer les mmutes et les «c moments de toutes choses, et il n'arrive jamais <c d'affliction ici -bas dont elle ne sonne l'heure a et ne désigne le temps. » — Quels que soient le temps et la durée de ces châtûnents, comme aussi
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leur nature» il faut y prendre garde, il faut écouter.
II. Puisqu'il faut écouter la verge, c'est donc qu'elle park. Ea eilet, tout parle, et tout parle de Dieu, — excepté rhomme, qui est fait pour parler.
La verge de Dieu parie :
^^ De nos péchés, pour nous y faire penser. La prospérité nous fait illusion sur ce sujet, mais l'adversité rompt ce silence. Exemple de Saûl (1 Samuel, XY, 23, 24) et de David. (Il Samuel, XII, 10-30.)
2**. De kl haine de Dieu pour le péché. Tant qu'il ne frappe pas, celte haine ne paraît pas, on n'y croit pas, on ne la sent pas; « mais nonobstant ce silence a mystérieux et concerté des foudres du ciel, Dieu « ne manquera pas pourtant, tôt ou tard, à leur faire « porter les peines de leurs impiétés et de leurs « folies. » 11 frappe le péché, même et d'abord dans ses enfants.
3**. Les verges de Dieu parlent de repentance. « Cest là proprement leur cri, c'est là précisément « leur discours. » Car quand Dieu frappe, son premier but est d'amender.
La verge parle donc; mais éeautons'uous? L^exhortation même du prophète suppose que nous n'écou* tons pas. Surdité volontaire, prulonde, inouïe; mais surdité funeste, car si nous n'écoutons pas, nous mourrons. Il faut donc écouter; mais comment?