Entre Moïse et Jésus-Christ
L Différents sens du mot loi dans l'Écriture sainte. Il signifie ici ; toute l'économie de TAncien Testament.
La iui a été donnée par Moïse, c'est-à-dire qu'elle a été donnée de Dieu j>ar le ministère de Moûse.
Ce qu'elle comprend : loi morale, cérémonielle , judiciaire, et quelques prome&ses (prémices de l'Évangile).
Le nom de grâce signifie bienveillance, faveur.
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douoeur, miséricorde^ don gratuit. Tout l'ËvaDgile est grftce dans tous les sens. « J'avoue que dans cet
« Évangile il y a encore des lois, des préceptes, des « menaces qui lui sont propres, outre celles qu'il ce emprunte de la loi. Mais chaque chose doit prendre « î:un nom de sa partie principale; et comme dans « l'Évangile les clauses et tout le génie de l'alliance « nouvelle ne respirènt que grâce et cpi'amour ; que a ieâ menaces n'y sont semées que loin à loin, et ne « sont proprement que contre ceux qui rejettent « l'Evangile, il n'est pas étonnant que tonte i allitinee « nouvelle, toute la révélation de Jésus-Christ porte « le nom de grâce. Gela supposé comme le fonde- « ment de notre discours, a Dvons à présent comment « la loi a été opposée à la grâce et combien la grâce « remporte sur elle (i). »
La loi est un ministère de rigueur et de condamnation par rapport à l'Évangile. Cela se voit :
Dans les miracles qui se firent pour rétablir et pour la faire observer (2);
V Dans la manière dont la loi fut donnée ;
3** Dans les clauses et les conditions de Talliance;
4" Dans la sévérité des peines des coupables.
« Joignez à cela que la loi ne parlait point par « elle-même de repentance, de ressource pour le péa clieur, de planche après le naufrage, de pardon «c ni de rémission. Sévère et inexorable, elle n'écou- « tait plus l'homme dès qu'il avait péché. Elle pro-
(0 Tome lil, page 3 M.
{1) Céla est trop absolu ; il y eut aussi de» miracles d*UD tout autre caractère.
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« mettait tout à Pinnocence, mais elle ne connaissait « point d'autre voie pour arriver au bonheur. En (T yaîn chez elle les larmes, la confession du péché, « la résolution de mieux vivre ; tout cela auprès d'un « Dieu non apaisé, d'un juge rigoureux revêtu de «c tous ses droits et attaché à la rigueur de ses pro- « près arrêts, faisait bien la conviction du coupable, « hâtait son procès et sa sentence, mais ne pouvait « lui procurer Tabolition et le pardon du crime une a fois commis. J'avoue qu'au milieu de celte nuit de « la loi, je vois souvent briller des rayons de misé- « ricorde; j'entends des promesses de grâce, j'enc( tends des confessions du péché, je vois des larmes « de repentance qui coulent des yeux et du cœur c< des fidèles, ^lais, comme je Tai déjà dit, c'est par « d'autres motifs que par ceux de cette économie; « c'est que les fidèles, renonçant à la loi, recouraient « à la grâce. Cependant, comme quelques ëclaij s ne « dissipent pas la noirceur d'une profonde nuit, et « font même trouver, lorsqu'ils sont passés, !a nuit « plus obscure qu'auparavant, et comme quelques <c gouttes de rosée sur un petit coin de terre ne suf- « fisent pas pour abreuver une vaste campagne al- « térée, brnlée des ardeurs du soleil : aussi les méce langes de la grâce n'empêchaient pas cet air de « rigueur régnant et prédomuiant dans la dispensa- « tion légale (1). »
II. a Dans la création de l'univers, les ténèbres «c précédèrent la lumière; le chaos confus et la terre
d38 DàMEL DS S|}P£aVlLLB.
a sans forme et vide furent devaal le monde formé, « arrangé dans cette belle sycoétrie où noiift le a ToyoTis. Il est arrivé quelque ofaose de semblable tt (iaus la créalioa du nouveau monde qui est l'Église. « Les ténèbres et les cNOdbres de ia loi omi précédé cf la lumière de la grâce. On a vu le mélange, si je <x puis ainsi dire, du ciel et de la terre» avant que de « voir les nouveaux cieux et la nouvelle terre dans 4L ce bel ordre que nous admirons. Uéconouiie lécr gale, mêlée de cérémonies chamelles et de pré* «r ceptes spirituels, de promesses terriennes et de a pruiiicsses célestes, a devancé l'Évangile ; la grâce « n'a plus été cachée ni la vérité voilée : La vérilé « est avenue par Jésus-Chrisl (1). •
Nous ne dirons pas à combien d'égards l'Évangile peut être appelé la vérilé^ nous arrêtant seulement à ce qui se rapporte au but de saint Jean, dans l'opposition qu'il fait de la loi à l'Évangile.
I. Vérilé s\gn\ûe aecompliisemenL Les Juib avaient des promesses que l'Évangile réalise.
â. Vérité signifie réalité^ la solidité d'une chose par rapport aux ombres et aux figures. « Gomme « l'ombre reçoit la forme du corps et qu'elle en dé*
pend, c'a été sur la vérité des choses de l'Évangile « que Dieu a formé les types et les cérémonies de la ce loi. Comme Fombre a bien quelque figure du corps, « mais inégale, obscure, grossière, imparfaite, de « même la loi n'a représenté les cbosiss de l'Évangiie
que faiblement, grossièrement^ obscurément. Les
^0 Tome n, page 3M.
a ombres se meuvent, s'arrêtent, se tournent selon a les mouvemente du corps qui les forme ; mais avec « cette apparence d'action, elles n*ont pourtant en a elles-mêmes ni vie ni réalité. Ainsi les cérémonies, « les figures mosaïques pouvaient bien avoir quelque cr vertu par rapport à la vérité qu'elles représen- « taient; maison elles-mêmes elles étaient destituées a de loroe et d'efficace pour vivifier et pour sauver « rhomme. Enfin comme, dès que le soleil frappe à a piomb sur nos têtes et jette également et perpen- « diculairement ses rayons derrière et devant nous, ce à droite, à gauche, de tous les côtés, nos corps ne « forment plus d'ombres, elles disparaissent : ainsi, « depuis que par l'Évangile Jésus^hrist, le soleil de « justice, s'est levé pour nous dans son midi, nous « frappant de toutes parts par sa lumière, les ombres « légales ont disparu {\). »
3. Enfin, la vérité se prend pour la perfection d'une diose« «i La Un n'a rim amené à perfeciian; mais « l'Évangile a perfectionné tout ce qui paraissait en « quelque sorte défectueux. On pouvait trouver dans « la morale de Moïse quelque chose d'imparfait, que « IMen avait voulu tolérer pour un temps à cause de c< la dureté du cœur des Juifs, comme la loi du di- « vorce, la polygamie, la loi du talion, certaines « vengeances permises en certaines occasions; comme « encore les différences trop grandes que les Juifs m faisaient entre un de leurs compatriotes et tous les « étrangers, ne se croyant obligés à l'égard des Gen-
5%0 DANIEL D£ SUPBRVILLB.
« lils à aucun des devoirs presque de rhumanité. « Mais la morale de Christ coudamnant la polygamie, « le divorce^ la rétribution du mal, prescrivant para tout et onvcM's tous une charité pure, vive, tendre, (c univeraelle, une patience à toute épreuve^ a porté « véritablement les choses à la perfection. La loi « de Moïse semblait représenter la Divinité comme « partiale en quelque sorte, s'il m'est permis de « parler ainsi, n* ayant d^amour et d'égard que pour a un seul peuple, un peuple si pelit, si méprisable » en soi qu'il était comme inconnu même aux nations « voisines et aux historiens païens. Cependant il « semblait faire toutes les délices de Dieu : Il avait « dormi ses ordonnances à Jacob et ses statuts à Israël; « il n'avait pas fait ainsi à toutes les nations. Je cornet prends, à la vérité, que Dieu est libre et qu'il peut «t faire grâce à qui il veut. Je comprends que, ne devant rien à des hommes pécheurs, corrompus, « il a pu laisser marcher pendant longtemps la plu- (c part des peuples en leurs voies. Je conçois surtout « que la distinction et la séparation du peuple juif <K d'avec toutes les autres nations étant utile et né- « cessaire pour faire mieux connaître un jour le (c Messie, né dans un peuple si singulier, si bien a caractérisé, si séparé d*avec les autres, cette dis* « tinctîon a été parfaitement sage par rapport à Jé- « sus*Christ qui devait venir. Mais qu*en soi-même <r et pour toujours ce Dieu qui nous dit qu'il est bon « envers tous^ qu'il na point ^acception de persowMj « ce Dieu qui a formé d'un seul sang tout le genre hu-
DANIEL DB SUP£aViLLB. 5^1
« main, put se cacher à toute la Icrrc, hors à la Ju- «( dée, et n'éteodre pas plus loin sa révélation que a les bornes étroites de la Palestine, ah! c^est ce « qui était impobbible! C'était donc une imperfection ce de l'alliance légale de ce qu'elle était si bornée, « si resserrée; mais aujourd'hui PalHance de grâce « et de vérité esX salutaire à tous les hommes {i). »
IIL Moïse et Jésus-Christ. — La prééminence de Moïse parmi les prophètes parait :