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De la vertu de Dieu, qui reluit en toutes ses créatures

IL Des effets de son amour, qu'il fait sentir à ceux qu'il aime et qui l'aiment.

a Le fondement de cotlL' méditation est que « Dieu, étant ^uveramement bon et parfait, s'aime a soi-même d'un amour infini. Cet amour qu'il se « porte à soi-même est la première source de tout « le bien qu'il a fait à sa créainre. Étant souve^

(0 Dtuxièmf Dicad^- SermoB 1.

PUi^ DU Mouuir* 4^3

« miiiement beau, il a voulu 9e veptéseoier soi» « mâme au monde comme en ud grand tableau où « il a liré les linéameuts et imprimé les traces de « sa vertu. Éfaul souveraiument bon, il a jugé € convenable qu il y eut des créatures auxquelles « il fit sentir les effets de sa bonté* Tout ainsi «f qu*un grand roi, ayant bâti tout de neuf une « grande ville ei superbe, plante au milieu de la ff place publique sa statue en bronze : ainsi Dieu, a ayant bâti le monde, a posé au beau milieu une « créature formée à son image, à savoir Thomme. « Non pas une image immobile et inanimée, comme a celle des rois, mais une image parlante et mou- « vante, qui a des yeux pour contempler ses « œuvres, et un entendement pour les comprenez dre, et une langue pour publier et annoncer sa M vertu. »

h « Toutes les créature^ nous enseignent, et c n'y a rien de muet en la nature...,. Nous que « Dieu instruit par sa Parole, ne devons point être

honteux d'être disciples du ciel et de la terre

(K Que si Adam n'eût point péché, c'eût été là la

seule étude de^ Thomme. »

Ici vient, mais sans beaucoup d'ordre, une caor templation des merveilles de Dieu dans la nature, li s'arrête d'abord au détail des créatures répandues sur la surface de la terre, puis à la terre dans son ensemble; de là il passe aux cieux et à l'univers. 11 relève le parfait rapport de toutes ces choses entre elles. « Les astres tempèrent les élé-

« ments; les éléments nourrissent les plantes; les

« plantes nourrissent les animaux ; les animaux «nourrissent l'homme et lui servent, aûn que ff rhomme serve à Dieu. » Et ce qui met le comble à radmiration, c'est que Dieu a tiré tout cela de rien. La cause même qui éteint notre admiration est un nouveau motif à Tadmiration, c'est que ces merveilles se voient tous les jours. Non-seulement Dieu a créé, mais il gouverne (1) et fait tout concourir à un même but.

Toutes ces merveilles ont surtout un sens et du prix, pour les bien-aimés de Dieu, à qui sa Parole sert do lunettes pour lire dans le livre de la nature.

Combien ces merveilles ne sont-elles pas plus merveilleuses à celui qui les considère du point de vue de rÉvangile : « Le prophète David ayant con- <c sidéré la providence de Dieu, qui a préparé la ff mamelle aux petits enfants, c|ui a formé la lune « et les étoiles, et a assujetti à l'homme les oiseaux « et les poissons, prend de là occasion d'humilier a l'homme, disant : Qu'e$t*ce que V homme, que tu aies a souvenance de lui? et d'exalter la bonté de Dieu, <K lequel a couronné l'homme d'honneur et l'a éta- <c blî sur les œuvres de ses mains. Combien plus

eùt-il admiré la bonté de Dieu, s'il eût consi- (K déré, non-seulement l'homme, mais aussi sa perte versité; s'il eût parlé, non-seulement de la créa- « tion des cieux, mais aussi de la possession des « cieux que Dieu a préparée à ses enfants ; s'il eût

(1) « Il paii les moDdeSi » dit sainl Bernard.

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« considéré, non les fontaines des mamelles, mais « la source de vie étemelle; s'il eût arrêté son «( esprit, non sur la domination sur les bêtes, mais a sur la société avec les anges? »

La terre soutenue par la parole puissante de Dieu, la succession régulière des jours et des nuits» le soin général que Dieu prend de ses créatures, sa libéralité envers les plus vils animaux, deviennent autant de gages de sa fidélité et de sa sollicitude envers ses bien-aimés.

La contemplation de la nature aide aussi au disciple de l'Évangile à reconnaître la petitesse de l'homme au prix de toute la terre : <c 11 est comme « une fourmi en un grand pays. Et cette terre est c fort peu de chose au prix de la grandeur du so- « leiL Et le soleil est fort petit, au prix de la grantt deur de son ciel. Et le ciel du soleil est peu de « chose, au prix de la grandeur du ciel souverain. « Et tout cela ramassé ensemble est comme un rien <c en la présence de Dieu; car du fini, quelque « grand qu'il soit, à Tinfini, il n'y a nulle prc^or-, « tion. Après cela Thomme est si dépourvu de « sens que de venir à s'enorgueillir en la présence c de Dieu, comme quand un vermisseau se reco* o quille devant le soleil. »

L'admiration des fidèles s'accrott par cette considération : « Cest que eux seuls possèdent en bonne a conscience les biens terriens, eux seuls en sont « justes possesseurs, eux seuls mangent le pain de « leur père. »

M % PIERRE DU HOUJK.

Enfin, pour eux surtout, la nature est un ample recueil d'images instructives et de sérieuses leçoos. Après une éniimératioii : « Piùt à Dteu, s'écrie l'oraa teur, que ces créatures servissent seulement a nous ic enseigner, et non à nous accuser 1 »

II. Outre ces enseignements, tirés de la nature, Dieu en donne, par sa Parole, de plus clairs et de plus exprès à ses enfants. A quoi se rapportent ces paroles du texte : Ses hieM^imiê le béniront.

1. DiUérences entre T amour de Dieu pour ses enfants et les amours humains :

a) Ceux-ci sont mêlés de trouble : ce sont des passions ;

5) Notre amour pour nos amis ne les rend pas

meilleurs;

c) Nous aimons les choses que nous croyons boones, et parce que nous les croyons bonnes;

d) Le fondement des amitiés humaines n'est pas ferme, ni toujours .légitime. « Dien aime ses bien -ai- « més à cause de soi-même, v

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