II. La récompense promise
L L'orateur donne Texplication des mots clmdier et invaqmr , et la résume ainsi : « Il nous exhorte a par ces mots de nous adonner au service de Dieu 4c et à la vraie piété » cherchant premièrement ^ et « avant toutes choses , ce qui est de son royaume « et de sa justice. » Puis vient Texplication des mots : jfendanl qu'il se irauve^ ou qu'il est prés : « Il est dit « plus spécialement qu*il est près de nous et en « état d'être trouvé, lorsqu il se manifeste à nous « en sa grâce, par la prédication publique de sa Pa- « rôle, et que, par rétablissement et par la conser- <K va tien de la vraie religion au milieu -de nous y il «c y choisit particulièrement sa demeure. Et c'est « alors que nous sommes plus étroitement obligés
9S UKBML U FAUCBBUR.
« à le chercher et à Finvoquer» parce qQ*alors il ne
a nous faut pas monter au ciel ni descendre en Ta- 4c iHme pour apprendre sa vérilé, ou pour nous ina former de sa volonté^ mais que $a paroh est prés « de nom, en notre bouche et en notre cœur, à savoir « la parole de foi qui nous est préchée. »
Il faut chercher Dieu pendant qu'il est près , parce que plus tard on ne le trouvera pas, ou on ne le trouvera €[u*à travers mille difficultés.
De quelle manière il faut le chercher. Ce n'est pas par des actes extérieurs; c'est par le renoncement au pédié et le rtlùur à Dieu.
1 . Renoncement au péché : non-seulement aux actions de péché, que le mot train semble désigner, mais aux pensées de péché :
« Il ne s'agit pas ici de quelque léger change- « ment. U est question de refaire et de refondre tout ce rhomme, d'en faire, comme dit l'Apôtre, une nou-^ « telle créature, et de le remettre en état d'agréer à c son Créateur. Cest un holocauste où il faut que « toute la victime soit consumée , et la principale «c partie qu'il en demande, c'est le cœur, qui est le « siège des pensées, des passions et des convoitises « de péclié, et là où est ce mauvais trésor ^ d'où, « comme dit notre Seigneur Jésus, l homme mauvais c tire choses mauvaises. C'est ce cœur-là , avec tous « ses desseins, toutes ses affections et toutes ses in- «r clinations perverses, que nous devons quitter, pour « recevoir de lui un cœur net, avec lequel nous puisa sions voir sa face, entre les esprits bienheureux.
MICHVL LE FAUCHEUR. 80
S Car par les pensées ii n'entend pas seulement ce
« qu'on entend vulgairement par ce mot de pensées, « mais la volonté, le consentement , et toutes les mauvaises intentions, et les inclinations à offenser € Dieu, lesquelles il exprime par la pensée, comme c par celle qm est la racine et le premier acte du « péché ; pour nous montrer quelle est et la sainte teté du législateur auquel nous avons à rendre « compte, et celle qu'il requiert de nous, quand il a nous ordonne de retrancher le vice et le péché de « nos cœurs, jusques aux premières et aux moindres « fibres. Les Juifs charnels, comme ils étaient ton* « jours enclins à se flatter en leurs péchés, s'imagi- « naient que la pensée et même le dessein formé « de pécher, s'il ne venait à l'acte extérieur, n'était « pas un péché,* comme nous le voyons en Josepiie, « qui, au douzième livre de ses Antiquités, reprend « Polybe d'avoir écrit qu'Antiochus avait été puni Qc pour avoir eu dessein de pilier le temple de c Diane, parce, dit-il, que ce n'était pas être sao crilége que d'en avoir eu seulement le dessein « et de ne l'avoir pas accompli : ce qui n'est pas c excusable en un sacrificateur comme lui, qui lisait « tous les jours et qui faisait métier d'exposer aux « autres la loi et les prophètes ; comme si la loi ne « disait pas en termes exprès : Tu ne concùiteras point; a comme si les prophètes ne disaient pas : Jérusalem, « nettoie ton mur de ta mahce, afin que tu eois dfé^t* « iTt'fc. Jusques à quand séjourneront en toi les pensées a de nuisance? et comme si la sainteté même, qui
90 HIGBSL U FAUGIRDR.
« déteste si fort le péché en nos bouches et en nos oc mains pouvait Tapprouyer en nos cœurs, ou s*irri- « ter des désordres de notre vie, et ne s'olTeoser ce point de la corruption de notre âme. Contre une et opinion si fausse et si pernicieuse, le prophète « nous dit ici : Que le méchant délaisse son train et « tkomme inique ses pensées. Notre Seigneur Jésus, <c semblablement, quand, voyant les pensées des a scribes, il leur dit, au neuvième chapitre de ce saint Matthieu : Pawrquoi pensez^us mal en vos « eœurs? Et au sixième du même Evangile, compaa rant l'entendement de notre âme à Toeil de notre a corps, il dit que si Vml est maUn, tout le corps sera « ténébreux y c'est-à-dire que si renteiKieioent est enveloppé et offusqué de pensées chamelles, toute « l'âme s*en sentira et ira errant dans les ténèbres a de l'iguorance et du péché, et de tous les malheurs « que Yuu et l'autre apportent aux hommes. Les « saints apôtres toîit de même, comme quand saint « Pierre dit h Simon : Repem-toi de cette tienne malice f a et prie Dieu si possible cette pensée de ton cmr te « serait par donnée. Pensée ! n'y avait-il donc rien en «. son fait qu'une simple pensée? N'y avait-il pas « affection et consentement? N'y avait^il pas résoluce lion, parole et action? Quoi donc! ce grand apô- « tre veut-il exténuer le péché de cet organe du « diable? Nullement. Mais c'est pour lui montrer à « quel législateur il avait à faire, qui ne regarde « pas seulement aux actions et aux paroles, mais « aux affections et même aux pensées. C'est là la ra-
MICHBL LB FAVGBBUn. 91
« cine du mal, et c'est là aussi qu'il met la cognée. « C'était aussi pour lui apprendre quMl n'était pas « question, en sa repenlance, de réiormer seulement « ses paroles et d'amender ses actions^ mais de pur- <i ger son cœur du fiel dont il était rempli. C'était tt lui dire, c'était dire à chaque pécheur ce que dit « le Sage dans ses Proverbes, ce que chaque fidèle « se doit dire à soi-même : Gard^ ton cœur, car cest « la source de la vie. »
S. Mais cela ne suffit pas ; il faut de plus retourner à VÉleriiel.
ce Car, encore qu'il y en ait qui disent, pensant
«f fort bien dire en cela , que la repentance n'est tt autre chose que pleurer les péchés que nous avons « commis et n'en commettre plus que nous ayons « encore à pleurer, si est-ce qu'à dire vrai, ce a n'est qu'une partie de ce qu'il faut faire. Car ce ff n'est pas assez de ne point faire de péchés, il faut « faire de bonnes œuvres. Qui ne recueille point avec « Christy il épard. Ët Dieu ne hait pas moins l'omis* « sion des devoirs qu'il nous a ordonnés que la com« « missiou des iniquités qu'il nous a défendues. Tout Il arbre y dit saint Jean-Baptiste, non-seulement qui
a fait de juauvais li uits, mais qui n'en porte point de « botiSf sera jelé au feu* Kt notre Seigneur Jésus ne « dit pas : Si votre iniquité surpasse celle des scribes « et des pharisiens, vous n'entrerez point au royaume « de Dieu ; mais : Si votre justice ne surpasse la kur. « C'est pourquoi le prophète dit : Que le méchant se « détourne de son mauvais train et qu'il se retourne à
92 HIGBBL LB FAUCHEUR.
« «oji Dteti. Il veut dire que, comme il est passé de
<c la vertu au vice , de la dévotion au libertinage , a delà sobriété à Tintempérance^ de la chasteté à la « luxure, de l'intégrité à la trcîmperier, die.la boulé « à la malice et de la justice à Toutrage, il repasse a de Toutrage à la justice, de la malice à la bontés <K de la tromperie à l'intégrité , de la luxure à la « chasteté, de l'intempérance à la sobriété, du liber- « tinage à la dévotion, et généralement de l'exer- (c cice de tous ses vices à celui des vertus oon- « tr aires. »
Voyons maintenant ce que TÉternel promet.
tl. L'orateur développe successivement : Il a pitié de nous, et il pardonne tant et plus :
Application : Il invite ses auditeurs à recueillir les pièces du pain (ju'il vient de leur rompre, et leur fait remarquer le passage du pluriel : Cherchez ^ au singulier : Que h méchant délaisse son train. C'est pour que chacun se fasse rapplication de ce qui est adressé à tous ; car chacun est coupable et chacun a besoin de pardon. « Que nul donc ne se flatte « en soi-même, pour renvoyer aux autres ou la cen- « sure des péchés ou la menace des jugements de « Dieu. Tel se croit le plus innocent, que, si on « vient à le fouiller, comme Benjamin, on trouvera « le larcin en son sac. Moïse même, s'il met la main «( en son sein, l'en tirera lépreuse. Il n'y a nul qui (c puisse dire : J'ai purgé mon cœur de péché. » — Voluptueux, avare, moqueur, hypocrite, n'espérez point vous cacher, vous sauver, pour ainsi dire, dans
MICHEL U FAUCHBUA. 93
la foule, et vous soustFaire à la nécessité de chercher Dieu. Jeune homme, cherche Dieu :
« lorsque tu lis en sa loi , si au moins tu y lis , « qu'il voulait qu'on lui offrit des victimes jeunes a et entières , et que les Juifs ne s'en étant pas ac* « quittés, il leur en fait des reproches si amers par « Malacbie, fuis cette réflexion en toi-même : Com- <c ment? Dieu a*t-ii soin des bêtes, ou a-t-il fait ces <r lois pour en tirer de Tavantage pour soi-même, « en choisissant Télite des troupeaux? N'est-ce point « plutôt pour m'apprendre à lui offrir la fleur de a mon âge et non le rebut de ma vie? Pense quel <c plaisir tu lui fais de donner à Satan la force et de « ton corps et de ton âme, et de lui réserver, à lui « à qui tu te dois tout entier, ton âge décrépit, aua quel ton corps se trouvera plein de$ folies de ta «r jeunesse, et ton esprit , de chagrin et d'infirmité, a Un prnice te baurait-il gré si, après avoir employé « tout le temps de ta vie au service de ses ennemis, « quand ifft ne voudraient plus de toi, parce que tu « serais devenu vieux, malade, aveugle, estropié, « tu lui venais offrir ton service. Yeux-tu qu'il l'ac- « cepte et qu'il l'agrée , présente-le lui de bonne « heure, pendant que tu es en état de le lui pouvoir « rendre dans le cours de ta vocation.
a Vous, liumnies faits, qui êtes en la grande vi- « gueur de votre âge, en état de servir à Dieu, à « rÉglise et à vos prochains , et qu'il exhorte aua jourd'hui par ma bouche à quitter votre mauvais « train et à vous convertir à lui, songez à votre
94 MICHEL LB VAVCHBUR.
a conscience et à votre salot, et vous armez de cettece pensée que , comnutt Jésus-Christ , en qui vous- « croyez, a été crucifié pour vous en la chair, vous « aussi , pour Taniour de lui , devez crucitier votre «( chair avec ses convoitises, afin que le temps qui a VOUS reste en chair ^ vous ne viviez plus selon les con^ « voitim des hommes , mais selon la volonté de Dieu^ « Le temps passé vous doit avoir suffi pour accomplir « la volonté des enfants de ce monde j lorsque vous con- <x versiez avec eux en insolences et en convoitises, Mamr « tenant il est temps, au lieu de courir avec eux a en un même abandon de dissolution, de penser à « bon escient au compte que vous avez à rendre à ce celui qui est prêt à juger les vivants et les morts. Vous « ne savez quel loisir vous en aurez pour l'avenir, ce Usez donc du présent^ et faites bien pendant que « vous en avez le temps; car qu'est-ce de cette vie, ce cpie rÉcriture sainte accompare à un vent, à une
ce nuée y à une vapeur, à une fumée , à une ombre,
« à un soniie, \oire quelle appelle la vanité môme? a Si elle est courte, elle est encore plus incertaine.
«cEt vous, vieillards, qui durant tant d'année» a avez joui de la lumière de son soleil et du benécc fice de sa parole, et qui, après tant de bienfaits <c que vous avez reçus de sa main et tant de prédi* a cations que vous avez ouïes de sa bouche, êtes « aussi stériles en bonnes œuvres que si vous n'en a aviez jamais ouï ni reçu , semblables à ces vaches « maigres du songe de Pharaon, qui, après avoir « mangé les sept grasses , étaient aussi maigres
a qu'auparavant : si jusqu'ici vous n'avez point ap- « pliqué votre cœur, comme vous deviez, à le re- « chercher et à le servir, pensez-y au moins à cette « heure , et employez utilement ce peu qui vous « reste de vie. N'attendez pas, comme le mauvais « riche, à regarder au ciel lorsque vous serez en « enfer, et ne vous flattez point en cette imagi- « nation que ce sera assez d'y penser à riicure de a la mort, et que, pourvu que vous dhiez alors au a Seigneur Jésus , comme le brigand converti : Sei- « gneur, aie souvenance de moi, il vous dira à T heure « même : Aujourd'hui tu seras avec moi en paradis. « Car premièrement cet exemple ne vous convient « point du tout, vu que celui-là se convertit à Ciirist « dès la première fois que Christ parla à lui, et que Œ vous, qui l'avez ouï mille fois, ne vous êtes point « encore convertis. Et puis, c'est une grâce extraor- « dinaire que Jésus-Christ lui a faite, qu'on ne doit « point tirer à conséquence. Les rois, au jour de leur o couronnement, pardonnent quelquefois des crimes a lesquels ils ne pardonnent jamais dans le cours de « leur justice ordinaire. Ainsi le Fils de Dieu, en ce « jour de sa passion, a voulu faire en la personne de o cet homme une extraordinaire démonstration de « sa miséricorde ; mais ce n'est pas à dire qu'il en « doive user ainsi d'ordinaire. Outre que , si son « exemple vous flatte, celui de son compagnon vous a doit faire peur. Car, comme vous le pouvez voir a en l'histoire de l'Évangile, ni son propre supplice, a ni la charité de notre Sauveur priant Dieu pour
«.ses ennemis, ni l'exhortation de son compagnon <f mourant avec lui, ni l'exemple notable de sa con- « version à Christ, ni les ténèbres épandues mira- « culeusement sur la terre, ni les pierres fendues, « ni l'exemple de ceux qui s'en retournaient frap- « pant leurs poitrines, ne purent émouvoir ce mal- « heureux homme à se repentir. Son cœur, comme « celui de Nabal , fut en lui ainsi qu'une pierre. « Ainsi devez -vous craindre que, quand même à « cette heure-là vous auriez au chevet de votre lit, « non un ministre de Jésus-Christ pour vous exhorter « et vous consoler, mais Jésus-Christ même vous « montrant ses mains, ses pieds et son côté percé, a et vous conjurant par ses plaies de vous récon- « cilicr avec lui , votre cœur, que vous aurez si « longtemps endurci contre ses avertissements et ses « inspirations, ne se trouve saisi d'une pareille in- « sensibilité.
« Nous tous en général, mes frères, si nous oyons « aujourd'hui sa voix, n'endurcissons point notre cœur, « mais cherchons l'Éternel pendant qu'il se trouve ; « tâchons à rappeler, par notre repentance, sa bé- « nédiction et sa paix, que nous avons éloignées de « nous par nos fautes. » — Que les châtiments qui sont tombés sur d'autres Eglises nous avertissent; il pourrait bien nous arriver comme à elles , « comme a à Jérusalem, pour les péchés par lesquels elle « avait provoqué sa colère , non dans les rues pu- « bliques ou dans les maisons particulières , mais a dans son temple même, et même dans son sanc-
MICUILL LE FAt'CUEUR. d7
« liiaiie. S()uvcnuns-n(3us de la vision qui nous est ce décrite aux dixième et onzième chapitres d'Ezéce chiel , comme sa gloire s^éleva de dessus les ché- « rubins, et avec les chérubins s'envola sur le seuil «c de ce lieu très saint, puis sur la porte orientale ce du temple, et puis de là sur la montagne du côté u d'Orient, d'où enfin elle disparut. Que j'ai grand « peur, si nous ne travaillons à apaiser son ire par « un prompt et sincère amendement de vie, qu'il ce ne nous en arrive de même. Ce qui me le l'ait «c craindre, ce ne sont pas ceux qui nous veulent ce du mal et qui nous en font, ce ne sont pas leurs <c passioiks , ce ne sont pas leurs forces ni leurs stra- - « tagèmes; ce sont nos vices et nos mondanités, ce (C sont ces folles récréations auxquelles nous nous <K amusons, en un teimps où nous devrions tous itn « malades de la froissure de Joseph; c'est cette univcrcc selle corruption qui est répandue dans tous les ce ordres et dans tous les membres de notre corps. <(. Car comme, quand cette prodigieuse lèpre de «r Canaan, qui s'attachait aux murailles et qui les « rongeait, ne s'apercevait qu'en quel({ues pierres « d'une maison, on ne faisait que les arracher de « l'endroit auquel elles étaient; mais quand huit ' a jours après on y retournait , et qu'on trouvait ce qu'elle avait pris en plusieurs autres lieux par « toutes les murailles, alors on abattait entièrement a la maison et on en jetai l les matériaux en quelque tt lieu immonde : ainsi, quand Dieu voit quelques a particuliers seulement qui se corrompent et se
98 nCHBL LE FÀUGHEUll.
« débauchent, il se contente de les punir en leur ce particulier; mais quand le vice a tout gagné, « quand h sang touche U êang^ quand depuis la « plante des pieds jusques au-dessus de la tête il « n'y a rien d'entier en un peuple , alors il yient à « une extermination et à une désolation générale. « N'attendons pas, mes frères, que ce malheur soit « à la porte , pour faire , comme autrefois ces ca- . « téchumenes, qui remettaient le plus qulls pou- « Taient de se convertir tout à feit à Dieu et de se « joindre h son Église par la réception des saints a sacrements, aiin de ne s'assujettir point aux ri- « gueurs de la discipline auxquelles étaient sujets et les fidèles, c'est-à-dire ceux qui étaient initiés aux a mystères; et qui, lorsqu'il venait un tremblement « de terre, un grand et furieux orage, ou quelque c autre terrible accident, qui menaçait toute une «t ville de désolation et de ruine, couraient tout épei^ (f dus aux temples et se faisaient baptiser à qui que c ce fut, le nombre des ministres ne suûisant pas à <r leur précipitation et à leur impatience. Mais pré- « venons de bonne beure l'ire de Dieu par notre € amendement, et pendant que nous possédons en^- « core sa grâce , retenons*la bien , de peur qu'elle ff ne se retire de nous tout-à-fait. Disons à notre a Seigneur Iésus*Cbrist , comme les deux discipleé € quand il feignait de vouloir passer outre et de les <c laisser en Emmaiis : Seigneur ^ dmeure avec nouê^ a car le mr tient. Ce qu'ils disaient pour sa commoa dité, disons-ie pour notre salut. Le soir vient, les
MICHEL LE VAtTCRECR. 99
a ténèbres approchent. Seigneur, ne nous délaisse oc point. Ote-notis nos biens et nos aises, s*il est tié- « cessaire pour nous sauver; mais ne nous ôte point « ta Parole, sans laquelle nous ne pouvons avoir ni « consolalion ni salut. Car si tu te retirais uue fois c de nous, avec ce gage précieux de ta sainte al- « liance, hélas! Seigneur, que deviendrions^nous? »
Après cette exhortation et ces menaces , il tourne les regards de ses auditeurs sur la miséricorde di^* vine, promise à chacun d'eux puisqu'elle Test, d'après le texte, aux plus grands pécheurs s « Il parce donne tant et plus. Embrassez sa miséricorde avec a foi» et vous verrez incontinent, pour enflammés que « puissent être vos péchés contre lui, ou ses indigna- « tioiis contre \os péchés, le feu s'eiT éteindre en vos « larmes. » N*est-ce pas là, bien plus encore que la crainte , un motif de, vous aller jeter à ses pieds ? Ne craignez plus sa justice ; elle ne menace que les cœurs endurcis; elle n'a rien à faire avec les cœurs repentants. Que si votre repenlance même est imparfaite, ne vous découragez pourtant point encore; le regret que vous en avez lui tiendra lieu d'une plus grande perfection.
Analyse du sermon sur Amos V, 43 : Lliomm prudent ' êe tiendra coi m ce iemps-là, car le temps e$t mauvais (1).
Exordc : Notre vie est une navigalioa sur la haute mer; nous ne saurions nous passer d^une boussole :
(i\ sermons sur divers textes, (orne 1> pages iH'M»
100 HICIiEL LE FAUCHEUR.
nous la trouvons dans la Parole de Dieu , toute pleine de conseils d'une prudence spirituelle. La parole d'Amos en est un. (Cet exorde est trop général et peut servir pour tout sujet. Ce qui suit est le véritable exorde.)
Les enfants de ce monde, à qui tout tourne à mal, s'endorment dans les jours tran(|uiiles, se tourmentent dans les jours mauvais. L'orateur, s'attachant à cette seconde idée, leur oppose, sous ce rapport, le Mêle, qui est le prudent de notre texte : Il H tient coi, « Le prophète attribue cette docilité et « cette modération d*espiil a l'homme prudent seu- « lement, quand il dit : L'homne prudeni se tiendra 9i eoi enee temps-là, comme pour dire : Le téméraire, « qui ne suit que le mouvement de sa chair et Tim- « pétuosité de sa passion, s'agitera en soi-même, € murmurera contre le jugement de Dieu, fera tou- K tes sortes d'efforts pour échapper de ses liens, K courra deçà, courra delà, pour avoir du secours, « se portera à toute sorte de conseils violents et dés- « espérés; mais il n'en amendera pas son marché, « car tant plus il regimbera contre Taiguillon, tant « plus il s'ensanglantera. Le prudent , au contraire, a H tiendra eai en ce temps-là; il subira doucement « le joug qu'il plaira à Dieu de lui imposer et, re- « connaissant que son mal lui vient de ses péchés, il e en cherchera le remède en sa repentance. »
Ce que n*est pas le prudent de uotre texte.
Ce qu'il est.
Les conseils de la vraie prudence sont méprisés
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KICUBL LE FAUCHEUR. 1(H
par les enfants de ce monde ; ils suivent, au contraire, avec empressement, ceux de la fausse sag^esse ; le fidèle s'attache à la prudence véritable et s en trouve bien.
Le prudent (nous savons qui c'est) se tient coi , c c'est-à-dire qu'il ne s'enaigrira point en soi-même, « qu'il ne murmurera point contre Dieu, qui! ne « s'endurcira point contre son châtiment, qu'il ne a s'obstinera point en ses vices, en son orgueil, « en sa vanité, en son ambition, en son avarice et «c en ses autres passions; mais qu'il s'humiliera de- « vaut Dieu et qu'il portera patienunent son joug; « qu'il pleurera ses fautes et qu'il demandera grâce m à Celui qui la lui peut donner, sachant que contre c le bras de sa colère il n'y a point d'abri qu'aux i< pieds de sa miséricorde... »
(Celte idée de se tenir coi n'est point assez précisée; elle se perd dans les idées circonvoisines. Toutes les idées morales se touchent et entrent plus ou moins les unes dans les autres; il est très difficile de les distinguer et de les spécialiser ; mais le prédicateur doit le faire cependant, s'il veut instruire et être utile. Le Faucheur étend trop ici l'idée de repos : c'est en même temps l'humiliation du cœur, la soumission à la volonté de Dieu, la repentance, ramendement, etc. Il aurait évité ce vague s*il avait rapprodié cette parole de celle d'Ésaïe XXVI, 20 : Fa, mon peuple, enire dans ta cabinets et ferme ta porte sur toi; cache-toi pour ftn p$iU mamênt^ h^^^^à ce que J^itkdtgnatum soii passée; et s'il s était ix»rué à considérer le repos du
fidèle dans son opposition à Tagitation du mondarn,
L'agitation est un mouvement inutile, irréfléchi, sans but, sans règle. Celui qui n'est pas soutenu de Dieu dans l'épreuve ne sait faire autrement que se livrer à cette agitation; mais le fidèle la prévient ou la compnnie, fille est remplucée pour lui par le repos dans les actions, dans les paroles et dans les pensées. J)an» toute» çeê choses, Job ne pécha points car U n'aiiribua rien 4e mal cammabU à Dm. (Job I, 2S.) Ce repos du fidèle n'exclut pas , du reste , l'action. Il aurait été utile d'opposer à l'agitation fébrile et toute pleine de péchés du mondain, l'activité du chrétieDy à laquelle le rej>os donne sou sceau.;
Exemples tirés de la Bible et de l'histoire dee chrétiens. Ces exemples, dans leur diversité, sont destinés à expliquer les dillérentes manières de se tenir coi, ou les différentes parties du devoir.
L'orateur passe, avec le prophète, à la raison de se tenir coi ; c'est que le temps est mauvais* 11 est bon, sans doute, en tout temps de se tenir coi. Il n'y a qu'un être parfaitement pur, comme Jésus-Christ, qui ait pu s'émouvoir sans inccmvénient : « Celui qui € est entièrement pur, et de qui les alTeclions sont € comme une eau claire et nette, se peut émouvoir
sans danger, comme notre Seigneur Jésus, qui s'est € ému quelquefois en s(H-même, mais toujours sans M péché) maia non pasjaous, qui avonS' tous au fond m de nos i(jcui*s une bourbe épaisse et vilaine que fil le vice y a amassée, laquelle, sit6t que notre âme ,ft vient à a'émoHvcNr, se soulève et se mêle en tontes
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€ nos aflècttoiiA, les trouble» les iii&cle el les « puantit. »
Mais c'est surtout dans l'affliction cju'il faut se tenir coi : <t Quand quelqu'un est malade, quand on le
€ saigne, ou quand on lui fait ((uelquo opération, a OU quelque inciâioa dangereuse, lors particulière- « meut il se doit tenir en tranquillité. Car en s'émoaa vant et en s'agitant> il se causerait à lui-même un a très grand dommage. Ainsi , quand nous voyons « que Dieu est irrité et que sa main est appesantie fc sur nous 9 c'est alors » plus que jamais^ que nous c nous devons tenir en humilité, en silenee et en 4 patience. C'est en ces occasions-là qu'il faut dire,
avec Héli et avec David : Ct^i l'Étenul , qu'il (am IL de moi tout et qu'il lui tmblera 5ofi{ et à cela tend € cet avertissement du prophète que nous venons de « vous exposer. »
L'orateur indique le motif, et ne le développe que par ces deux images. ^
Nous pouvons bien, ajoutent- il, nous appliquer cette parole; car pour nous aussi le temps est mau* vais. ~ Ici encore Toratenr ne âiit qu'indiquer et ne développe pas. On le regrette d'autant plus que ces indications sont plus intéressantes et plus colorées. C'est une page remarquable. Suit un tableau des afflictions de l'Église rélorm<''0, ([ui se rapporte peutr Atre au temps de trouble qui suivit la guerre civile de iG21. — La plus grande allliction est devoir que toutes les autres n'ont pas produit d'amendement. Le Faudieur rappelle une vision de suint Cyprien,
104 MICHEL LE FAUCBEUH. *
applicable, selon lui, aux oîrooostaiioes actuelles de
relise :
« Aujourd'hui, véritablemeni, TÉglise se trouve
« réduite en l'état qui fut représenté en vision à « saiut Cyprieo, comme il le récite lui-môme, quoi- « que sans se nommer positivement, en une de ses « épîtrcs au cierge et au peuple de Carthage. Il dit « qu'il vit un père de famille assis, et tout le peuple cf qui était devant lui; que ce père de fantiille avait « à sa main droite ua jeune homme tout pensif et a tout triste , qui tenait sa tète appuyée sur sa « luaiû; et à sa gauche un autre homme, qui sautait « et qui tressaillait d*aise, tenant un grand filet» « tout prêt à le jeter sur ce peuple , pour Ten enve- « lopper entièrement , et cela par la permission de «t celui qui était assis sur la chaire; et que, comme a il demanda qui était ce personnage -là, il lui fut « dit que ce père de iamille c'était Dieu même, qui c éttût là pour juger tout ce peuple ; ({ue ce jeune a homme qui paraissait si triste était notre Seii^aeur « Jésus, qui s'afiligeait de voir que ceux qu'il avait « honorés de sa connaissance et de son baptême « eussent si malheureusement attiré le courroux de € Dieu sur leurs tètes , pour avoir méconnu sa visi* a talion, reçu sa grâce en vain, déshonoré sou Evan- « gile, profané ses saints sacrements, maltraité ses c serviteurs, et foulé aux pieds ses censures ; et que « celui qui était à sa i^auche, si joyeux et si Iriom- € phant , était le diahle , qui se réjouissait d'avoir u obtenu la permission de se jeter sur ce peuple, et
MICHEL LE FACCBECn, 105
« do le touiiiiortter par toutes sortes de tentations et « de maux. »
Or que faisons*nous en ce temps d'afHiction ?
a N'y eu a-t-ii pas parmi nous qui se réjouissent « avec le monde, et qui courent après ses ballets, « ses danses et ses mascarades? N y a-t-il pas des « filles même qui se mêlent dans les débauches des « adversaires, sans que ni la pudeur de leur sexe, u ni la mémoire de leur baptême, ni le respect du a nom chrétien , ni la calamité de ce temps , les (c puisse retenir? 0 Dieu du ciel, est-il possible qu'il « se trouve des ptrsoimes si insensibles à tes jugea ments, si impitoyables envers leurs frères et si « furieusement acharnées à leurs maudites voluptés; <c qui, pendant que tout Tair retentit des gémisse* « ments de tant de fidèles et que tous les démons et déchaînés rôdent par la campagne et dansent, par a manière de dire, sur les ruines de tes pauvres « Églises , aient le cœur à des danses , à des masa carades et à de telles autres folies ? »
Que devrions-nous faire, au contraire? Nous tenir cois, nous humilier, pleurer en silence et attendre la délivrance de T Étemel; ne point nous émouvoir des Injures des adversaires, ne point contester, ce qui n'aurait pour eft'et que d'exaspérer leur haine, el si nos maux redoublent, ne point nous effrayer. 11 ne nous arrivera aucun mal , si nous restons attachés à Dieu.
Quant à son Église , il est bien certain qu^elle ne peut périr. — IMrez-vous : Hais il peut, du moins,
106 wmu LE FAvcnm*
la retirer de ce royaume?—- Sans doute il le peut;
mais nous devons esp^'^rer qu'après F y avoir établie et jnaiateaue avec tant d'alièction» pour l'intérêt de sa gloire, il coutinuera à la protéger.
Vous direz que, même alors, il y aura sujet de
mener deuil en la voyant si affligée et Babylone triomphante. Mais les afflictions extérieures de l'É* glise ne iont rien à sa félicité , qui est tout entière au dedans. « Car comme la cour est toujours où est a le roi, aussi le paradis est toujours où est Jésus- « Christ, » Babylone a tout ce qui compose le partage des enfents du siècle, rien ne lui manque ici* has , pas même un enfer : c Babylone a beaucoup de « lustre et de magnificence, beaucoup de délices et « de plaisirs ; mais elle a son enfer au dedans ; le a prince de ce monde y règne et la ijaalédiction de « Dieu lui pend continuellement sur la téte. » Du reste, si elle boit dans la coupe des voluptés, taudis que nous buvons dans celle de l'amertume, elle finira comme nous commençons. Sa fin est la d^olation, la hn de l'Église est la joie : « La vraie lîgUse, « après avoir beaucoup souffert en ce monde, non-
« seulement sera délivrée de tous ses maux, mais a se verra vêtue de magnificence et de gloire, et a recueillie, avec son époux, dans les demeures a éternelles de son paradis. C'est là, mes frères, « ce que nous devons espérer et où nous devons € aspirer, et ce qui nous doit faire tenir cmj parmi « toutes les agitations de ce monde, et faire nous a estimer bien heureux, même dans nos plus grands
MICHEL LE FAUCBBUa. 107
c malheiirs, sachant que nos misèras et nos lan-
« i^ueurs ue sont que pour un temps, mais que nos
féhcUé» et nos joies dureront étemeUeawt. Ainsi
« soit^il ! »
Analyse du sermon sur Romains VIII, 27 : Nom
tavm$ que toutes choses aidmt emenéh m bim à ceux fui amenU Dim Çl).
E\orde : « Notre texte contient fort peu de paroles»
0 mais dont ie sens es( merveilleusement fécond
c Tout ainsi que quand Dieu, à la pri^ d'Élie, vou- « lut ouvrir le ciel, comme à sa prière il Favait fermé, « la nuée que ce prophète vit monter de la mer, en « exécution de cette volonté favorable de Dieu, n^é- « tait pas plus grande que la paume de la main d'un c homme, mais cependant en moins de rien elle oou- « vrit le ciel de nuées et toute la terre de pluie : de même cette sentence, quoique fort bhève, si vous « ja méditez attentivement, en moins d'une heure ' « vous fera voir, par manière de dire, tout le ciel « rempli des merveilles de la providence de Dieu en a la direction et en la conservation de tous ceux H qui l'aiment, et vos âmes seront arrosées de tout^ <i parte des consolations de sa grâce. » Rapide coup-d'œil sur les richesses du texte.
Division. L Qui sont ceux dont parle l'Apôtre? du»
qui aiment Dieu.
IL Qu'est-ce qu'il déclare ? Que toutes choses conspirmii à leur him,
(1) Sermoni tur divers textes, tome U, pages 3^-259.
iOë MlGflBL LB VAfFGUim.
III. Comment le déclare-t-il ? Avec une pleine certitude : Nom êovom,
I. Ces hommes sont qualifiés en d'autres termes dans les versets précédents. Ici TApôtre les appelle : cêiêx qui aimini Dieu, Veut-il dire que la cause de cette favorable dispensaliun, c'est leur aiiiuur pour Oieu ? Non, cet amour est trop divisé et trop faible. Veut-il fonder sur cet amour l'assurance de Tamour de Dieu? Pas davantage : Tesprit des fidèles euxmêmes est si inconstant! (Voyez d'ailleurs les mots qui suivent immédiatement : QuH a appelés.) Pourquoi donc leur donne-t-il ce titre ?
i. Gomme le plus beau qu'il puisse leur donner parmi tous ceux qui leur conviennent.
11 pourrait les appeler bim-<iimé$ de Dieu, « Mais c parce que plusieurs se flattent en cette opinioD c d'être les bien-aimés de Dieu, qui ne le sont point « en effeti et que la marque assurée qu'ont les fidè* ' flc les d'être les bien-aimés de IMeu, est l'amour arc dent qu'iiâ lui portent, de la sincérité duquel leur « propre conscience leur rend témoignage, T Ap6tre a « mieux aimé exprmier ici ce dernier, comme celui « auquel le vrai fidèle a la preuve certaine de Tautre, et afin que chaque chrétien , sondant son cœur et y a rencontrant cet amour, soit assuré par là qu'il est «véritablement du nombre de ceux auxquels le c Saint-Esprit promet en ce lieu que toutes choses c leur aideront en bien. »
Il pourrait les appeler enfanii d$ Dim. Mais on prend pour tels les enfautâ de parents chrétiens, ceux
MIGUEL LE FALGIiEra. 109
que Dieu, à leur naissance, a « enveloppés dans la « pourpre. » L'Âpôtre a montré la réalité , la sub* stance du titre, afin qa'on ne s'y trompe point.
Il pourrait les appeler saints. Mais on se croit saint à si bon marché. Le mot de l'Apôtre prévient toute équivoque. *
Bref, le nom qu'il a choisi est, de toute iàçon, le plus beau.
2. Ce nom, qui est le plus beau, est aussi Je plus convenable par rapport à l'idée du texte, en ce qu'il fait comprendre, sans autre moyen, pourquoi certains hommes supportent plus constamment toute sorte de tribulations : le principe de leur constance est l'amour qu ils ont pour Dieu. — Preuve, par des raisonnements et par des exemples, que c'est en effet le vrai et seul principe de la constance ; l'espoir même de la rémunération n'y eût pas sufli :
c Les martyrs regardaient bien, je Tavoue, à la « rémunération et à cette couronne de justice qui a leur était réservée au ciel, après qu'ils auraient a combattu le bon combat, gardé la foi et achevé a leur course; mais si avec cela ils n ( ussent été « enflammés d'un très ardent amour envers Dieu, « jamais l'espérance d'un bien à venir ne les eût « fiait résoudre à la souffrance de tant de maux pré- € sents, et pour être un jour bienheureux, ils eus- « sent eu beaucoup de peine à se rendre misérables « dès cette vie. Car un mal présent (et combien plus « une armée de maux et de maux les plus elTraya- « bles que puisse souffrir la nature humaine; frappe
110 JDGHBL L« FAUCHEUR.
«c bien autrement notre imagination et nos sens que cr ne fait nn bien à venir, et même un bien que
a nous ne voyons point et que nous ne saurions « concevoir. Mais ils avaient' une si éminente et si «forte idée de l'objet unique de leur amour, et cr étaient tellement touchés des obligations iutinies •r qu'ils avaient à l'aimer, que quand même à le serf vir et à porter la croix de son Fils il n'y eût eu « antre avantage que de lui témoigner leur affec- « tion, ils la hii eussent témoignée fort volontiers, ff eussent-ils dû être consumés dans les tourments tf et être entièrement anéantis , comme des victimes a immolées sur son au(el. C'est donc justement que «r notre apôtre, pour désigner leur constance en la
<r croix, nous l'a e\[>i iinée ici par sa vraie, première a et pnncipale cause, qui est Famour de Di^u, «c amour dont les embraiemmis sarU des embrasements « de feu, et comme une flamme divine q^ue beaucoup ce d^eaux et même les fleuves eiUiers des persécutions « n étaient pas capables (Té teindre... »
On regrette que Le i:aucheur n'ait pas développé cette magnifique idée.
IL Avantage assuré à ceux qui auaent Dieu. L'orateur cherche :