‹ Histoire de la prédicationChapitre 9 sur 55 · Ce que saint Paul entend par bien · texte numérisé non relu

Ce que saint Paul entend par bien

2. Ce qu'il veut exprimer par les mots toutes cimes, i . Chacun de ces mots a divers sens dans TÉcri-

ture ; mais ici le mot bien s'entend du bien de Tâme; car, d'un côté, c'est le sens qu^il a dans tout ce chapitre, et d'un autre côté la pensée de saint Paul

se trouverait fausse si le mot bien s'entendait ici des biens de la terre, dont les fidèles sont très souvent privés. Dieu les leur accorde quelquefois dans des Tues de sagesse et montre (pi'il pourrait les en com* hier habituellement: Joseph, David, Daniel, Mardochée. Mais le contraire se voit plus souvent*

2. A ce bien spirituel des fidèles conspirent UmUê choses, soit qu'on entende par là : a) toutes les choses du monde; b) toutes celles (ou plutôt : et mém eeUee) dont saint Paul a jparlé dans les versets précédents (26-27).

a) Dans le premier sens, toutès les œuvres de la

création et toutes les dispensations de la Providence conspirent à leur bien; car toutes les œuvres de la création servent , non-seulement à la commodité de leur vie, mais à leur instruction, à la joie et au salut de leur ftme (la mer, la terre, Tair, le feu, leur propre corps, etc.); — et toutes les dispensations de la Providence sont pour eux autant de sujets d'adorer la sagesse et la justice de Dieu* On peut dire que, dans ce sens, les prospérités et les revers, les grâces spirituelles et même les tentations^ leur tour^nent à bien.

b) Dans le second sens, cela est encore vrai; cait h$ choses mêmes mentionnées par TApôtre conspirent, avec toutes les autres, à leur bien, li s'agit ici de ces afllictions dans lesquelles le fidèle, accablé, n'a même plus la force de former une prière distincte ; mais Dieu entre avec lui dans cette fournaise, et alors, plus Taffliction a été amère, plus le fruit en est pré^

MICHKl. LE FALCIIEIU.

cîeiix. Leur conscience est réveillée par ces grands coups ; ils sont eilicacement privés des plaisirs de la terre ; leur orgueil est humilié.

Voilà ce qu'ils éprouvent dans les alïlictions qui leur sont communes avec les méchants ; quanta celles auxc|ueUes ils sont exposés comme chrétiens , il est encore pins vrai que toutes choses aident ensemble à leùr bien. La plus fâcheuse de ces afilictions (on voit qu*il parle pour les grands du parti) est la privation des honneurs du monde ; niais s ils la prennent conune il faut, elle leur est très salutaire. V Elle les préserve de diverses tentations. 2° Elle les forme à rhumiiilé. 3" Elle les fait aspirer plus ardemment à la gloire du siècle à venir. — On en peut dire autant de Vexil. Non-seulement on Irouve souvent dans l'exil (témoin Daniel, Néhémie, Mardochée) plus de bien qu'on n'en a quitté ; mais, ce qui est plus considérable et plus constant, 1** Texil les empêche de s'enraciner trop en la terre ; 2"* ce leur est une occasion de penser à leur véritable patrie. — H y a encore la pauweté, « Dieu permet que le monde les dépouille « comme des morts , car aussi sont^ils morts au « monde ; » mais c'est 1° les délivrer de pesantes entraves, et T leur apprendre à ne point mettre leur fiance en l'incertitude des richesses. (Remarquons ici combien les sermons de ce temps sont empreints d'actualité, combien l'abstrait devient partout concret.)— Il y a aussi les pri$om; « mais, parce « qu'il y entre avec eux, ainsi qu'il est dit de Jo-

seph, et qu'elles ne sont jamais si étroites qu'il

KKiiBL LB FAoannnu Ht

c n'y ait asseiz de place pour soq Esprit ei pour ses « consolations, ils y entrent, pour ramour de lui , a avec joie , ils y chantent ses louanges avec saint « Paul et avec Silas et emploient le loisir qui tour « est donné, à Técart du tabut du monde, à mé- « diter les grandes grâces qu'Us ont reçues du ciel «c et la gloire qui les y attend. Là ils jouissent, mal- « gré le diable et le monde, de cette douce et pré- « cieuse liberté que Jésus-Christ leur a acquise, dont « ils s*estiment infiniment heureux, nonobstant leur «c captivité corporelle, el ont pitié de ceux qui les « tiennent aux fers comme de ceux qui, pensant «t tenir les enfants de Dieu prisonniers, sont eux- « mêmes les prisonniers et les esclaves du diable. « Ainsi la prison et les ceps, quoique choses très<> a funestes de leur nature , leur tournent en conso- « lation et en joie. » — D'autres fois, e'est la dmkur corporelle mêlée d'ignominie; mais cela augmente leur flamme, au lieu de l'éteindre. — Enfin, la mort dans son jdus terrible appareil. Mais celte mort, qui semble résumer et renfermer tous les maux, résume et renferme pour eux tous les biens ; elle leur est désirable; et si parfois, se présentant avec toutes les circonstances les plus ellrayantes, elle fait frissonner leur chair, l'Esprit les rassure par cette voix qu'il leur fait entendre du ciel : Bmihmreux smU les morts qui meurent au Seigneur l

III. N'est-il pas bien important d'avoir d*un si grand bien une pleine assurance? Aussi l'Apôtre Tavait-il : Noui Mnoont. — Noué «ovoim, dit*il, et non

III mcaif. M làUGBBVA*

jie mû y parce que cdtte assuraoce commune à tous lôs fidèle».

i. Nous le savons par les promesses générales que Dieu îaii dans sa Parole à ceox qui Taimeiàt.

S. NouB le savons par ses promesses paFticiiUèreft à ceux d'enU-e eux qui sont affligés.

' 3. Nous le savoas parce que, par delà œs délivrances externes, il nous promet une éternité de joie e» son paradis.

4. Nous le nvoM par la nature même de Dieu i a S'il en était autrement , Dieu ne serait point ce «qu'il est» c'esi^-dire tout^bon, tout-juste, tout* « sage, tout-puissBfit. Car un Dieu infiniment bon « ne saurait avoir le courage d'abandonner ses en* « fants en leurs maux, m de les laisser en proie à « leurs ennemis. Un Dieu souverainement juste ne « saurait oublier leur travail , ni manquer aux pro- « nsesses qu'il leur a &ites de sa grâce et de sou « salut. Un Dieu, enfin, lout-sage et toul-puisbant % Be saurait être empèobé par aucun effort ni par « aueimes ruses de nos emieuiis et des siens , de a (lous amenei* ù la ûu à laquelle il nous a destinés;

et il saura bien, quand il en sera temps, tirer des 4 ténèbres de nos ennuis la lumière de notre coneoa latio^, et des machines dressées pour notre ruine « Mve des iBstruntents de notre salut. »

5. Nous le savons par une ioule d'e\emplet> dans l'ihistoire sacrée.

6. Nous le savons enfin par le témoignage de liiisprii à nos coeurs et par notre propre expérience.

Conclusion : Noas voudrions que vous emportas*

siez toutes ces vérités. Emportez, du moins, deux doctrines : «l'une, que les vrais chrétiens ne sont « pas ceux qui ont été baptisés en l'église, qui vien« « nent au prêche, qui chantent les psaumes , etc. , « mais ceux*là seuls qui aiment Dieu et qui s'estî*> m mmi heureux de le glorifier par leur vie et par « leur mort; Tautre, que nous ne nous devons ja- « mais troubler» en quelque situation que Dieu nous « mette.» — Application à différents cas particuliers.

Ces analyses étaient destinées à faire coanaitre et

apprécier Le Faucheur sous le rapport des plans , de la structure générale du discours et de Tinvention. Il ne semble pas en résulter qu'il ait été doué d'une force remarquable de conception et de combinaison. Ses vues ne sont pas profondes, ses analyses ne scmt

pas savantes ; mais ses idées sont en ironéral très justes, ses plans rationnels, son ordre lucide, son exposition abondante sans diffusion. Le Faucheur ex* plique supérieurement bien. Voyez, par exemple, le vingt-deuxième de ses SmMm$ Itir les Âet€$ de» iipé» irm et aussi le trente*cinquième. Nous citons un pas** sage de ce dernier :

« Demandez-vous que c'est que firent là-dessus les

« apôtres? Notre historien nous le montre quand il « ajoute : Ayant etii cela , iU entrèrent > enriron h « pomi du jmtj m temple et enseifnaknt. S'ils se < fussent adressés à quelques sages mondains , ^vour « prendre leur consël sur ce qu'ils devaient faire,

116 mcmh LS FAnanm*

a Hs leur eussent dit sans doute : Eh ! pauvres gens, ff que préteadez*youB Mre ? Pourquoi vous opinift* « trez-Y0U6 à une chose impossible et que Texpé- « rieuce vous montre être si dangereuse pour vous? « Vous ne faites que commencer et vous avez déjà « été emprisonnés deux fois; vous en êtes échap- « pés; mais p^sez-vous qu'il en arrivera toujours « de même? Votre mattre était bien échappé plu- «t. sieurs fois de la main de ses ennemis ; mais à la fin ce vous voyez ce qui lui en jBSt arrivé, et doutez-vous « qu'il ne vous en arrive enfin autant ? Vous avez ga- « gné quelques milliers de personnes; mais qu'est-ce « que cela dans une grande ville comme ceUe^^i? Et « puis ne savez-vous pas que c'est que d'un peu- « pie? N'avez^ous pas vu ceux-là mêmes qui avaient « crié Hosatma à votre mattre, trois jours après crier a comme des enragés contre lui : Crucifie , crucifie-U! « Et peosez-vous qu'à la fin ceux-ci ne vous en fas- « sent pas de même? Et cela arrivant, que deviendra if cette levée de boucliers que vous avez faite ? Que « deviendra et votre Église et votre religion après » vous? Quand nicme cela n'aniverait pas, eonsidéa rez quelle apparence il y a que vous veniez jamais « à bout d*nn si vaste dessein que le v6tre. Vous fa vous imaginez d'amener toute la Judée, et non la ic Judée seulement, mais toute la terre habitable à « Tobéissance de votre Jésus ; mais si, à chaque pas a que vous pensez avancer, vous êtes pris, arrêtés et « emprisonnés, comme vous avez été déjà par deux « fois, combien seroûL leutb vos progrès pour l'exé-

UlCliEL LE FACCBEl'R» 117

« cotion d*an dessem auquel, quand vous n'auriez « nul obstacle y à peine suiiirait toute vûti*e vie? Et « si 9 dans une seule ville » vous renooBtrez d*abord K tant de difficultés, combien en pensez-vous rencon- « trer en chacune des autres de la Judée, de la Sa- < marie et de la Galilée? Mais que sera-ce lorsque a ^olls vous adresserez à ces grandes villes païennes « de Rome» d'Antioche, de Gohnthe, d'Éphèse, d*^A* « thènes? Ne vous assommera-t-on i^as dès que vous c ouvrirez la bouche contie le service de leurs dieux ? « Non, non, retirez-vous de bonne heure et ne ten- « tez pas le sort plus avant, mais pourvoyez à votre c sûreté pendant que vous le pouvez Cadre.

« C'est là in&iUiblement le conseil qu'ils leur ensa sent donné. Mais ces saints hommes n'ont pas £m « devoir consulter la chair et le sang en une affaire de « cette qualité ; toutes ces pensées-là ne leur sont pas c venues en l'esprit, ou si elles leur y sont venues, ils « les ont rejetées avec une résolutic» digne d^eox, et a avec un courage tout plein de zèle à l'honneur de « leur maître et à l'avancement de son règne, et m ont dît en eux-mêmes : Nous savons bien toutes a ces choses -lu et n'ignorons pas les combats, les « iojarés et les opprobres que nous avons à essuyer « ail t ours de notre ministère; mais Dieu qui nous a « mis en œuvre «sera celui qui nous protégera contre « tout ce que la terre et Tenfer pourraient machiner « contre nous. Si nous mourons pour son service , t nous nous en estimerons bien heureux; mais tant qu'il lui plaira se servir de nous en nos charges ,

118 UIGUËL I,E FAUCHEUR.

« 110118 le servironi ayee oeurage esk dépit des boni*

a mes et des démons. — Ils n'ont point hésité là* « dessus y ni n'ont point pris de temps pour se « résoudre j ear^ connue' le bienheureux martyr Gyf prieu disait au proconsul, qui le sollicitait à aban- « donner Jésus-Christ et Texhortait d'y bien peneer :

«t En une chose de cette nature il n'y a rien à délibérer.

c Dès ce matin-là méme^ et même, comme dit saint « Luc, dès le point du jour, ils sont allés au temple, a et se sont mis à enseigner le peuple avec le même flt courage qu'auparavant : tant était grande Ja vertu « de FEsprit qui les animait. Et ainsi Dieu a puish « sammeut accompli en eux tout ce qu ils lui avaient « demandé, disant : Danm à tu amUim tamim* tt cer La parok mec toute hardiesse \ »

Le Faucheur, remarquable sous le rapport de la

proportion des membres du discours. Test aussi par sa marche continue et rapide, son style éminonment aetif. La continuité et le mouvement le distinfi^uenl entre tous. Du point de départ au terme, il semble qn*il ne touche pas terre; on le dirait soulevé et soutenu au-dessus du sol , porté et poussé tout à la fois par un souffle puissant. Il n'a pas et ne donne pas à son lecteur un moment de distraction et, comme un vaisseau en course, il longe les rivages sans permettre aux passagers de prendre terre.

Vel mare pcr médium fliictu siisponsa tumente Perret iler, celeres uec Ungeret sequore plantas.

(1) SermoHÊ mr Ift ûk» prmitn eht^tm <f«« Actei dt» Jpôtm, Gmièfê, IMS* Tome Hi piflei 6M-«ti.

jaCBSL LB FAUGflllUR. 119

Quant à b aatare môme des idées et des senti*

ments qiii'composent le fonds de son éloquence, ils scmt élevés et saints comme la Bible où il les puiie; iBAis on oserait dire quHl réagit pen sur la vérité, qu'il y mêle peu de sa propre substance. On est étomié^ en lisant un orateur qui a pourtant beaucoup d ame, du peu de détails qu'il offre sur la vie intérieure. Comme les autres prédicateurs réformés de cette époque, il est à genoux devant la Bible et ne veut pas savoir autre chose que ce qui est écrit. Il dit comme Arohimède : « OonneMaoi un point d'ap* « pui, et je soulèverai la terre. » Cela esf infiniment respectable. Toutefois ^ si Vm veut donner de la réalité aux injonctions de la morale^ si Ton vônt nonseulement nous convaincre, mais nous pénétrer, il feut nous parler de nous-mêmes en nous parlant de Dieu, il feut nous révéler à nou&^némes (1). Faute de cela, si opulente que soit la Bible, on en sort non rassasié.

Les prédicateurs catholiques contemporains sont, sous ce rapport, de beaucoup supérieurs à leurs émules deia chaire protestante. Les peintures vives, intimes, délicates, de rhomme en éUl de péché ou en état de grâce, abondent chez eux. Le Faucheur et Mesirezat savent bien parler à la comcience , mais celle-ci est plus simple que le cœur ; elle dit oui ou non. La vie du cœur, la vie intérieure, est plus cooi* pliquée et plus diliiciie à observer : c'est une succession de sentiments, de vœux et de regrets, où s'enr-

( 0 Meque mihi reddat amicum, meque mibi ostendal.

UeliieeDi le vieil homme et le noavel homme. Les

protestants avaient à remettre le flambeau sur le chandelier : c'est le côté objectif de la religion qui dcmiine chez eux, tandis que le cAté subjectif leur est peu familier.

Cette lacune frappe d'autant plus, chez Le Faucheur^ qu'il a toujours en vue rapplicatiou, vers laquelic li court avec empressement, et que partout il s'adresse directement et vivement à la volonté. Daus ses explications les plus détaillées et les plus étendues, ou sent toujours cette tendance. Toute sa prédication n*est qu'une instance auprès du pécheur, iaslance vive jusqu a la véliéinence, mais non jusqu'à remportement. — « U est de mon devoir, pendant « que je suis dans cette tente-, de vous réveiller a par mes avertissements. Sau\ez-vou$ du milieu de « cette génération perverse ! Cherchez l'Éternel pen«o dant qu^il se trouve! Rachetez le temps, car les « jours sont mauvais. » Cest sous l'inspiration de ces paroles que Le Faucheur semble avoir constamment prêché.

, Sa diction est assortie à ces caractères. Elle est

vive et prompte, sans avoir la concision sentenciMise de celle de Du Moulin; mais le fil n'en est jamais rompu et renoué. Il faut quelquefois , en lisant Du iMuiilin, suppléer les liaisoiis ; jamais enlisant Le Faucheur, Il n'afiecte cependant pas la période et ne semble pas en avoir approfondi les mystères; on le voit assez souvent s embarrasser et se perdre dans les longues phrases.

masaL LE faucheur. 121

Swaiiure est toqjaurs franche et directe. Il se

présente toujours en face, jamais de profil. Constamment il fait front à son sujet et à son auditoire. Ses tournures ne sont pas très yariées» et les figures qu'on peut appeler oratoires ne jouent pas un grand rôle chez lui ; mais ses mouvements sont ex- Ir^ement yrais, et la vérité exclut la monotonie.

Sa parole est ferme et incisive , plus passionnée que colorée. Le Faucfaear ne masque pas d'imagina* tion ; mais elle se montre moins dans les figures de motfi, ou métaphores incorporées à la diction, que dans les comparaisons^ ou figures de pensées. Il a , comme Du Moulai, beaucoup de comparaisons ou de similitudes, tantôt Hamilières, tantôt nobles, jamais pompeuses : le genre de Mascaron lui est étranger. Dans un discours travaillé , ÏExhoriaiim à la rtp$ifir kmcêj il y a des traits d'esprit un peu recherdiés« mais guère ailleurs. Il emprunte la piupait de ses raj^rochements à la Bible , dont il fait un usage aussi heureux qu*abondant.

La chaire protestante a dès lor$ trop négligé les images : nous avons été iconoclastes en cela comme en tout. Il ne s'agit pas d'adopter un style fleuri, le plus pitoyable de tous les styles; il s'agit de pein-^ dre la pensée, ce qui n'est superflu pour personne, mais est surtout utile aux moins instruits. Les images fixent l'idée dans Tesprit avec un clou d'or ; il ne font pas les cimfbndre avec les atudoffiei lonehes et fisdlacieuses de certams prédicateurs, qui font d'une comparaison une raison.

Le style de Le Fauoheur a cette qualité que les

Allemands nomment Ànsthauîiehkeit : il traduit volontiers l'abstrait en concret ; il a beaucoup de ces dé« tails que les auoîens appelaient lumma oraêmnii : traits historiques, scènes, tableaux; mais il a peu de dramatique pioprem^t dit*

La langue de Le Faucheur est plus ehAtiée et flm moderne que celle de Du Moulin; il est en avant de eioqwiite amiées, sous ce rapport» sur Hestreoat, son cadet de sept années. Il eut, dans ce moment de crise, le mérite bien rare de savoir choisu* dauâ l'ancienne langue ce que l'avenir devait en garder, et dans les nombreuses expressions nouvelles, celles que i'avenir devait adopter. C'est par un mérite semblable que Pascal, contemporain de Le Faucheur, mais beaucoup plus jeune (1623-1662), s'est acquis la gloire d'avoir fixé la limgue. 11 l'a non en in» troduisant des mots nouveaux ou des constructions nouvelles, mais en donnant le sceau de son génie à une langue qui existait déjà, et que nous trouvons dans Le Faucheur.

Nous pouvons ftnre connaître Le Faucheur par

un de ses discours, où il semble qu'il ait rassemblé toutes ses forces et réuni , autant qu'il pouvait le lUre dans un seul sujet, les différents caractères de sa prédication. Si Ton faisait un recueil où chacun des prédicateurs de l'Ëglise réformée serait représenté par un de ses discours, Le Faucheur devrait l'être par celui-ci. C'est le sermon d^ rappelé, connu sous le

mcmU. us PAUGEEUR. 1^,

nom à*Eœk^Êmé la repenumey sur Joël II, prêché à Montpellier en 161 S, en un jonr de jeûne, revu dès lors par Tautettr avec beauooup de soin, ei plusieurs fois réimprimé. Nous en ferons l'analyse et en détacherons quelques-unes des pages ks piua remarquables : elles le sont presque toutes (1).

Texte : Cerlcûnemenl la journée de l'Ettf nd esi gnmde H foH lerrtUs, M la potimi jtfinimrf JMfiltfmitil émt amri rekmrmi-wuê juiqim 4 tiieî iê (oui volTê çfMur, 6i m jeme ti en pleun , et avec lommWion* Eimmpn t$$ emn H nm yoini tm «Ito» menu y et retournez à l'Etemel voire Dieu, car U est miiériearddeum el pUoyabky tardif à eoién et abondaiU en gralmU^ et qui se repeni é^aoair affligé.

Ëxorde : L'homme meurt comme la bête , mais il doit revivre; il pèche comme l'ange^ mais il peut se pours^oir en grAce : d'où il résulte ffiie s'il ne profite pas. de la grâce offisrte , sa conditioD est pire que celle de Fange de téuèlms. Bieu ne d&Mnde pas notre mortj mais notre conversion ou notre retour à lui. C'est à quoi tqid ce texte, qui nous invite à considérer:

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