‹ Histoire de la presse en Angleterre et aux États-UnisChapitre 10 sur 71 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les journaux sous la reine Anne. — Naissance du premier journal quotidien. — Influence politique des journaux. — Intervention de grands personnages dans les polémiques de la presse. — La Revue de Defoo. — Le Babillard. — Le Spectaieur. — Lutte du parlement contre la presse. — Établissement du timbre et du droit sur les annonces. — Effets do ces mesures.

« La publication de véritables journaux, consacrés en partie à la diffusion des nouvelles, en partie à la discussion des matières politiques , peut , en somme , être rapportée au règne de la reine Anne, époque à laquelle ces journaux eurent une grande circulation et devinrent les organes accrédités des diverses opinions. » C'est Hallam qui s'exprime ainsi dans son Histoire constitutionnelle de l'Angleterre. Le règne d'Anne fut, en effet, une époque éminemment favorable au développement des journaux. La guerre de la succession d'Espagne, quiavait pour théâtre l'Europe presque tout entière, préoccupait tous les esprits, parce qu'il

en pouvait sortir une contre -révolution en Angleterre : la curiosité publique était donc tenue sans cesse en éveil. Deux partis fortement organisés , les tories et les whigs, s'étaient formés et se disputaient le pouvoir avec acharnement. La lutte était engagée nonseulement à la cour et dans le parlement, mais devant l'opinion publique, à laquelle on en appelait des deux parts. Les journaux furent naturellement amenés à donner une place égale aux nouvelles et aux discussions politiques. L'activité intellectuelle, qui a fait de cette époque l'âge d'or de la littérature anglaise , ne fut pas non plus sans influence sur le développement et la transformation du journalisme.

Addison a fait mainte allusion à l'avidité de ses contemporains pour les nouvelles et à « l'aisance que cette curiosité générale procure à une demi-douzaine d'hommes d'esprit qui en vivent. « Le vent d'ouest qui empêchait la malle du continent d'aborder, était considéré comme une calamité publique et plongeait dans un ennui profond la cour et la ville. La province était peut-être plus avide encore de journaux , car les gens de Londres avaient au moins la ressource des cafés, où ia politique était le sujet de toutes les conversations , et où les nouvellistes de profession apportaient et recueillaient les bruits du jour. Aussi Exeter, Sahsbury et quelques autres grandes villes virentelles naître à ce moment les premiers journaux de

province , dont la publication prouverait à elle seule la place que le journal tenait déjà dans les besoins de la population. Quant à Londres, il y paraissait alors dix-huit feuilles politiques. Celles qui avaient le plus de réputation étaient YObservator , publié par John Tutchin; le Postman, publié par Fonvive; le Postboy, publié par Thomas , puis par Boyer ; YAthenian Mercury, publié par John Dunton et Samuel Wesley ; le Flying Po$tt publié par Ridpath, et YEnglish Post, publié par Nathaniel Crouch. Quant aux rédacteurs des autres journaux un contemporain les appelle énergiquement : « un ramas de drôles et de diffamateurs , qui ne méritent d'autre logis qu'une maison de correction. » Chacun de ceux que nous venons de nommer se recommandait par un mérite spécial. UObservator, feuille radicale et presque républicaine , qui eut de fréquents démêlés avec la justice, passait pour avoir les meilleures nouvelles de mer ; le Flying Post était réputé le mieux renseigné sur les affaires d'Ecosse , et le Postboy sur les affaires d'Espagne et la province. UEnglish Post était renommé pour ses faits divers; mais on s'accordait à reconnaître la supériorité du Postman, Ce journal avait pour rédacteur un réfugié français , un ancien ministre calviniste ,

1. Ces journaux sr sévèrement jugés étaient le Rehearsal, le Moderator, le Wandering Spy, le London Post, Vlnttrloping M'Aip-

*/er, etc.

nommé Fonvive , homme de talent qui était arrivé à écrire l'anglais comme âa langue maternelle. Fonvive était demeuré en relation avec bon nombre de ses coreligionnaires que la révocation de l'édit de Nantes avait disséminés sur tous les points de l'Europe; il en avait fait les correspondants de son journal , qui était toujours ainsi très-exactement renseigné sur tous les pays étrangers. Le Postman étflit fort répandu , et rapportait annuellement à son propriétaire 600 livres sterling, somme très-considérable pour le temps. Tous ces journaux paraissaient trois fois par semaine.

Un nouveau progrès ne pouvait tarder à être accompli par la presse. Le 11 mars 1702, le libraire E. Mallet fit paraître le Daily Courant , le premier journal quotidien qui ait été publié en Europe. Ce journal était imprimé d'un seul côté sur une demifeuille , et se composait par conséquent d'une seule page , divisée en deux colonnes. 11 ne contenait que des articles traduits : cinq étaient empruntés au Courrier de Harlem , trois à la Gazette de France et un au Courrier d'Amsterdam. Ils étaient précédés du modeste programme que voici :

a Par les feuilles étrangères qui, de temps en temps, lorsque l'occasion s'en présentera , seront citées dans ce journal , on verra que l'auteur a pris soin d'être régulièrement pourvu de toutes celles qui arrivent du dehors, en quelque langue que ce soit. Et pour qu'on soit assuré que jamais,

sous prétexte de renseignements particuliers, il ne se permettra d'ajouter des circonstances imaginaires à un événement, et qu'il se bornera à donner des extraits 6dèles et impartiaux, il indiquera en tête de chaque article , le journal auquel il Paura emprunté. Le public voyant de quel pays vient une nouvelle, avec la permission du gouvernement, sera mieux en état de juger du crédit et de la sincérité d'un récit. L'auteur ne prendra pas non plus sur lui de joindre aux nouvelles des commentaires ou des conjectures ; il s'en tiendra à raconter les faits , supposant aux gens assez de sens pour faire eux-mêmes leurs réflexions. Le Courant, comme son titre l'indique, sera publié tous les jours, parce qu'on se propose de donner les nouvelles aussitôt l'arrivée de chaque courrier, et il est réduit à la moitié du format habituel, afin d'épargner au public au moins la moitié des impertinences que contiennent les journaux ordinaires. »

Le véritable but de Mallet était peut-être de diminuer les frais du Daily Courant, mais il ne put même pas continuer longtemps cette feuille insignifiante : au bout de quarante jours il la céda à l'imprimeur Samuel Buckley, qui publiait déjà un recueil mensuel, le Monthly Begtsler. Buckley transforma et agrandit le Daily Courant ; à partir du 22 avril , il le fit paraître sur deux pages avec des articles et des annonces ; et de temps en temps il joignit aux nouvelles de l'étranger des nouvelles de l'intérieur. Bon humaniste et écrivain de mérite, il rédigea lui-même des articles de critique qui mirent bientôt son journal en réputation. Le Daily Courant subsista jusqu'en 1735, épo-

que où il fat réuni à une feuille nouvellement créée et également quotidienne , le Daily Gazetteer.

Les journaux jusqu'alors s'étaient occupés beaucoup plus des pays étrangers que de l'Angleterre : ils ne se hasardaient qu'avec une extrême timidité à parler des affaires publiques de peur d'éveiller la sévérité du parlement ; ils se permettaient rarement de citer des noms propres , car il était arrivé plus d'une fois que de grands personnages avaient fait assommer des écrivains pour avoir parlé d'eux dans les gazettes. Au milieu du mouvement général , imprimé aux esprits par les luttes des partis , les journaux dépouillèrent cette réserve et cette timidité ; ils prirent fait et cause pour les whigs ou les tories ; ils attaquèrent ou défendirent le gouvernement. Le premier exemple d'une polémique régulière au sujet des affaires d'Etat, fut donné par un homme qui s'était fait une grande réputation comme pamphlétaire , par Daniel deFoe. L'auteur de Robinson Crusoé n'est pas le seul nom célèbre que nous devions trouver dans les annales du journalisme anglais. Le trait caractéristique , au contraire , de l'époque à laquelle nous sommes arrivés , ce qui prouve mieux que tout le reste l'importance que les journaux acquirent tout à coup, c'est l'intervention de grands personnages dans les luttes de la presse et le nombre d'écrivains éminents qui firent de la rédaction des journaux leur occupa-

tion habituelle. On vit un lord , un chef de parti qui devait être premier ministre , Bolingbroke , attaquer le gouvernement par une lettre signée dans Y Examiner , et être réfuté dans le Tatler par le lord-chancelier lui-même , lord Cowper. Ce même Bolingbroke , tombé du ministère, reprit la plume, fit dans le Craftsman des articles de polémique qu'il signait • un écrivain de circonstance » [an oecasional writer) , et publia dans le même journal , sous le titre de Lettres sur l'Histoire d' Angleterre par Humphrey Oldcastle, une série d'articles qui furent fort remarqués et qui furent plus tard réunis en volumes. A côté de Bolingbroke ou contre lui, écrivirent Swift, Steele , Addison. Ces noms rappellent un genre de journaux qui n'a eu qu'une existence momentanée , mais qui est resté célèbre, les journaux plus littéraires encore que politiques , où la morale , la philosophie , la peinture de la société tenaient autant de place que la polémique , et dont le Spectateur est demeuré le modèle. Ce fut la bonne fortune de cette époque de produire des journaux qui ont mérité de passer à la postérité , et qui sont lus encore comme des livres.

La voie fut ouverte par Daniel deFoe. Celui-ci était encore à Newgate , où il expiait son Moyen le plus court d'en finir avec les dissidents, lorsqu'il publia, le 19 février 1705, le premier numéro de sa Bévue , afin de subvenir aux besoins de sa famille. La Bévue

était d'abord imprimée sur une feuille in-4 d'assez grande dimension; elle paraissait une fois la semaine et se vendait un penny. Après le quatrième numéro , elle parut sur une demi-feuille in-folio, imprimée à deux colonnes et en caractères plus fins , et se vendit deux pence. Après le huitième numéro , elle fut publiée deux fois la semaine : les mardis et samedis , et au bout de quelques mois elle parut également les jeudis. De Foeen était le seul rédacteur, et il en continua la publication pendant neuf années, jusqu'à ce qu'une nouvelle condamnation judiciaire le ramenât à Ncwgate. Le plan de la Revue était trèslarge , il embrassait la réforme des mœurs aussi bien que l'examen des mesures d'Etat ; une satire morale , un article contre l'ivrognerie , contre le jeu , le duel ou la licence des théâtres y succédait à une discussion politique. Par un artifice que les auteurs du Babillard et du Spectateur imitèrent, de Foe se supposait le secrétaire d'une sorte de tribunal , du Club du Scandale , qui décidait toutes les questions non politiques, après avoir entendu les parties; qui jugeait, par exemple, si les torts des femmes dans les mauvais ménages n'étaient pas imputables aux maris. Dans ce cadre , qu'il variait à l'infini, de Foe jeta à pleines mains le bon sens , la verve et la malice , en même temps qu'il apportait dans les discussions sérieuses une vaste et solide érudition , une grande force

de logique et une remarquable vigueur de style. Aussi son journal eut-il bientôt assez de succès pour éveiller l'avidité des contrefacteurs qui dépouillèrent l'auteur et son libraire de la plus grande partie du légitime produit de leurs peines. En même temps , il attira l'attention du gouvernement qui se montra désireux d'avoir l'appui du publiciste populaire ; et de Foe, tout en gardant son indépendance et la liberté de sa plume , devint le confident et le défenseur des ministres Godolphin et Harley. C'est d£ la fondation de la Revue que date véritablement le rôle politique de la presse en Angleterre.

Une vogue plus grande , et une renommée qui dure encore, furent le partage du Tatler (le Babillard), créé par Richard Steele. Swift venait de publier coup sur coup trois petites brochures humoristiques qu'il avait signées du pseudonyme d'Isaac Bickerstafï , et qui avaient eu le plus grand succès. Steele , à ce moment fort lié avec Swift, lui emprunta la signature d'Isaac Bickerstaff, afin d'assurer le débit de son journal. Son attente ne fut pas trompée, on se jeta sur les premiers numéros du Tatler, et le mérite du journal retint les lecteurs que la signature avait affriandés. Steele eut pour collaborateur assidu au Tatler, Addison qui avait jusque-là vécu misérablement à Londres, et que son poëme sur la campagne de Blenheim venait de tirer de son obscurité. Quant à Swift, après

avoir fourni au journal deux ou trois morceaux, il se laissa attirer dans le parti tory par les avances et les promesses de Harley, et il se sépara de ses amis pour fonder, le 3 août 1710, Y Examiner, qu'il rédigea de moitié avec Bolingbroke, et dont il fit une feuille essentiellement politique. Il en céda au bout de quelques années la direction à Oldisworth, et ne rentra dans le journalisme qu'après un assez long intervalle, en collaborant en 1728 à Y Intelligencer et en y publiant les Lettres de Drapier, qui jouirent d'une grande réputation jusqu'au moment où les Letfres de Junius vinrent les détrôner et les faire oublier.

Le Tatler parut les mardis , jeudis et samedis, du 12 avril 1709 au 30 décembre 1710 4 ; la vogue fut si grande qu'il fallut à la fin de chaque trimestre réimprimer en volumes les numéros déjà publiés. Ce succès encouragea Steele à fonder sur le même plan un nouveau journal qui fut quotidien. Ce fut le Spectator, dont la célébrité devint bien vite européenne 8,

1. Le 2 janvier 1711 Steele publia une lettre d'adieu à ses lecteurs pour leur annoncer que son pseudonyme étant depuis longtemps connu du public, il renonçait désormais à jouer le rôle de Bickerstaff. La collectiou des articles du Tatler fut réimprimée en 4 volumes en avril 1711. Il en parut une traduction française.

2. Le premier numéro du Spectateur parut le l,r mars 1711. Des 1714 il en fut publié à Amsterdam une traduction française qui arriva promptement à une seconde édition.

et qui compte au nombre des livres les plus universellement goûtés de la littérature anglaise. Steele y eut encore pour collaborateur Addison , et en outre les poètes Tickell et Parnell*. La vogue de ce journal dépassa toutes ses espérances; il se vendit jusqu'à vingt mille exemplaires de certains numéros. Il fallut également au bout de quelques mois les réimprimer en volumes, et il s'en fit immédiatement deux éditions in-12 et une édition in-8, qui furent aussitôt épuisées que mises en vente. Lorsque le Spectator cessa de paraître \ on venait de vendre en quelques mois une édition tirée à neuf mille exemplaires des quatre premiers volumes.

L'influence considérable que la presse périodique avait acquise porta ombrage au pouvoir, et appela ses rigueurs sur les journalistes. Le pouvoir alors, ce n'était plus la royauté , c'était le parlement ; et la chambre des communes, qui avait fait aux Stuarts un crime de leur chambre étoilée et de leurs persécutions contre la presse, refusa de subir à son tour ce contrôle de la publicité qu'elle avait elle-même im-

1. Dans la préface de la collection du Spictaleur, Steele reconnaît encore comme lui ayant quelquefois fourni des articles, Pope, Hughes. Henry Martin, Oarey, de l'Université d'Oxford, et Eusden, de Trinity Collège à l'Université de Cambridge. Les articles d'Addison étaient signés d'une des lettres qui forment le mot Clio ; ceux de Steele d'un R. Les articles signés d'un T sont de Tickell , sauf un certain nombre que Steele a icrits ou a retouchés.

posé à la royauté ; elle se transforma en une véritable chambre étoilée pour venger ses propres injures. Toute allusion à ses débats intérieurs , toute réflexion sur les discours prononcés dans son sein , tonte désapprobation des mesures votées par elle, devinrent des délits punis par l'amende , l'emprisonnement , le pilori. Dans sa violence, elle ne respecta même pas le principe de l'inviolabilité parlementaire ; en 1707, elle expulsa de son sein un de ses membres pour un livre qu'elle déclara injurieux à la religion chrétienne. Nous avons vu que l'existence de Daniel de Foe ne fut qu'une longue lutte contre le parlement, et s'écoula à écrire des pamphlets, puis à les expier en prison. Quant aux journaux , il ne se passait guère de session qu'on ne vît quelque écrivain et quelque imprimeur traduits à la barre des communes et envoyés à Newgate. Steele lui-même, quoique membre du parlement, porta la peine des sarcasmes qu'il lançait contre la majorité ; malgré l'appui de Walpole et du parti whig tout entier, qui prit fait et cause pour lui, il fut expulsé de la chambre en 1713 pour trois articles dans Y Englishman. Ce seul fait suffit à donner une idée de l'acharnement des communes contre le pouvoir nouveau qui exerçait sur elles une surveillance importune et leur disputait la direction de l'opinion publique.

Las de s'en prendre aux écrivains , le parlement

résolut d'attaquer directement l'existence de Grvb Street, ainsi qu'on appelait collectivement et par ironie les journaux. Tous les ans on mettait en délibération les moyens de réprimer la licence de la presse et de soustraire à sa malignité les affaires de l'État. Il fut d'abord question de remettre en vigueur la loi sur la censure , mais on craignit de réveiller des souvenirs odieux. On songea ensuite à exiger une signature au bas de chaque article. « Il était temps, dit l'auteur de la proposition , que les écrivains déposassent leur masque anonyme (to drop the anonymous mask) et signassent leurs œuvres de leur nom , » afin d'en porter la responsabilité : on voit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Ce second moyen fut repoussé comme profondément ridicule. En 1712, quelques membres de la commission du budget s'avisèrent que « le moyen le plus efficace de supprimer les libelles serait de mettre un droit très-lourd sur tous les journaux et toutes les brochures. » Cette proposition fut accueillie avec acclamations. La chambre des communes vota un droit de timbre d'un sou sur toute demi-feuille imprimée, de deux sous sur chaque feuille entière, et de vingt-quatre sous sur toute annonce insérée dans un journal. Ces droits existaient encore il y a trois ans, tels qu'ils avaient été votés en 1712 ; seulement, sous George Ier, en 1726, on avait dû modifier la rédaction de la loi , parce que plusieurs

journaux , qui avaient pris à dessein un format intermédiaire entre la demi-feuille et la feuille entière, prétendaient n'être pas compris dans la loi, et soutenaient qu'au lieu d'être assujettis au timbre, ils devaient être traités comme les brochures qui payaient un droit fixe sur chaque édition , indépendamment du nombre des exemplaires. L'impôt du timbre et l'impôt sur les annonces, auxquels est venu se joindre depuis un impôt sur le papier, eurent dans le premier moment tout l'effet qu'on s'en était promis. Beaucoup de journaux furent tués du coup, plusieurs durent se fondre avec d'autres publications, d'autres perdirent une partie notable de leur clientèle par l'augmentation de leur prix, et périrent après avoir langui quelque temps. On lit à ce sujet dans la correspondance de Swift : « Savez-vous que Grub Street est mort et enterré depuis la semaine passée. Impossible de se procurer par prière ou par argent le moindre récit d'apparition ou de meurtre.... h' Observateur a succombé, le Mélange s'est accouplé au Flying Post , Y Examinateur est à la dernière extrémité, le Spectateur tient bon et double son prix ; je ne sais combien de temps il se soutiendra ; avez-vous vu le timbre rouge dont les journaux sont marqués ; m'est avis que cette petite gravure vaut bien un demi-penny 1 . » Le Spec-

Page 1