Swift'» Journal to Stella, aug
lateur, comme on le voit, dut porter son prix d'un penny à deux pence , mais le nombre de ses acheteurs tomba aussitôt de moitié , au témoignage de Steele lui-même. D'ailleurs, pour celui-ci, dont les affaires étaient toujours en désordre et dont les habitudes de dissipation étaient incorrigibles , ce n'était pas chose facile que de porter chaque semaine au Trésor vingt livres sterling pour le droit de timbre qui s'acquittait d'avance. Aussi le Spectateur cessa-Wl de paraître le 6 décembre 1712; juste cinq mois après la mise en vigueur de la loi sur. le timbre Cependant l'infatigable Steele ne se découragea pas ; après un silence de quelques mois , il fonda , aidé d' Addison et de Tickell, un nouveau journal, le Guardian, qui ne vécut que très-peu de temps2. Une rupture éclata entre Steele et Addison, qui écrivirent désormais chacun de leur côté. Steele fit paraître une suite au Guardian ; ce fut XEnglishman qu'il rédigea seul ou presque seul et qu'il remplaça plus tard par le Pie-
1. Le Spectator était arrivé à «on 555e numéro lorsqu'il fut suspendu. Du 18 juin au 15 septembre 1714 parurent, les jeudis, mercredis et vendredis, quatre-vingts numéros d'une suite, arrachée aux auteurs par l'importunitc de leur libraire, qui voulait porter à huit volumes, au lieu de sept, la collection du journal. 11 parut, en outre, dans les années suivantes, plusieurs prétendues continuations du Spectator et du Tailer; mais toutes sont apocryphes.
2. Du 12 mars au 1er octobre 1713. Le Guardian était quotidien.