‹ Histoire de la presse en Angleterre et aux États-UnisChapitre 32 sur 71 · M. Huûlton ett mort à Pise en · texte numérisé non relu

M. Huûlton ett mort à Pise en

le New Monthly Magazine , recueil presque exclusivement littéraire. La rédaction en est aujourd'hui confiée à l'inépuisable romancier W. Harrison Àinsworth. Avant de devenir l'éditeur du New Monthly Magazine, Ainsworth a publié pendant plusieurs années un Magazine qui portait son nom, dont il était presque l'unique rédacteur, et qu'il remplissait surtout de romans de sa façon. On voit que certaines excentricités littéraires dont nous avons été récemment témoins en France, avaient été devancées de l'autre côté de la Manche.

Le Magazine de Fraser *, fondé en janvier 1830, a commencé par être un recueil tory : il est devenu depuis libéral. Il se compose, comme tous les autres recueils, d'articles de critique littéraire ou artistique, d'analyses des ouvrages nouveaux , de morceaux de genre, et de romans qu'il publie chapitre par chapitre. La politique y tient peu de place. Il a eu longtemps pour principal collaborateur le romancier Thackeray, déguisé sous le pseudonyme de Titraarsh.

Le Tait9 s Edinburgh Magazine1, qui a pris pour épigraphe ces deux mots Fiat justitia, a commencé à

1. The Fraser s Magazine for fotcn and Counfry. London, John W. Parker and Son, West Strand. Petit in-8 à deux colonnes.

2. Le Tait1 s Magazine ne coûte qu'un shilling; tous les autres recueils mensuels se vendent deux shillings et demi ou une demicouronne.

paraître le 1er janvier 1834. IV a été, dès les premiers jours, un des organes les plus vifs et les plus accrédités de l'opinion radicale. lia compté parmi ses fondateurs et ses rédacteurs l'excentrique et spirituel député de Sheffield, M. Roebuck. C'est le moins cher des Magazines qui se publient aujourd'hui.

La maison Bentley fait paraître, depuis le mois de janvier 1836, le Miscellany, qui est exclusivement consacré aux romans, à la littérature et aux voyages, et qui ne contient ni articles politiques ni nouvelles diverses. La plupart des romanciers en renom de l'Angleterre ont travaillé pour ce recueil.

A côté des Magazines littéraires et politiques il s'en publie quelques-uns qui s'adressent à des classes particulières de lecteurs , tels que le Nautical Magazine qui est arrivé à sa vingt-sixième année, et Y United Service Magazine , fondé en 1829 par la maison Colburn, et qui traite toutes les questions relatives aux armées de terre et de mer. Nous ne saurions oublier non plus le Mechanics Magazine qui compte aujourd'hui près de trente-cinq ans d'existence, et qui est un des recueils les plus substantiels et les plus instructifs de l'Europe.

Presque toutes les publications que nous venons de mentionner sont dans une situation prospère; mais leur rôle va s'amoindrissant de jour en jour. Les recueils mensuels n'ont en effet ni l'immense pu-

blicité des journaux hebdomadaires, ni la grande influence politique des Revues, auxquelles concourent les hommes les plus considérables et les écrivains les plus renommés de chaque parti. Aussi sont-ils conduits à chercher une autre voie pour retenir la faveur populaire; et depuis quelques années ils se sont tous efforcés de s'attacher un romancier en vogue , qui leur donne chaque mois quelques chapitres d'une immense composition destinée à durer un an ou deux. Deux des ouvrages de Thackeray, Pendennis et la Foire aux vanités , ont été publiés de cette façon. Le feuilleton, au lieu de vivre au jour le jour comme en France, s'est mis à paraître de mois en mois dans les Magazines. Les conséquences en ont été presque les mêmes : les romanciers, irrésistiblement entraînés à se reposer sur leur facilité, ont enfanté des œuvres incommensurables où la fantaisie s'est donné carrière aux dépens du goût et du bon sens, et où leur talent s'est épuisé. Mais les recueils mensuels ont dû à ces débauches d'esprit une recrudescence de la faveur publique et une vitalité nouvelle.

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