‹ Histoire de la presse en Angleterre et aux États-UnisChapitre 56 sur 71 · Thê hlttt of the Gulph. Ceat un court roman · texte numérisé non relu

Thê hlttt of the Gulph. Ceat un court roman

Sartain's Magazine, qui se publient également à Philadelphie, en ont chacun de 15000 à 20 000.

New-York n'a possédé aucun recueil littéraire digne de mention jusqu'en 1824, époque où fut fondé Y Atlantic Magazine, qui ne tarda pas à échanger ce titre contre celui de New-York Monthly Review, et qui dut quelques années de succès à la collaboration d'un écrivain spirituel , Robert C. Sands, et du poëte Bryant. C'est aussi dans ce recueil que Dana a publié son premier poëme, le Corbeau mourant [the Dying Raven). En 1832, le romancier C. F. Hoffmann fonda le Knickerbocker Magazine, qui passa bientôt de ses mains dans celles de Timothée Flint, puis dans celles du rédacteur en chef actuel, Lewis Gaylord Clark. Le Knickerbocker a été un des recueils les plus brillants des Etats-Unis ; il a eu pour collaborateurs assidus Washington Irving, Paulding, William Ware, qui y a publié son roman épistolaire de Zènobie, Bryant et Longfellow. C'est dans ses colonnes qu'ont débuté, comme critiques ou comme auteurs de nouvelles, presque tous les jeunes écrivains qui, depuis vingt ans, sont arrivés à la réputation aux Etats- Unis. Le Magazine de New- York le plus estimé et le plus répandu après le Knickerbocker, est celui de Putnam qui a près de 25 000 abonnés. La Revue démocratique, fondée à Washington en 1837 par M. O'Sullivan et transférée à New-York en 1841,

est le recueil politique qui a eu le plus de succès aux États-Unis : elle a été dirigée à la fois avec habileté, dignité et bon goût. Le parti whig a cru devoir lui opposer un recueil mensuel qui se publie également à New- York : c'est la Revue américaine, établie en 1844 par George H. Colton.

A Boston se publient les recueils mensuels les plus anciennement fondés. Le premier en date est Y American Bapiist Magazine, établi en 1803 par le révérend Thomas Baldwin. Après lui vient le Missionary Herald, qui ne porte ce nom que depuis 1820, et qui a été formé en 1808 par la réunion du Missionary Magazine, fondé en 1805, avec une publication rivale, le Panoplist, créé en 1806. Ces deux recueils, dont la circulation est très-grande , ont surtout , comme le titre l'indique suffisamment, un caractère religieux, et sont presque exclusivement rédigés par des membres du clergé protestant. Les recueils purement littéraires ont eu beaucoup plus de peine à se faire une place. En 1803, Phineas Adams forma à Boston, sous le nom de Club de l'anthologie, une réunion déjeunes gens qui avait pour objet la culture des lettres et la discussion des matières philosophiques. Les principaux membres de cette société littéraire étaient le professeur Ticknor, connu depuis pour son Histoire de la littérature espagnole , l'aîné des deux Éverett, William Tudor, les docteurs Bigelow et Gardner, les

ministres Buckminster, Thatcher et Emerson, père du philosophe. Un recueil fut fondé, sous le nom & Anthologie, pour publier les productions des membres de la Société; il parut jusqu'en 1811. La guerre éclata alors avec la Grande-Bretagne, et l'élection de JVIadison à la présidence fut l'occasion d'une lutte acharnée entre les partis : au milieu de cette crise, la plupart des membres du club se dispersèrent ou se jetèrent dans la vie politique, et Y Anthologie discontinua sa publication. Ce recueil paraît avoir eu quelque valeur ; mais son principal titre est d'avoir été le berceau de la revue la plus estimable que possèdent les Etats- Unis, la Bévue de l'Amérique du Nord, qui a eu, on

le verra, les mêmes fondateurs.

Aucun des recueils mensuels publiés à Boston ne s'est distingué jusqu'ici par un mérite exceptionnel. Le seul qui ait fixé l'attention et exercé une action sur les esprits n*a eu qu'une existence éphémère, c'est le Dial, recueil philosophique et littéraire, établi en 1840 par Ralph Waldo Émerson, et qui fut rédigé presque entièrement par lui et la célèbre Marguerite Fui 1er : le Dial ne vécut que quatre années.

Dans les États à esclaves, on ne trouve à mentionner que le Southern Literary Messenger, fondé en 1834 à Richmond, par T. W. White, et qui, à la mort du fondateur, est passé entre les mains de M. B. B. Minor. La collaboration de quelques écri-

vains distingués de la Virginie et des hommes politiques les plus influents des Etats du sud ont donné de l'importance et de la valeur à ce recueil , qui se soutient honorablement à côté des publications analogues de New- York et de Philadelphie.

L'agriculture, la pédagogie, la jurisprudence et la médecine comptent aux États-Unis des organes spéciaux qui acquerront plus de valeur à mesure que les institutions scientifiques, en se développant, leur fourniront des collaborateurs plus assidus et plus nombreux. L'économie politique et la statistique sont représentées par deux recueils mensuels excellents : la Revue de de Bout, qui se publie à la Nouvelle- Orléans depuis 1846 , et le Magasin du marchand , fondé à New- York en juillet 1835 par M. Freeman Hunt. M. de Bow a entrepris la tâche difficile de défendre l'esclavage au nom et par les armes de la science économique : il y usera sans doute inutilement un savoir étendu, un esprit pénétrant et un grand talent de dialecticien. Une meilleure fortune est réservée à ses travaux de statistique. M. de Bow a été chargé de diriger le recensement de 1850, et il en a résumé les résultats en un petit volume rempli des détails les plus instructifs. Le Magasin du marchand, de M. Hunt, est incontestablement le meilleur recueil d'économie politique qui existe dans aucune langue et dans aucun pays. La science

théorique y occupe une place suffisante, et il est im-

de plus substantiel que les travaux consacrés à suivre le mouvement de la richesse dans l'ancien et le nouveau monde. Il ne paraît nulle part un document statistique, un renseignement précieux , un livre instructif, qui ne soit ou reproduit, ou analysé *t commenté dans ce recueil empreint à chaque ligne de l'esprit pratique et du génie commercial des Américains.

On ne saurait non plus donner trop d'éloges au Journal américain des sciences et des arts, publié à New-Haven par MM. Silliman père et fils , et qui tient aux États-Unis la même place que les Annales de physique et de chimie et les Annales des ponts et chaussées en France. Le recueil de MM. Silliman a paru longtemps quatre fois par an; il paraît maintenant tous les deux mois, et un inévitable progrès en fera une publication mensuelle. C'est une œuvre de dévouement et de patriotisme qui fait honneur au pays qui l'a vu naître et aux hommes qui l'ont entreprise. Les États-Unis ne comptaient en 1817 qu'un seul recueil purement scientifique , le Journal de minéralogie, que la santé défaillante de son directeur condamnait à une disparition prochaine. Un homme de mérite, le colonel Gibbs, rencontrant M. Silliman , professeur de chimie , de minéralogie et de géologie , au collège de Yale, à New-Haven, lui témoigna qu'il

possible d'imaginer rien de plus clair, de plus net et

y allait de l'honneur des savants américains de ne pas laisser la science sans organe aux Etats-Unis. M. Sillimah se laissa convaincre, et, après s'être assuré le concours d'un certain nombre d'écrivains , il fit paraître en juillet 1818 le premier numéro de son journal. En assumant cette tâche, il avait, dit-il, le sentiment que l'œuvre qu'il entreprenait absorberait sa vie entière, et une expérience de trente-cinq années lui a fait voir qu'il ne s'était pas trompé. Toutes les difficultés se réunirent en effet pour entraver son entreprise. Au bout d'un an, le Journal n'avait encore que 350 abonnés, et comme les recettes ne couvraient pas les dépenses, les éditeurs avec qui on avait traité ne voulurent pas continuer. Il fallut que M. Silliman leur garantît le remboursement de leurs frais, et empruntât en son nom personnel à une banque la somme nécessaire pour servir de fonds de roulement. Après le dixième volume, en février 1826, les éditeurs mirent M. Silliman en demeure de discontinuer la publication ou d'en prendre toutes les charges à son compte. Lés frais avaient absorbé tous les produits du recueil qui s'était agrandi, et de nouveaux fonds étaient nécessaires. Confiant dans son œuvre et convaincu de la nécessité de la persévérance, M. Silliman racheta sur sa fortune personnelle les exemplaires disponibles, remboursa les éditeurs, et se chargea désormais d'administrer aussi bien que de rédiger son

recueil. Depuis lors, le Journal des sciences et des arts a continué sans interruption sa publication ; mais malgré le soin merveilleux avec lequel il est fait, malgré sa grande et légitime réputation, il a été plus profitable à la science qu'à son propriétaire. Il n'a jamais eu mille abonnés payants, et a rarement dépassé le chiffre de sept à huit cents ; pendant bien des années', il a été complètement improductif, et maintenant encore , il ne fait guère que couvrir ses frais matériels. M. Silliman et son fils, qu'il s'est associé en 1838, se trouvent donc avoir donné gratuitement à la science leur temps, leurs peines et leurs travaux personnels. Il faut ajouter à leur honneur que le résultat aurait pu être tout autre , si le moindre calcul d'intérêt personnel avait dirigé leur administration. Non-seulement ils ont continuellement augmenté le nombre de feuilles qu'ils donnaient aux souscripteurs , mais il est impossible de rien imaginer de plus beau et de plus achevé que leur journal, sous * le rapport du papier, des caractères et de l'exécution typographique ; et les gravures et les planches qui accompagnent chaque livraison sont de véritables œuvres d'art. En outre, ils ont accepté et ils continuent des échanges onéreux avec presque toutes les publications scientifiques du monde, et jamais aux États-Unis, les fondateurs d'un collège, d'une bibliothèque ou d'une académie, ne se sont adressés à eux sans recevoir

gratuitement la collection complète de leur publication. Ce sont là des faits auxquels on ne saurait donner trop de retentissement, parce qu'ils honorent l'humanité. Il est beau de voir, au fond d'une université, dans une petite ville des États-Unis, deux hommes consacrer leur vie entière et le modeste salaire qu'ils gagnent par leur savoir et leur travail, à élever un monument à la science, s'épuisant dans un labeur sans relâche pour maintenir leur pays au niveau des autres nations. Cependant on aurait tort de ne voir dans une pareille abnégation et dans un désintéressement si obstiné que le fruit du patriotisme ou l'inspiration d'une âme généreuse : le sentiment religieux a rendu les sacrifices faciles. Familiers avec l'esprit qui anime encore les classes élevées de la Nouvelle-Angleterre, nous n'avons pas été surpris de lire à la fin de la préface du cinquantième volume du Journal des sciences les lignes touchantes que voici : « Quand nous remontons le coursées années écoulées, et que nous songeons* aux relations d'autrefois , une foule de pensées s'éveillent en nous, et le souvenir des collaborateurs qui ne sont plus jette une ombre épaisse sur le regard avecjequel nous embrassons le passé. L'attente de l'heure de la délivrance, quand viendra notre tour d'être appelés , arrête l'élan de notre pensée, et modère la confiance que la santé et l'intégrité de nos forces nous inspireraient sans doute, si nous

n'étions avertis presque chaque jour par la mort d'un contemporain, d'un collaborateur, d'un ami ou d'un patron. Le moment même où nous écrivons est attristé par un semblable événement, mais nous continuerons à travailler, nous ferons en sorte d'être trouvés au poste que le devoir nous assigne, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à faire pour nous, remettant nos espérances pour une vie future entre les mains de celui qui nous a placés au milieu des splendeurs de ce bas monde, et qui n'a pas pris moins de soins pour notre passage dans un monde meilleur. » Depuis que ces lignes ont été écrites, plusieurs années se sont écoulées sans que les efforts de M. Silliman se soient ralentis, et les amis de la science espèrent qu'il pourra continuer longtemps encore son utile et honorable entreprise.

Nous ne pouvons quitter ce sujet sans donner quelques chiffres qui feront juger de l'accroissement des recueils mensuels aux États-Unis : on en comptait 26 seulement en 1810, 140 en 1836, et 175 en 1850 : le nombre actuel de ces recueils ne saurait être évalué au-dessous de 200.

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