‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 108 sur 220 · SR LU LE A · texte numérisé non relu

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au grand Etat-Major général, section de topographie, position qu'il quitta, sur sa demande, pour aller en Afrique, prendre part à la guerre de Tunisie. Il fit aussi partie, comme commandant en second, d’une colonne d'exploration dans l’extrême-Sud. Les maladies si communes dans le désert du Sahara l'obligèrent à renoncer à la carrière militaire et, en 1884, il vint aux Etats-Unis.

Ayant perdu une petite fortune dans la fameuse faillite de “Grant and Ward,” il alla à Boston, comme professeur de français dans les écoles Berlitz, de là à Washington, D. C., où il donna la première coniérence qui ait jamais été donnée en français, dans la capitale des Etats-Unis. En 1885 il partit pour Minneapolis, Minn., où il réside depuis plus de 25 ans. En 1886, il prit la rédaction de L'Echo de L'Ouest et la conserva pendant plus de dix ans. Comme journaliste il lutta éneroiquement pour la conservation de la langue française dont l'existence était alors menacée dans le Nord-Ouest par une partie du haut clergé, américanisateur à outrance. Non moins énergiquement, il s’opposa à la transformation des écoles paroissiales en écoles publiques. Dans les deux cas il obtint gain de cause. Ses articles sur ce double sujet firent sensation et furent reproduits par toute la presse canadienne-française du Canada et des Etats-Unis.

Républicain en politique, il prit part, comme orateur de langue française, à toutes les luttes électorales depuis 1886 et contribua, dans une large mesure, à faire connaître aux deux grands partis politiques, la force numérique du vote canadien-français dans le Minnesota. En 1886 il ne fit que six discours politiques; en 1896 il en fit 48 devant autant de centres canadiens-français jusqu'alors inconnus. En 1908, il fut choisi par le comité national républicain de New-York comme orateur de langue française de tout le Nord-Ouest. Il est l’auteur de “Verbes irréguliers en quatre leçons,” “Grammaire préparatoire pour les Collèges de l'Est,” “Synonymes qui ne le sont pas,” etc.

Pour le théâtre il a écrit, en français, “A Bon Chat, Bon Rat” et “Quiproquo,” deux comédies en un acte qui furent jouées il y a quelques mois au théâtre français de Chicago; en anglais, “Father and Son,” drame en 4 actes; “From Wall to Scepter,” drame biblique en cinq actes; “Yolande de Femas,” tragédie en 4 actes, et “Paying a Debt,” comédie en un acte. M. LeRoux collabora en français à un des grands journaux de Paris et en anglais aux journaux et revues les plus importants du Nord-Ouest.

CHARLES LALIME.

M. Charles Lalime, de Boston, beau-frère de feu Ferdinand Gagnon, est un contemporain de celui-ci. Quelques mois après la mort de M. Gagnon, savoir en janvier 1887, le Travailleur passa aux mains de M. Charles Lalime qui l’administra pendant cinq ans, jusqu’en 1892, alors qu'il le vendit à Benjamin Lenthier. M. Lalime a toujours soutenu qu'il n’a pas vendu le Travailleur à Lenthier, mais à Josiah Quincy, le célèbre politicien démocrate. Quincy, comme nous l'avons vu, était le bailleur de fonds de Lenthier. Supposant que la vente du Travailleur ait été faite à Quincy, il n’en est pas moins vrai que Lenthier en était pratiquement le propriétaire, car pendant les quelques mois qu’il l'a possédé il l’imprimait à son établissement de Lowell, en percevait les revenus et en soldait les dépenses et lui donna finalement le coup de mort quelque temps après la deuxième élection de Cleveland à la présidence dans l’automne de 1892.

M. Charles Lalime est né à Saint-Hyacinthe en 1844. Il fit son cours classique au séminaire de sa ville natale, et il étudia le droit cinq ans au bureau de MM. Bourgeois et Bachand à Saint-Hyacinthe. Il fut admis à la pratique du droit à Montréal en 1868. Il exerça la profession d'avocat six mois à Saint-Hyacinthe, et ensuite à Percé, dans le comté de Gaspé, où il demeura jusqu’au mois de janvier 1872. Au mois de mars il rendit visite chez ses frères à Worcester, et il s’y fixa. Il fut d’abord agent d'assurance pour la compagnie Union Mutual. En cette qualité il avait charge du département français comme agent général pour la Nouvelle-Angleterre. Il conserva cette position jusqu’en 1880. Avant cela, en 1874, dans le temps de la grande célébration de la St-Jean-Baptiste à Montréal, il avait été nommé agent des voyageurs pour le chemin de fer Vermont Central, position qu’il occupa jusqu’en 1892, quand le Vermont Central passa sous le contrôle du Grand Tronc. De 1872 à 1874 M. Lalime fut aussi agent pour la vente des billets pour le chemin de fer Boston, Barre & Gardner. Fi: 1875 ii fut aussi nommé par le gouvernement du Canada, agent d’immigration pour diriger des colons vers le Manitoba. Deux ou trois fois par année il conduisait des colons de la Nouvelle-Angleterre au Manitoba. En janvier 1887 il fit l'acquisition du Travailleur de la veuve de Ferdinand Gagnon et en fut l’éditeur-propriétaire jusqu’à ce qu’il le céda en 1892 à Benjamin Lenthier par l'intermédiaire de Josiah Quincy. Il quitta Worcester en 1899 et il se fixa à Boston où il réside encore,

Charles Lalime f L ne Léon

Bossue dit Lhonnais

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M. Charles Lalime avait deux frères, Alfred et Eugène. Le premier est décédé le douze avril 1909 à Worcester et le dernier mourut jeune, victime d’un accident, s'étant noyé dans le lac Champlain en 1882. Il avait aussi trois sœurs dont l’une fut l'épouse de feu Ferdinand Gagnon. M. Lalime a un garçon marié et quatre filles, aussi toutes mariées.

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