CHAPITRE SIXIEME
Médérice Lanctôt et l'indépendance du Canada
V1 EDERIC Lanctôt, politicien du Canada, qui avait com-
VA battu Georges-Etienne Cartier, était venu aux Etats-Unis VAI et avait organisé dans certains endroits de l'Ouest des |e\£e sociétés pour travailler à la cause de l'indépendance du
Canada par des moyens pacifiques. Il se rendit ensuite dans la Nouvelle-Angleterre et organisa, en 1868, à Manchester, New- Hampshire, une société dont les officiers étaient Godfroi Messier, le Dr L.-A. Tremblay, Henri Gazaille, Cyrille Lebrun, Antoine Dutrisac et plusieurs autres.
A Lowell, Massachusetts, la société fondée dans le même but avait comme officiers J.-L. Loiselle, L.-T. Montferrand, H. Paignon, E. Fecteau, Maurice Racicot, Victor Ayotte, Charles Bélanger et Alfred Courchesne.
L'élément indispensable de succès de toute cause est la presse. M. Lanctôt estima donc avec raison qu'il lui fallait un organe, et au printemps de 1869 il fondait à Burlington L'Idée Nouvelle. Le nom était caractéristique de la cause que le journal devait exposer et défendre. L'indépendance du Canada était en réalité une idée nouvelle pour les Canadiens émigrés aux Etats-Unis. Le but du promoteur était de créer un sentiment en faveur de l'indépendance du Canada, et au moyen de son journal il comptait parvenir à cette fin. Mais ce n’est pas tout de fonder un journal, il faut que ce journal soit viable. Ilest évident que l'organe de l'indépendance du Canada ne l'était pas, car il n’en parut que deux ou trois numéros à Burlington. M. T.-H.-N. Lambert, qui en était l'éditeur, crut que la ville de Worcester offrait plus de garanties de succès pour cette entreprise et il s’y rendit pour en faire l'essai. L’Idée Nouvelle parut deux fois à Worcester, et
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ce fut tout. Il publia, aussi à Worcester, un numéro d’une feuille qui avait pour titre L'Impartial. L'idée de l'indépendance du Canada ne pouvait évidemment soulever un grand intérêt parmi les Canadiens de la Nouvelle-Angleterre, si on pouvait en juger par le sort de son organe.
Ayant vu ses espérances trompées dans l'Est, M. Lanctôt se dirigea de nouveau vers l'Ouest. A Détroit, Michigan, sa société de l’Indépendance était entre bonnes mains. Les officiers en étaient MM. Ed.- N. Lacroix, le juge H.-W. Deare, Charles Longtin, Charles-M. Rousseau, F.-X. Dumais, Gustave Vandame et autres.
Au mois de novembre 1869, M. Lanctôt fit paraître L'Impartial. C'était un très beau journal bien rédigé et bien imprimé, en frençais et en anglais; chaque colonne de matière était accompagnée de la traduction dans la colonne suivante. (Cette publication était trop dispendieuse pour qu’elle eût la moindre chance de succès. Aussi il n'en parut que cinq ou six numéros.