‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 14 sur 220 · PT NS · texte numérisé non relu

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C'est pourquoi nous devons dissuader ceux qui n’ont que peu d’expérience, et décourager ceux qui n’en ont pas, de se lancer dans une carrière qui offre si peu de garanties de succès. Il y aura toujours des incompétents qui seront prêts à se lancer dans le journalisme sans y rien connaître, qui, dans leur fertile imagination, voient déjà leur renommée s'étendre partout dans la Nouvelle-Angleterre, au Canada et même en France, des rêveurs qui croiraient, à l’instar de Arthur-E. Valois, décrocher là-bas une croix de chevalier de la Légion d’honneur.

Et les dollars... Ce n’est pas à dédaigner. Ceux qui ont un peu de capital et qui, dans un moment d’enthousiasme, sont tentés de fournir les fonds nécessaires pour une telle entreprise, devraient lire le présent ouvrage. Quand on aura vu “le champ du journalisme jonché de cadavres,” on réfléchira, le bailleur de fonds surtout y regardera deux fois et se demandera si le promoteur est bien qualifié par l’expérience ou l’entraînement. En disant cela nous n’avons nullement l'intention d’humilier ceux qui ont été les victimes et qui vivent encore. Dans plusieurs cas ce sont de nos amis et des hommes qui cherchaient moins la gloire personnelle qu’ils pouvaient en retirer, que l’accomplissement du désir d’être utiles à leurs compatriotes.

Nous allons montrer ce vaste champ des journaux morts, nécropole d’un nouveau genre qui atteste du moins de l’activité intellectuelle des émigrés canadiens-français aux Etats-Unis.

Inventaire Chronologique

Des journaux et revues publiés en langue française aux Etats-Unis pour les Canadiens-français émigrés, de 1838 jusqu'à 1911, et qui n'existent plus aujourd’hui. Il y en a eu beaucoup plus de 200.

1817—La ‘‘Detroit Gazette,’ fondée en juin à Detroit, Michigan; publia une colonne française pendant quatre mois.

1825—La ‘‘Gazette Française,’ fondée par un Américain nommé M. E. Reed; ne parut que quatre fois.

1838—‘‘Le Patriote,” fondé à Burlington, Vermont, par Ludger Duvernay. Petite feuille in-quarto; vécut environ deux mois.

1843—‘‘L'Ami de la Jeunesse,’ Detroit, Michigan, fondé par Edouard-N. Lacroix, avee M. À. Gérardin, bailleur de fonds; vécut quatre mois.

1850—‘‘Le Citoyen,” Detroit, Michigan, fondé en mai par E.-N. Lacroix; la publication en fut suspendue au bout de six mois. M. Charles-J. Dossin en reprit la publication après quelques semaines avee M. U. Adam comme rédacteur. Au mois de juin 1851 la feuille disparut définitivement.

1857—‘‘Le Courrier de l'Illinois,’ parut le 2 janvier. Fondé par Alexandre Grandpré avec Claude Petit. La publication en fut suspendue en 1864; il reparut en 1855, rédigé par J.-B.-A. Paradis et publié à Chicago. Le journal disparut définitivement en 1903, lors d’une fusion de plusieurs feuilles publiées dans l'Ouest.

1860—‘‘L'Union’’ a été publié par un docteur Dorion à Ogdensburg, New-York, pendant quelques mois. Ce même docteur Dorion, avant 1860, avait publié une autre feuille à Keeseville ou Plattsburg, N.-Y.

1864—‘‘Le Phare des Lacs,” fondé à Watertown, New-York, par Alexandre Grandpré et Claude Petit; de 1868 à 1876 M. Petit continua seul la publication du journal.

1867—‘‘La Sentinelle,’” fondée à Chicago, par M. Couillard de L'Epinay; vécut quelques semaines seulement.

1867—‘‘Le Public Canadien,”” fondé à New-York en décembre par une compagnie d'actionnaires avec J.-B.-A. Paradis, rédacteur. Véeut dix mois.

1868—Le ‘‘Protecteur Canadien,’ fondé à St-Albans, Vermont, par Antoine Moussette et l’abbé Zéphirin Druon. Vécut jusqu’au mois de septembre 1871, incendié.

1868—Le ‘‘Courrier de l'Ouest,’ fondé à Kankakee, par Alexandre et Michel Grandpré, J.-B.-A. Paradis, rédacteur; disparut en 1875 alors qu’il était publié à Chicago.

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