‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 167 sur 220 · SUPPLEMENT · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT

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E premier-né de la presse française aux Etats-Unis est le Courrier de Boston, qui vit le jour à Boston en 1789, l'an-

LE PREMIER JOURNAL FRANCAIS AUX ETATS-UNIS | née même qui marqua le début de la Révolution française,

NY son) 5) | en cette même ville où, dès 1704, M. John Campbell, di-

AW=) recteur de la poste, avait fondé le premier journal publié sur ce continent, The News-Letter.

Bien que la collection complète du Courrier de Boston se trouve encore très bien conservée à la Bibliothèque publique de Boston, on ignore qui en fut l'éditeur ou le rédacteur. On a beau parcourir les vingt-six numéros en entier, le nom de l'éditeur ou du rédacteur ne se rencontre nulle part. Mais ce qui ressort clairement de la lecture de ces pages jaunies par le temps, c'est que celui qui y a laissé une partie de lui-même était un Français, rempli d’un amour ardent pour la République naissante et d’une sincère affection pour sa mèrepatrie.

On ne pourrait pas convenablement appeler le Courrier de Boston le pionnier de notre presse aux Etats-Unis, puisque c'était une entreprise essentiellement française. Dans ce temps, à Boston et les alentours, la population de langue française était composée de Français ou descendants de Français, parmi lesquels il y avait de nombreuses familles de huguenots. Aujourd'hui les descendants de ces familles ont perdu la langue de leurs pères et leur caractère nationai et se sont fondus dans le creuset américain.

Le Courrier de Boston était un journal à dimensions minuscules, in-quarto de huit pages, à deux colonnes et avec le sous-titre que voici: “Affiches, annonces et avis,” et au-dessous la devise : “T'Utilité des Deux-Mondes.” 11 se publiait une fois la semaine, le jeudi. Le premier numéro parut le 23 avril 1789. Le dernier porte la date du 15 octobre. Le premier-né de la presse française en Amérique n'eut donc qu’une existence éphémère, à peine six mois.

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Dans sa conférence du 12 mars 1903 devant la Société Historique Franco-Américaine, où il a si bien analysé cette publication, publiée quelques jours plus tard dans L’Opinion Publique, M. J.-A. Favreau cite plusieurs extraits du Courrier de Boston.

“L'année 1789, dit M. Favreau, fut assez féconde en événements importants pour donner un attrait singulier à un journal de cette époque, même si les informations d'Europe y sont vieilles de deux mois au moins, et si celles du pays remontent à huit jours. D'ailleurs cela importe peu quand on les lit en 1903!

“Dès son premier numéro, le Courrier de Boston s'occupe des débats de la première session du Congrès américain, dont la première séance venait d’avoir lieu le 6 avril. Elections du président et du premier vice-président (George Washington et John Adams,) discours d’inauguration de Washington, ses messages spéciaux au Congrès, actes créant les départements de l'Exécutif, débats les plus importants, tout est rapporté avec une exactitude scrupuleuse. C'est le 29 septembre que finit la session. Ce jour-là, Washington envoya au Congrès, avec un message approuvant le projet des représentants de prendre congé pour trois mois, une communication que l'éditeur du Courrier de Boston dut trouver fort de son goût.”

Cette communication était une expression de sympathie à “Sa Majesté Très Chrétienne” et à la nation française pour la mort du fils aîné du roi Louis XVI, le Dauphin. Ironie des choses, avant la fin de cette même année 1789 les premiers événements de cette Révolution, qui allait bientôt dévorer l’autre dauphin, le roi, la reine et tant d’autres victimes innocentes, s'étaient déjà produits.

Les derniers numéros du Courrier de Boston sont remplis de la prise de la Bastille et de détails sur l'agitation qui allait toujours grandissante en France. Mais toujours le rédacteur du Courrier de Boston n'avait que des paroles d’éloges pour le “bon monarque.”

Détail curieux, quand l'éditeur du Courrier veut attirer spécialement l'attention des lecteurs dans des avis, ceux-ci sont rédigés en français et en anglais. C'est de cette façon qu'il se présente devant le public dans son premier numéro. Dans le neuvième numéro il fait appel pour l’encouragement. Il faut croire que cet appel n’eut pas le succès qu’en attendait l’auteur, et que les abonnés continuaient à être négligeants dans le payement de leur souscription, puisqu’au quinziè-

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