‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 169 sur 220 · DE · texte numérisé non relu

DE

Gagnon

Jean Bergeron

Ephrem

Solomon

Barthélems

Mazurette

op

Supplément 307

me numéro, soit le 30 juillet, il revient à la charge dans un avis rédigé dans les deux langues.

Hélas! l'encouragement tant espéré ne vint pas. Les annonces brillaient toujours par leur absence. Dans les six mois de son existence, le Courrier de Boston n'a publié qu'une seule annonce, de ‘eux lignes, où il s'agissait d'une chambre garnie à louer, Enfin au vingtsixième numéro, en date du 15 octobre 1789, l'éditeur annonce qu'il est forcé de suspendre sa publication.

Six mois ne sont pas une existence bien longue pour un journal, mais dans les circonstances on peut dire que le Courrier de Boston avait la vie dure, et l'on peut même s'étonner qu'il ait pu vivre six mois absolument sans annonces. De nos jours ce ne serait pas même concevable qu'un journal pût vivre trois mois sans annonces, à moins qu'il eût à sa disposition un capital à dépenser en pure perte. Et à la fin du 18e siècle à Boston les seuls abonnés d’un journal français devaient être une piètre ressource. C'est pourquoi nous estimons que le fait par l'éditeur du Courrier de Boston d'avoir fait durer son journal pendant six mois constituait un véritable tour de force, s'il n'était pas favorisé de la fortune. Il est vrai cependant que dans ce temps-là, la composition et l'impression d'un journal ne coûtaient pas autant qu'aujourd'hui, et les salaires des typographes n'étaient que l'ombre de ceux qui existent de nos jours. Tout de même le Courrier de Boston est une preuve que, même il ÿ a 120 ans, le patriotisme et le courage aidant, l’homme peut accomplir des merveilles.

NOTE—Xous avons puisé la plus grande partie des matières de ce chapitre dans le remarquable travail de M. J.-A. Favreau et lu par l'auteur devant la Société Historique Franco-Américaine le 12 mars 1903.

NOTE—Xous avons trouvé dans le Journal (Diary) de William Bentley, publié en 1907, que le ‘Courrier de Boston'' était publié par Paul-Joseph Guérard de Nancrède, qui

enseignait le français à l'Université Harvard,

Les journaux français de New-York, de la Louisiane, de la Californie et autres

Comme on l’a vu par ce qui précède, l’œuvre de la presse canadienne-frauçaise en ce pays a été considérable. Mais aussi il y a la presse française proprement dite, c'est-à-dire les journaux dirigés et rédigés par des Français de France ou des créoles de la Louisiane.

358 Ilistoire de la Presse Franco-Américaine

Il faut distinguer entre ces deux presses; l'esprit et les tendances générales ne sont pas les mêmes. Notre but principal était de faire une histoire de la presse canadienne-française des Etats-Unis, mais nous avons cru que ce travail recevrait un surcroît d'intérêt si nous y ajoutions un supplément relatif à l'historique de la presse française. Celle-ci se donnait pour mission de rappeler aux Français expatriés le souvenir de la patrie éloignée, la noble France, et les journaux canadiens-français entretenaient dans le cœur de leurs lecteurs le culte et j'amour du pays natal, le Canada. Cependant la similitude de langue est un lien puissant qui unit les deux presses dans une même confraternité lorsqu'il s'agit de ce verbe français qui est commun aux descendants des Français en Amérique comme à ceux qui tirent directement leur origine de la vieille France.

La Louisiane, comme nous le verrons ci-après, entra résolument dans le mouvement et les journaux qui virent le jour sur les bords enchanteurs du Meschacébé devinrent nombreux.

Page 1