DUFOUR ET LIMET
En octobre 1866, M. G.-F. Weisse qui était rétiré en France depuis plusieurs années, vendait son intérêt à ses deux associés, et à partir de cette époque L’Abeille eut pour propriétaires MM. Dufour et Limet.
Après la disparition du parti whig L’Abeille avait cessé d’être organe de parti.
A l'élection présidentielle de 1860, tout en exprimant des sympathies pour les candidats unionistes Bell et Everett, elle eût voulu voir le parti démocrate donner ses suffrages à Douglas.
Elle combattit les idées de sécession et prédit la triste fin que devait avoir la guerre entre le Nord et le Sud; mais une fois la sécession décidée, elle soutint la cause du Sud aussi longtemps qu'elle eût la liberté de le faire.
Depuis la fin de la guerre, elle a lutté contre le régime oppresseur que les lois de reconstruction avaient imposé à la Louisiane et à tout le Sud, et elle s’est ralliée au parti démocrate, comme le seul parti national qui put aider à l’affranchissement de cette section.
Gardant néanmoins son indépendance et son franc parler, elle s’est fait le champion des réformes et a dénoncé les abus de quelque part qu'ils vinssent.
Le rôle qu’elle a joué dans la presse louisianaise depuis 1865 est connu des lecteurs de ce journal et il ne nous appartient pas de l’apprécier ici.
Suppression de la partie anglaise de L’Abeille. Dans les quelques années de prospérité temporaire qui suivirent la réouverture des relations entre la Nouvelle-Orléans et les Etats du Sud et de l'Ouest, la presse américaine de la Nouvelle-Orléans avait pris un développement tel que la partie angiaise de L’Abeïille ne pouvait plus lutter avec les journaux publiés exclusivement en anglais, sous le rapport de la variété et de l'étendue des nouvelles.
Le moment était venu où les propriétaires du journal devaient renoncer à fournir à leurs clients deux journaux pour un seul. Ils optèrent naturellement pour la partie française.
Le Courrier de la Louisiane, L'Orléanais et toutes les feuilles publiées en français à diverses époques avaient disparu, et L’Abeille restait le seul journal quotidien publié en français en Louisiane. Elle devait d’ailleurs rester fidèle à son origine. Ce fut donc la partie anglaise qui fut sacrifiée et depuis le rer juillet 1872, L'Abeille a été publiée exclusivement en langue française.