‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 33 sur 220 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

L'abbé Zéphirin Druon, Antoine Moussette et le “Protecteur Canadien”

UELQUES mois avant la disparition du Public Canadien

à New-York, apparaissait à Burlington, Vermont, le Pro-

tecteur Canadien. A Troy, New-York, la troisième con- Ne LA vention canadienne-française avait chargé M. Antoine Moussette, marchand à St-Albans, Vermont, du soin d'organiser la prochaine convention qui aurait lieu à Springfield, Massachusetts, l'année suivante. M. Moussette, en acceptant cette charge, avait promis que, avant la convocation de la quatrième convention, les Canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre auraient un journal dévoué à leurs intérêts. De retour chez lui, il fit des instances auprès de M. l'abbé Zéphirin Druon, alors vicaire général du diocèse de Burlington, et curé de la paroisse mixte de St-Albans, pour le seconder dans la fondation d'un journal. M. Druon savait bien qu'une pareille entreprise entraînerait beaucoup de sacrifices pécuniaires et de travail, mais dans son patriotisme éclairé, il y vit un puissant moyen d'avancer les intérêts religieux et nationaux des Canadiens expatriés. Il ne recula pas devant la tâche et il donna généreusement son concours à M. Moussette. Le 10 mai 1868 le premier numéro du Protecteur Canadien paraissait. Les propriétaires étaient MM. Moussette et Druon. C'était une feuille hebdomadaire à quatre pages de sept colonnes, d’une belle apparence typographique. Ce fut réellement la première tentative heureuse de journalisme français dans la Nouvelle-Angleterre, et c'est un fait remarquable que le premier journal canadien qui fut fondé dans la Nouvelle-Angleterre d’une façon durable eut un prêtre pour directeur et rédacteur. Le Protecteur Canadien fit honneur à son nom et dès le début il fut l’habile et

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