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CHAPITRE VINGT-UNIEME

Les journaux du Massachusetts et du Connecticut

Æ SAN pourra dire que le Massachusetts a été la terre clas-

sique des journaux. Il n’a pas été le premier à voir l’éclo-

sion des journaux canadiens aux Etats-Unis; cet honneur

appartient aux régions de l'Ouest, ensuite au Vermont et

au New-Hampshire. Mais une fois l'essor donné le mou-

vement des journaux s’est propagé avec une vigueur qui n’a été égalée dans aucun autre Etat.

Le Jean-Baptiste est le plus ancien journal existant. Ilest aujourd'hui publié à Pawtucket, R.-I., depuis 1889, mais il fut fondé dans le Massachusetts, à Northampton, en 1875, par Pierre-Camille Chatel. J--A. Daigneau en fut le premier rédacteur. Le Jean-Baptiste eut une carrière mouvementée. A M. Daigneau succédèrent comme rédacteur, en 1876 et 1877, Paul de la Neuville et J.-B. Frédéric. A la fin de l’année 1880, M. Chatel vendit son journal à J.-G. Samson. M. Chatel écrivait en faisant ses adieux, que la carrière du journalisme qu’il abandonnait après peu d'années avec les honneurs, comportait beaucoup de fatigue et de déboires. “J'ai la consolation, en quittant le champ de bataille, la gloire de laisser après moi un journal bien établi, florissant et très répandu. Je cède la place à un jeune homme plein d'énergie et dont les talents littéraires seront plus en rapport avec le travail sérieux de la rédaction.” M. Samson, le nouveau propriétaire, était un homme qui avait fait des études classiques approfondies et de principes religieux qu'aucune considération ne saurait féchir. Au mois de mai 1882, M. Samson céda le journal à une société composée de Adolphe Ménard, Dr L.-B. Niquette et autres. Il resta encore quelques mois à la rédaction, puis il dit adieu au monde pour entrer dans un grand séminaire. Ii fut ordonné prêtre à ia cathédraie

de Grand Rapids, dans le Michigan, le 19 mars 1886. Il est maintenant curé doyen de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Muskegon, Michigan.

M. Lucien Cariseau devint rédacteur du Jean-Baptiste en janvier 1883, occupa cette position pendant quelques mois, puis devint viceconsul de France à Boston.

Le Jean-Baptiste fut acheté au mois de juin suivant par Ferdinand Gagnon, de Worcester, et il fut publié comme édition hebdomadaire au Travailleur, sous la raison sociale de Ménard, Belisle & Ci- Adolphe Ménard était l’administrateur à Northampton, tandis q .lexandre Belisle était l'administrateur du Travailleur. En même temps que le Travailleur, le Jean-Baptiste passa aux mains de Charles Lalime, en janvier 1887. Ferdinand Gagnon était décédé dans l'été précédent.

Les journaux furent peu nombreux à Springfield. Le premier qui y surgit fut L'Ami du Peuple. C'était une édition du Travailleur de Worcester. Il fut fondé en 1881 par le Dr H.-P. Grisé, aujourd’hui médecin à West Gardner. Le journal vecut trois ans.

L'Amé:icain avait été fondé en juin 1903 par J.-Henri Bordeaux, J.-L.-J. Dupuy et le Dr G.-T. Lamarche. C'était une publication hebdomadaire à seize pages et illustrée. Elle disparut au bout de sept mois environ.

L'Echo du Congrès, fondé au mois d’avril 1902, était ainsi dénommé en mémoire de la célèbre convention nationale des Franco-américains des Etats-Unis, qui eut lieu au mois de septembre 1901, et qu'on a appelé le Congrès de Springfield. L'Echo du Congrès était la propriété de Charles-T. Roy, Dr G.-T. Lamarche, J.-A. Gagné et Nap.-L. Biron. Un M. Bourret, de Woonsocket, était le chef d’atelier. MM. Biron et Lamarche se retirèrent bientôt de la société. Enfin, au mois d'août, après quatre mois d’existence, le journal disparut.

Le Citoyen Franco-Américain est une feuille hebdomadaire publiée encore aujourd’hui par le collège protestant de Springfield. Il en est question au chapitre des journaux existants. Disons en passant que peu des nôtres fréquentent ce collège, et la raison en est évidente : la plupart de ses élèves se recrutent parmi les jeunes Américains qui désirent apprendre le français. M. L.-E. Rivard, aujourd’hui résidant à Haydenville, Mass., fut pendant quelque temps le rédacteur du Citoyen Franco-Américain. M. Rivard est une figure bien connue

br Mare Fontaine J-A.-Z. Chenette

B. Lenthier

Charles Gigault

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