M. AIME GAUTHIER
M. Aimé Gauthier fut le fondateur de L'Etoile et le fondateur du club Jolliet de Manchester, N.-H., et du Cercle Canadien de Lowell,
M. Gauthier était un vétéran de notre journalisme, Ses plus longs états de service ont été à L'Etoile. Il était né vers 1850 à Boucherville, P.-Q. Après avoir fait ses études au collège Saint-Laurent, il se lança dans le commerce à Montréal. Plus tard il émigra aux Etats-Unis, se fixant à Manchester, N.-H. Il y fonda le club Jolliet, qui existe encore aujourd’hui et est une des organisations sociales les plus prospères de la Nouvelle-Angleterre. Cette organisation possède un magnifique immeuble construit récemment.
En 1880 M. Gauthier quitta Manchester pour aller s'établir à Lowell, où il fut employé dans des magasins de vêtements confectionnés. Là encore il exerça son talent de fondateur et organisateur en
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Les journaux de Lowell 161
fondant le Cercle Canadien. Cette organisation sociale fut très populaire dans le temps, mais elle n'eut pas le sort du club Jolliet, car au bout de quelques années le Cercle Canadien était dissous.
En 1886, l’année de la fondation de L'Etoile, ie Cercle Canadien existait encore. Avec l’aide des membres de cette association il fonda le journal L'Etoile, qui fut vendu en 1889 à Lépine et Cie, comme nous l'avons vu plus haut. Durant dix ans M. Gauthier administra L'Etoile. En 1899 il se retira de la compagnie et s'occupa un peu de commerce, puis il travailla de nouveau pour les journaux français.
En 1904, 1905 et 1906 il fut rédacteur et agent de publicité du Courrier de Salem. Plus tard il représenta le Citoyen de Haverhill, petite feuille hebdomadaire publiée par J.-Léo Richard, qui ne vécut pas longtemps. Il était au service de ce dernier journal lorsqu’il reçut le choc paralytique qui devait le conduire au tombeau.
M. Aimé Gavnthier était bien connu dans la Nouvelle-Angleterre, ayant visité presque tous les centres canadiens durant les campagnes électorales, prononçant des discours dans l'intérêt du parti républicain. M. Gauthier est décédé à Lowell le 8 avril 1910, à l’âge de 60 ans.
Un journal qui fit du bruit à Lowell pendant la courte période qu’il parut, est la B'lette. C'était une publication hebdomadaire humoristique d’un volume assez considérable qui eut de la vogue à cause de son ton badin, de ses saillies et surtout à cause de ses sarcasmes et caricatures à l’adresse de la New England, une compagnie par actions dont il a été question dans le passage de ce chapitre relatif à L'Etoile.
Le premier numéro de la B’lette parut le 25 février 1909. L'éditeur en était Alfred Gervais, qui avait été ci-devant au service de L'Etoile. M. Gervais avait pris à tâche de dénoncer la fourberie à l’aide du sarcasme et de l'ironie et il faut lui rendre cette justice qu'il a admirablement réussi. C'était dans le temps où les innombrables agents de la New England faisaient une sollicitation effrénée auprès des gens naïfs ou imprudents pour qu'ils vidassent leurs bourses dans les goussets des agents, après quoi une partie de cet argent était plongé dans le gouffre de la New England. C'était l’âge d’or de cette compagnie qui promettait la fortune à brève échéance pour
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ses actionnaires, mais ne produisit que du vent, pour nous servir de l'expression familière à la B'Jette.
Quand L'Etoile fut vendue à MM. Biron et Chaput, la publication du journal fut suspendue pendant quelque temps. La B'lette ayant accompli sa mission, cessa de paraître après une existence de près de dix-huit mois. M. Gervais remplaça la B'lette par un journal quotidien appelé la Vérité.
La Vérité parut pendant l'été de 1910. Peu après son apparition cependant, L'Etoile ressuscita, de sorte que pendant quelques mois il se trouva à y avoir deux quotidiens à Lowell. Finalement un beau jour de l’automne 1910, la Vérité disparut.