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rendre la pleine liberté de ses allures. Ni préjugés ni scrupules : il faisait la chasse aux suspects et aux àé^ votes. Plusieurs fois repris par le conseil pour son ingérence dans la police de la commune, il disait tenir sa mission du comité de vigilance du district.
Ce n*est pas ainsi que les bons citoyens de Donzère manifestaient leur civisme. Déjà, en février 1791, cinquante d'entre eux s'étaient portés au Pont-Saint-Esprit pour y concourir à la défense de la citadelle, menacée, disait-on, par les royalistes du camp de Jalès ; le 18 mars 1792, quand Biscarrat, administrateur du district, vint présider à l'ouverture des registres d'inscription pour les enrôlements volontaires, jeunes ou vieux, ce fut, dans tout le canton, à qui s'inscrirait ou se ferait inscrire. A Donzère, il y eu t jusqu'à des enfants de 16 ans. Voici les noms de ces jeunes patriotes : Xavier Julien, Louis Carrât, Raymond Floret, Jean et Jacques Sauvadon.
A quelques jours de là, — et le contraste n'est pas sans intérêt, — pendant que nos volontaires partaient pour l'armée, incorporés dans ce bataillon de la Drôme, qui devait s'illustrer dans les premières guerres de la Révolution. — le 6 août, Salvator était nommé capitaine de la compagnie des grenadiers du 1*' bataillon des gardes nationales (légion du Midi, district de Montélimar), et délégué le 26, avec Jacques Roussel, autre révolutionnaire de marque, par l'assemblée primaire cantonale, à l'assemblée électorale de Romans, pour la nomination des députés à la Convention nationale.
Cependant, après la proclamation de la République (21 septembre), de nouveaux troubles éclatèrent à Donzère, au sujet des biens communaux. Ces biens, de temps immémorial, consistaient en terrains vagues, bois, pâtis»
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hernies, garrigues, pacages, etc., sur lesquels, après tant d'actes d*inféodatioa ou d*accensement, de ventes ou d'acquisitions et de partages successifs qui, en divisant et subdivisant le territoire, y avaient créé nombre de propriétaires grands ou petits, il paraissait impossible qu'il n'y eût pas eu quelques empiétements. Constater ces empiétements et obliger les détenteurs à restitution, là était la difficulté ; et cette difficulté ne datait pas du moment; en 1781, pendant son consulat, Suffise avait osé Taborder ; mais, ainsi qu'on l'a vu, sans autre résultat que de soulever contre lui les intéressés.
Agitée en conseil, le 4 avril 1791, la question revint encore dans les délibérations du 5 et du 25 mai 1792. Il y avait alors dans la commune un nouveau Tenu du nom de Veyrenc, nom d'une ancienne famille de notaires, établis, les uns, à Roussas ; les autres, à Donzère vers 1695 *, et à laquelle il passait pour appartenir. Use disait, en effet, originaire de Donzère qu'il avait, ajoutait-il, quitté pour émigrer à Viviers; mais après vingt ans, un reste d'attachement le ramenait dans son pays natal, et il parlait de s'y fixer, pour l'aider, en sa qualité d'homme de loi, de ses bons offices, en réalité pour y pêcher en eau trouble. Quoi qu'il en soit, le conseil lui fit bon accueil : il avait trouvé l'homme capable d'attacher le grelot dans l'affaire des biens usurpés. Nommé, à cet effet, commissaire, le 20 juin, Veyrenc adressa, au nom de la municipalité, une pétition au district, et le 22, sur l'avis du district, le conseil du
1. Hue du Château^ où leur maison existe encore avec ses larges croisées, ses grandes salles à poutrelles et sa porte voûtée, au-dessus de laquelle est sculpté un écusson. Vers 1756, le juge ordinaire de la Principauté y siégeait et donnait audience.
département autorisa par un arrêté la municipalité de Donzère « à faire procéder à la mensuration des biens communaux usurpés, à charge par elle de se concerter avec les détenteurs pour cette opération, et de poursuivre devant les tribunaux ceux qui, par voies de fait, s'étaient déjà approprié une partie de ces biens ».
Avant tout, le conseil eut à statuer le 3 juillet sur divers empiétements au Port de Tlle par Jean-Baptiste Peillard, et le 14, sur certaines parties du chemin public sous le grand Clos, rompues, disait-on, soit par Meynot aîné, qui y avait fait pratiquer un fossé et planter des mûriers; soit par Jean-Pierre Pradelles, Joseph Prat et Pierre Merlier ^ ; il requit lesdits citoyens d'avoir à remettre les choses en l'état. Pradelles, Meynot aîné ' Philibert Quintin, le maire lui-même et nombre d'autres ci-