CHAPITRE XI
Après le 9 Thermidor. — Adresse du conseil général à la Convention nationHle. — Jean de Bry, Représentant du peuple, en mission dans la Drôme. — Arrestation de Salvator. Suppression du comité de surveillance et du club des Sans-culottes. — Hiver et disette de Tan lU. — Renouvellement des autorités administratives et municipales du canton. — Poursuites contre les auteurs des troubles de i792. Désarmement des révolutionnaires.
— Abstentions dans les élections de Tan IV. — François Meynot, commissaire du gouvernement. Philibert Quintin, président di; Tadministration municipale. —Jugement du Tribunal criminel de Valence dans l'affaire des troubles. — Agitation dans la commune: les patriotes et les muscadins. — Révocation de François Meynot et son remplacement par Joubert de Navon. Protestation de la municipalité. — Républicains et royalistes en l'an V. — L'équipée d'Allan. — Conséquences du 18 Fructidor dans le canton. — Municipalité de Tan VI. — Fête de l'Agriculture. — La guerre des brigands. — Donzère sous le Consu'at. — Journée du 9 fructidor an VIII. — Désastres de Tan IX et de Tan X. Suppression du canton. — La Rosière du 14 juillet. — Restitution des biens communaux. — Prospérité agricole et commerciale de la commune sous l'Empire. Restauration de l'église. Partage territorial de IMl. — Donzère eu 181 i et en isis. — Les Miquelets, les Autrichiens et les Cosaques.
— Conclusion.
C'est le 17 thermidor seulement que la nouvelle officielle des événements qui s'étaient passés le 9 à Paris arriva à Donzère par une lettre du représentant Boissel à ^a société populaire de Montélimar. Aussitôt, le conseil se déclara en permanence. Après avoir voté d'urgence
certaines mesures de sûreté, il invita, par une proclamation, les citoyens à se rallier, au nom du salut public, à la Convention nationale, — à laquelle il envoya, le 9 fructidor, une adresse de félicitation, qui obtint, le 3 frimaire an III, les honneurs de la mention et de rinsertion au. Bulletin *.
Alors, comme dans toutes les révolutions, il y eut réaction contre les hommes et les choses de la veille : partout les prisons s'ouvrirent pour les suspects et se fermèrent sur ceux qui les y avaient fait incarcérer. A Donzère, Salvator fut arrêté par ordre de Jean de Bry, Représentant du peuple en mission dans la Drôme. Déjà, il n'était plus (Juestion du comité de surveillance ni de la société populaire. A la suppression du club des Jacobins, à Paris, n'avaient pas survécu les 44,000 Jacobinières, qui lui étaient affiliées dans les départements. — « Tuer la mère, avait dit un Conventionnel, c'était tuer les enfants. »
Avec l'hiver de l'an III, retour de la disette : le Rhône, charriant des glaces, obligeait les bateliers à séjourner à Donzère. D'autre part, le mouvement de la route nationale y déposait chaque jour, dans ses hôtelleries, un grand nombre de voyageurs. — Commerce très actif, mais insuffisance de vivres : le service des passagers et les réquisitions condamnaient les habitants aux plus dures privations. Beaucoup ne vivaient qu'au jour le jour; d'autres se consolaient du manque de pain, en passant gaiement la nuit à boire et à chanter dans les cabarets. Pour conjurer les malheurs qui menaçaient la population — car elle n'avait même plus la ressource du blé noir et des pommes de terre, — le conseil, ne trouvant à