‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 119 sur 122 · Archives de la commune · texte numérisé non relu

Archives de la commune

RÉVOLUTION FRAKÇAISK 325

lui-même, déjà préveau par un faux expose de la question, prit sur lui de passer outre, et, par un arrêté du 7 mars 1810, enjoignit aux Maires des deux communes de nommer chacun un expert, à Teffet de procéder à la fixation du cantonnement à donner à Pierrelatte.

Sur le refus de Donzère, une commission fut chargée d'opérer d'office ledit partage. Acte illégal, contre lequel le conseil de Donzère * ne put que protester (4 août 1811), et, les événements aidant, les choses restèrent en Pétat; mais plus tard, soit lassitude, soit capitulation (un mot inconnu de nos anciens consuls), nos modernes édiles adhérèrent au partage de 1811. Après une lutte remontant au delà du moyen âge, lutte où la force en était venue à primer le droit, intervint un traité qui livrait à Pierrelatte une partie de notre territoire, plus une indemnité de 3,500 fr. Traité signé le 2 février 4876, paf les commissaires des deux communes, et ratifié par le conseil municipal de Donzère. — Jadis, les Romains mettaient au nombre des jours néfastes leurs malheurs ou leurs défaites : les Donzérois peuvent y mettre le 2 février 1876 '.

Ainsi, expropriation de notre sol forestier, non pour

4. Alors composé de François Meynot, Philibert Sarcey, Claude Guibocjrdanche, Antoine Barnavon, Jean-Baptiste Peil- LARD, JouBERT fils, Jean Pradal, Joseph Penet, etc.

2. Il y a quelques années, lorsque nos jeunes conscrits se rendaient à Pierrelatte pour le tirage au sort, ceux de Pierrelatte se portaient à leur rencontre au pont de la Berre, non pour fraterniser, mais pour les obligera passer sous leur drapeau. De là, des rixes et des combats, tristes effets de rivalités ou d'inimitiés séculaires, aujourd'hui apaisées, mais condamnées — nous le craignons — à des retours inévitables, tant que Donzère aura sur le cœur et Pierrelatte sur la conscience le traité spoliateur de

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cause d'utilité publique, mais au profit d'un voisia peu scrupuleux, par l'arbitraire d'un préfet se substituant aux juges, seuls compétents dans cette affaire, telle est, paraît-il, la conclusion à tirer de notre histoire locale de 1808 à i81i. Or, en 1814, pendant que ce même préfet changeait, au gré des événements, de masque et d'attitude, se qualifiant tour à tour, dans ses proclamations*, de Baf^on de t Empire ou de Marquis, suivant que la fortune se déclarait pour Napoléon ou pour les Bourbons, Donzère, inquiet des progrès de l'invasion, envoyait, le 23 mars, à l'armée nationale, des vivres et des provisions de grains et de fourrages. Mais le temps était aux métamorphoses, et, le 23 avril, le maire Philibert Quintin qui, en 1804, avait salué Napoléon des noms de Titus et de Marc-Aurèle, s'empressa d'arborer le drapeau blanc, de parcourir en cortège les rues de la ville, aux cris de Vive le Roi! Vivent les Bourbons l et d'inviter, à l'issue d'une messe en musique, le peuple à la joie '. On dit même que, lors de son départ pour Tîle d'Elbe, Napoléon passant à Donzère, une pierre fut lancée contre sa voiture : la glace fut brisée; le postillon s'arrêta. Il n'y eut parmi les assistants qu'un cri d'indignation contre le coupable (un malheureux père dont le fils venait d'être tué à l'armée et qu'il crut venger par cet acte sacrilège). Napoléon, calme et impassible, commanda au postillon ^ de poursuivre sa marche. « Il ne

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