‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 12 sur 122 · De l'origine du mot Do77is, p. 26. Avignon · texte numérisé non relu

De l'origine du mot Do77is, p. 26. Avignon

3. Rhodanus, représenté par les anciens comme le grand fleuve des Allobroges. — Connu des Argonautes, lesquels y seraient entrés, si l'on en croit Apollonius, et se seraient trouvés au milieu des lacs dont le pays était alors couvert. « Pendant qu'ils (les Argonautes) remontent le cours du Danube, poussés, dit-il, par un vent impétueux, ils sont entraînés jusqu'au milieu du fleuve Eridan (le Pô). Puis, le Rhône s'offre à eux, le Rhône qui prend sa source aux extrémités de la terre, près des portes du couchant et du séjour de la nuit : ils y entrent, etc. » {Argonatit. Liv. IV, vv. 610-619).

et des plus compétents en ces matières, en est un. J'ai essayé d'en chercher la solution àDonzère. Ai-je fait complètement fausse route? Je ne puis le croire; car si la preuve historique fait défaut, il semble, du moins, résulter du débat contradictoire, la probabilité que la colline de Donzère a dû porter, dans ces temps reculés, la ville celtique d'Aeria ; et par là il ne faut pas entendre une ville dans le sens vulgaire du mot; les Celtes n'étaient pas architectes; ils ne bâtissaient pas de villes ; leurs maisons étaient en bois ou en terre, et leurs remparts ne consistaient qu'en palissades. Que pouvaitil, que devait-il rester de pareilles constructions ? et comment s'étonner qu'une ville dont nous ne connaissons l'existence que par quelques mot^ d'un géographe grec, échappés à l'oubli, ait disparu sans laisser de traces, alors que les savants en sont encore à chercher où fut Alésia, le tombeau de la nationalité gauloise ?

Nous savons peu de chose sur les Tricastins : ils étaient Celtes, et les Celtes n'écrivaient pas, ils ne confiaient leurs récits qu'à la mémoire. Ni arts ni sciences; ils menaient, dit Polybe, « la vie la plus agreste ». Ayant pris, les premiers, racine sur le sol qu'ils occupaient, ils le possédaient et l'exploitaient en commun; les eaux, les bois, les pâturages restaient dans Findivision. C'était, — comme on l'a dit, — une sorte de communisme agraire.

Cependant, une certaine étendue de territoire était répartie entre les familles, et cette répartition se renouvelait quelquefois à des époques régulières, même tous les ans. De là, une certaine organisation administrative : un vergobret ou chef civil et un conseil électif, chargés des intérêts de la tribu ou de la cité. Ainsi, bien

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avant les Romains, les Celtes auraient connu et pratiqué les institutions municipales; mais, la commune gauloise ne fut point une création de la loi : née comme la famille, avant l'État, sortie du sol pour protéger la population naissante, elle ne procédait que d'elle-même et de la nécessité d'un certain ordre social. Au temps, donc, des migrations gauloises, alors que des bandes d'aventuriers, avides de butin, allaient chercher fortune à l'étranger, pillant les temples, saccageant les villes et s'em parant des terres d'autrui par le droit du plus fort, droit qu'ils portaient, disaient-ils, à la pointe de leurs épées, les Tricastins vivaient tranquilles sur leur territoire, se gouvernant eux-mêmes, élevant de nombreux troupeaux de porcs et de moutons et cultivant le froment ou le seigle, dont ils devaient l'importation aux Ségalauniens, leurs voisins; et non seulement ils tiraient bon parti pour eux-mêmes de leurs produits agricoles, mais placés sur la rive gauche du Rhône, — voie en grande partie fluviale *, fréquentée par les marchands phocéens, — ils y trouvaient une source de richesses. — Hommes libres, ils avaient la haine de toute domination étrangère, et s'ils apprirent, plus tard, des

1. Alors comme aujourd'hui, navigation très difficile, à cause, dit Strabon, de la rapidité du fleuve ; — portant cependant de très grands n^virea, grandissimes naves^ ajoute Ammien Marcellin, mais qui n'arrivaient à Lyon qu'à la rame.

Navigable de Lyon à la mer, sur un cours de 2,000 stades (370 kilom.) suivant Strabon; 331, selon M. Krantz, et au-dessus de Lyon, jusqu'à un point nommé le ParCy un peu au-dessous de Genève {Rapport de M, Krantz, Journal officiel du 22 février 1873).

Au-dessus de Donzère, quand les eaux sont basses, émerge du milieu du fleuve l'écueil de Malmouche, célèbre par plusieurs naufrages.

Massaliotes, à tailler la vigne, à planter Toliv vailler les métaux, ils surent \is-a-vis de si voisins, garder leur indépendance. — Barbe cheveux longs; pour vêtements, la tunique et flei b7^aîo), enserrant les bras et les jambes; sur i epauie, le sayon (saga ou sagumj, manteau d'étoffe rayée ; chaussures de cuir, dites gallicœ; — pour armes, Tépée, l'arc, la fronde, la pique et le javelot. A tout âge ils étaient soldats. Ils parlaient une langue « rude et barbare », si nous en croyons Gicéron ; mais comme toutes les langues primitives, très expressive et très pittoresque, imprégnée de la nature des objets et des lieux.

Aux heures des repas, ils les prenaient assis sur des peaux de loup ou de chien, ayant devant eux des tables de bois très basses, grossièrement équarries chez les pauvres. Sous leurs toits couverts de chaume, ils dormaient, dit Polybe, « sur un lit de paille et d'herbes » ; non sans avoir à conjurer le courroux du kirk (circius) ou vent du nord, le Borée noir de Strabon, aujourd'hui la Bise {la Biso *), soufflant particulièrement dans la vallée du Rhône et produite par des courants aériens qu'engendre l'opposition entre la température élevée de la Méditerranée et celle des Alpes, couvertes de neiges.

Un fétiche, un simulacre ou un tronc d'arbre, c'étaient là leurs divinités; ils avaient leurs druides ou prêtres, leurs dolmens ou sépultures *, et leur bois sacré, où, le

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