‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 14 sur 122 · Id. — Liv. IV, p · texte numérisé non relu

Id. — Liv. IV, p

Appliqué à nos campagnardes modernes, ce portrait ne paraît pas avoir vieilli.

Tels étaient nos premiers ancêtres, peints non par eux-mêmes, mais par ces mêmes Grecs et ces mêmes Romains qui ne voyaient en eux que des Barbares ou des ennemis.

Vers Tan 587 avant notre ère, Bellovèse, neveu d'Ambigat, roi des Bituriges [Bourges)^ vint dans le Tricastin (in Tricastinos veniiy dit Tite-Live). On croit qu'il y passa dix ans, soit à préparer son expédition au delà des Alpes, soit à combattre les Saliens, peuple ligure qui s'étendait, suivant Strabon, depuis le Rhône jusqu'au pied des Alpes, et qui s'opposait alors à l'établissement d'une colonie de Phocéens (celle qui fonda Marseille) sur les côtes de la Méditerranée.

Plus tard, enclavés dans les Voconces et les Gavares, les Tricastins se voyaient menacés par les Volces Arékomiques * (Nîmes) qui, à cheval sur le Rhône *, en disputaient aux Gavares la rive gauche, quand l'apparition subite d'Annibal sur la rive droite vint faire diversion à cette petite guerre d'invasion.

Au printemps de l'année 218 av. J.-G., Annibal partit de Garthagène avec une armée de 60,000 fantassins, 9,000 cavaliers et 37 éléphants, et franchissant les Pyrénées, il arriva sur les bords du Rhône, à quatre jour-

1. Peuple celte qui, au iv® siècle avant notre ère, occupait une des régions de la Germanie septentrionale, et dont une partie émigra, en 283, pour s'établir sur les côtes de la Méditerranée et sur les rives du Rhône, « où, dans le siècle précédent, dominaient les Ligures et les Ibères. » (D'Arbois de Jubain ville. Les origines gauloises.)

2. Colunt autem circa utramque ripam Rhodani, Tite-Live, XXV-XXVI.

16 HISTOIRE DE DONZÈRE

nées de marche de l'emboucluire de ce fleuve. Après bien des commentaires et des controverses, on est à peu près tombé d'accord avec Napoléon P*" sur le lieu où le grand capitaine carthaginois passa le Rhône, c'est-à-dire à TArdoise, en face de Caderousse, à une lieue au-dessus de Roquemaure. Toutefois, si, par Toffre de son amitié et le maintien d'une discipline sévère dans son armée, il avait rassuré les populations de la rive droite, qui commerçaient alors avec les Massaliotes, celles de la rive gauche (les Arékomiques), rangées en bataille le long du fleuve, se disposaient à lui en disputer le passage. Recourant à une diversion, Annibal ordonna à son lieutenant, Hannon, un mouvement dérobé, à l'effet de tourner, sur la rive gauche, l'armée gauloise, et de la prendre à dos au moment où le gros de l'armée carthaginoise passerait le fleuve. Hannon, fils de Bomilcar, était un excellent officier d'avant-garde : il partit, dès la tombée de la nuit, avec un détachement d'environ 10,000 hommes, et remontant la rive droite du Rhône, il s'arrêta, ditPolybe, là où le fleuve se divise en deux branches, à 200 stades (25 milles, l'espace d'un jour de chemin, suivant Tite-Live; environ 40 kilomètres) du camp d'Annibal. — C'est donc entre Bourg-Sain t-Andéol et Donzère, près des îles Margiries, qu'aurait campé le lieutenant d'Annibal. — Au Pont-Saint-Esprit, d'après M. Martin de Bagnols *, suivi en cela par M. Hennebert ', et M. Desjardins*. Pourquoi ce point qui, non seulement ne semble pas répondre suffisamment à la distance et à la division du fleuve indiquées par Polybe, mais

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