De Vivar, Épisc
40 HISTOIRE DE DONZÈKË
de quoi tenter leur vertu*. Charles Martel les préserva de ce péril, en les dépouillant ; mais pas plus en deçà qu'au delà du Rhône, où les biens de Tabbaye de Donzère eurent le même sort, cette prise de possession (la conquête franke substituée au colonat gallo-romain) ne fut acceptée par la population, répugnant aux mœurs farouches et barbares des peuples du Nord. Autant, en eflPet, de tyranneaux dans nos campagnes. A son avènement, Gharlemagne se hâta de mettre fin à ce commencement de féodalité, en rendant aux églises et aux monastères leurs anciennes possessions, avec défense, sous peine de sacrilège, de toucher à leurs immunités, d'envahir, de dévaster, de vendre leurs biens qu'il déclara, à l'avenir, inviolables et indivisibles. Bien plus, dit la Chronique de Saint-Denys, « si commanda par tout son roiaume à tous les évesques et à tous ceulx à cui les cures appartenoient, que toutes les églises et toutes les abbaies qui cstoient descheues par viellece, fussent refaictes et restorées, et pour ce ceste chose ne fust mise en nonchaloir, il leur mandoit expressément, par ses messages, qu'ils accomplissent son commandement '».
De là, le diplôme {Praeceptum) octroyé par ce prince à Norfidius pour la reconstruction de l'abbaye de Dusera. Quel était ce Norfidius? Peut-être un de ces moines qu'à la prière de Gharlemagne l'abbé du Moat-Cassin avait envoyés en France, en 789, pour la réforme des monastères. Nous ne sommes pas mieux fixé sur la date précise du Prœceptum de Gharlemagne. Cependant, si l'on considère que l'abbaye de Duse7*a^ ainsi que la plupart de celles alors « refaictes et restorées », célé-
i. Histoire du Vivarais, t. 1er, p. 307.