Archives de Donzère: Registre terrier de
2. Peut-être est-elle contemporaine de la reconstruction de léglise, au Xie siècle, et servit-elle d'abord d'habitation au prieur.
68 HISTOIRE DE DONZÈRE
avantages que les lois romaines et la charte de Louis le Pieux avaient attachés à leur condition de colons ; et nous croyons môme que, dès ce temps, un syndic (syndieus) *, élu par eux chaque année, le jour delà fête de saint Benoît, comme la coutume s'en est longtemps conservée, avait mission de régir leurs affaires et de défendre leurs intérêts.
Déjà, pendant 36 ans, de 850 à 886, les évêques de Viviers avaient possédé cette chevance : ils ne pouvaient que la regretter et en souhaiter le retour à leur église. Après avoir fait, mais en pure perte, bon visage aux Bosons, ils se retournèrent vers les empereurs germaniques. Hermann, Tun d'eux, avait assisté, en 1033, au couronnement de Conrad le Salique, comme roi de Bourgogne. Depuis l'union de ce royaume à l'empire, ils s'en reconnaissaient les feudataires, « et, dit M. l'abbé Rouchier, ils ne voulaient plus entendre parler de la suzeraineté des rois de France ' ».
Il y avait alors sur le siège de Viviers un homme d'une naissance illustre, Guillaume P"" (Willelmus), ancien religieux de Gluny, et parent de l'empereur Conrad Ifl et non Conrad II, comme d'autres l'ont écrit *. Mais Viviers jouissait encore de ses libertés municipales (jus latinorum), établies par les Romains, et protégées parles comtes de Toulouse, qui avaient aussi des droits sur la ville. Tout nouvel évêque, venant prendre possession de son siège, descendait de cheval à la porte de l'église, et là, avant d'entrer, jurait de maintenir les privilèges de
1. Nom que l'on donnait à Rome aux magistrats, chargés d'administrer la cité.