Histoire du Vivarais, t. I
3. Conrad II, premier prince de la maison de Pranconie, régna de 1024 à 1039. Conrad III commença la maison de Souabe et régna de 1138 à 1152.
la cité. Arcons, Tun d'eux, en voulant s'y opposer, avait péri dans une insurrection populaire, en 750 *. S'affranchir de ce double joug et s'ériger en souverain à la fois de Viviers et de Donzère, tel était le rêve de Guillaume ; et quel moment plus favorable pour le réaliser I C'était pendant la minorité de Raymond V, comte de Toulouse. Il s'adressa à l'empereur Conrad, qui, ravi de trouver une occasion d'étendre son pouvoir à la droite du Rhône (jusqu'ici les empereurs avaient borné leur autorité à la gauche de ce fleuve), octroya d'autant plus volontiers à son cher parent [delecto consanguineo suo) ce qu'il demandait, qu'il ne lui en coûtait rien de son domaine '.
Par une charte, datée de l'année 1147, la dixième de son règne, ce prince donna donc à Guillaume les droits régaliens (regalia) sur Viviers; la monnaie {monetum) et le péage (pedagium) sur les grands chemins et sur le Rhône, et aussi Donzère (etiamque Dozeram).
Bien que la charte de Tempereur Conrad ne parût viser que le château ', l'abbé de Tournus, craignant pour son prieuré, recourut, l'année suivante (1148), au pape Eugène III qui, par un bref de la même année, lui confirma toutes ses possessions ou immunités ; mais Donzère n'en resta pas moins partagé entre deux maîtres, l'évêque de Viviers et l'abbé de Tournus. Seigneur temporel, l'évéque y percevait les fruits, les rentes et les revenus; l'abbé de Tournus, les dîmes et les bénéfices. — Une colonie domestique, desservie par des prêtres qui, sous la surveillance d'un prieur, vaquaient aux devoirs du cloître et vivaient tant du produit des biens du prieuré
\, Breviarium viennensis,
2. DoM Vaissette, Hist, gén, du LanguedoCj t. II, p. 46i, — CoLUMBi, loc. cit., p. 210 etseq.