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10 HISTOIRE DE DOiNZÈRE
que des offrandes des fidèles, voilà tout ce qui restait de Taucieune abbaye mérovingienne, fondée par saint Lambert et reconstruite par Gharlemagne. Si le malheur des temps avait contribué à sa décadence, elle pouvait, non sans raison, s'accuser d'y avoir aidé. Placée dans un riche territoire, sous un ciel privilégié, elle n'avait qu'à travailler, c'est-à-dire à se conformer à sa règle pour y grandir et prospérer ; et c*est, en effet, ce qui arriva. Sous Hildygise, son troisième abbé, ses produits agricoles étaient tels qu'elle dut solliciter de l'empereur Lothaire le droit nautique pour trafiquer ; mais, avec la richesse, la corruption entra dans les monastères, et déjà, en 813, le concile de Tours reprochait aux abbés de vivre comme des chanoines *. Après Suger et saint Bernard qui entreprirent en vain de les réformer, l'évêque de Metz, Adhémar de Monteil, ' dut rendre une « ordonnance » contre les moines qui portaient, disait-il, « des solers destranchiés com chevaliers, des chausses de colour, des robes des plous précioses», et qui allaient « de neu et de jor en place commune en nosses, en danses et en aultres leus que ne sont mies à dire...» avec femmes séculières et nonnains, à grant foison de menestries, etc. ». A Tancienne discipline avait succédé l'anarchie. « Chacun faisait son petit ménage ^ », pourvoyait à sa pitance et à ses vêtements, ayant au besoin son cheval à l'écurie. Prieurs, celleriers ou religieux avaient même des cellas particulières pour les rendezvous et les repas nocturnes. Plus tard, les revenus des