‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 51 sur 122 · GoLUMBi, De Ftv, ej9., p. 124 et suiv · texte numérisé non relu

GoLUMBi, De Ftv, ej9., p. 124 et suiv

nous permet pas de préciser. Il n'est question, en ce temps-là, que d'une Tiburge et d'une Guillaumette, dames de Donzère; mariées, la première, vers 1199, à Adhémar de Pierrelatte, fils de Jourdain et d'Astorie ; l'autre à « messire Guy, seigneur de Ghàteauneuf * » . C'était à croire la seigneurie de Donzère tombée en quenouille, si un acte de 1211 ne nous eût révélé l'existence, à cette époque, d'un Guillaume de Donzère, père ou frère sans doute de Tiburge el de Guillaumette (et ce nom patronymique de Guillaume, porté parla maison de Donzère, ne semble-t-il pas confirmer ce que nous avons dit plus haut de son origine?). Or Guillaume n'était pas seulement seigneur de Donzère, mais aussi l'un des seigneurs directs de Pierrelatte, avec Guillaume de Ghàteauneuf, et l'acte de 1211 — sentence arbitrale del'évéque de Viviers et de Bermund d'Uzès au sujet du partage d'un fief entre l'évêque de Saint-Paul-Trois- Ghâteaux et les coseigneurs de Pierrelatte, sous la réserve que ceux-ci le tiendraient des Donzère et des Ghàteauneuf, — en fait foi. A cet acte était présent, comme témoin, Bertrand de Donzère, chanoine de Saint-Paul. C'est aux comtes de Toulouse que les Donzère el les Ghàteauneuf devaient la supériorité sur Pierrelatte, pour laquelle ils leur rendaient hommage, et s'obligeaient à quelque service militaire, ou à certaines contributions, qu'ils tiraient soit de leurs propres vassaux, soit des voyageurs ou marchands passant par le Rhône ou par le chemin d'Avignon à Lyon, sur lesquels ils exerçaient un droit de péage. De là, pendant la guerre des Albigeois, des exactions dont se plaignaient les partisans de Montfort. Vainement au concile de Valence où le légat Milon avait assigné Raymond VI à comparaître (juin 1209),

i • M. L. Bruguibr-Hourk, la Chartreuse de Valbonne^ p. 38.

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les seigneurs présents (ses \assaux des rives du Rhône) s'engagèrent-ils à laisser le passage libre tant par eau que par terre, et à veiller à la sûreté des chemins; deux mois après, les mêmes excès recommencèrent. Simon deMontfort s'en plaignit au pape Innocent III, lui représentant « ces petits nobles, ennemis du Christ, errant par les montagnes et les roches, ravageant les terres ou résistant du haut de leurs châteaux forts « à l'armée de Dieu*. » Le pape, en 1210, écrivit à l'abbé de Cîteaux, son légat, de frapper de la censure ecclésiastique, jusqu'à ce qu'ils eussent satisfait aux injonctions du souverain pontife, ceux qui, « sous prétexte de péages, ne craignaient pas de commettre sur les routes et sur les rivières des exactions indues et autres iniquités*»; et parmi les coupables, le pape désignait — mais sans les nommer — « les Seigneurs et les Dames de Châteauneuf et de Donzère {dominos et dominas Castri Novi et Duzerœ), Quels étaient ces Seigneurs et ces Dames ? Nous ne voyons, à ce moment, dans les deux seigneuries, que Tiburge et Guillaumette et les deux Guillaume de Donzère et de Châteauneuf. Or cette satisfaction, les Seigneurs et les Dames de Châteauneuf et de Donzère la refusèrent, paraît-il, au pape, puisque, l'année suivante, ils furent excommuniés ainsi que Raymond VI, par les légats, Tabbé de Cîteaux et l'évéque d'Uzès ; sentence que le pape confirma, le 17 avril 1211, par une lettre adressée à l'archevêque d'Arles et à l'évéque de Viviers. Raymond VI, vaincu à Mr.ret en 1213, l'évéque Bernon, qui avait pris une part très active à la croisade, ne

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