DoM Vaissette, t. m, p
2. « ... propter pedagia, exactiones indebitas et alias iniqui" tates quas in stratis publicis et fluminibiis committere non verentur. » — DoM Bouquet, t. XIX, p. 539.
pouvait manquer à la curée qui en fut la suite. Déjà possesseur de la moitié du château et des mines de Largentière, il s'adjugea, par provision, l'autre partie, qui avait été enlevée à Raymond par le Saint-Siège, « pour sa pravité hérétique ». D'un autre côté, Giraud II Adhémar, coseigneur de Monteil et partisan de Raymond, vit son palais de Saint-Paul-Trois-Ghâteaux livré aux flammes, à la suite d'un mouvement populaire excité par l'évêque Geoffroy, qui dut payer à Giraud 4,000 sols viennois; en revanche, à Lambert Adhémar qui avait livré Monteil à Montfort, échurent, en 1221, les biens de la maison de Donzère à Pierrelatte ; et c'est là toute la part de souveraineté dont les Adhémar pouvaient se prévaloir sur Donzère. Celle des Ghâteauneuf paraît plus réelle, par suite du mariage de Guillaumette de Donzère avec le chef de leur maison (Guy de Ghâteauneuf.)
Cette maison tirait son nom d'un village, situé à quatre kilomètres nord de Donzère, sur la rive droite du Rhône et sur l'ancienne voie romaine. Il y avait là autrefois sur la hauteur un vieux castrum, dit de Montpensier (Montispenserii) dont on ne connaît ni l'origine ni l'étymologie. Au pied de ce cast7*um s'éleva peu à peu un village, qui s'appela castrum novum (Château neuf). Son riche territoire, où les Romains ont laissé plus d'un vestige, devait, comme celui de Donzère, tenter l'ambition de ses puissants voisins (les évéques de Viviers), et déjà, en 532, ils y avaient pris pied par la fondation d'une chapelle de saint Vincent, patron de leur église ; mais là, comme à Donzère, leur domination eut des fortunes diverses. Cependant, au xiii® siècle, ils y conservaient encore, malgré les entreprises des Adhémar, une ombre de suzeraineté,* et c'est probablement pour parer à ces entreprises que Guy de Ghàteauneul avait fait al-
80 HISTOIRE DE DONZÈRE
liance avec la maison de Donzère, et prêté en i206 hommage à Bernon, évêque de Viviers. Après sa mort, Guillaume de Châteauneuf, son fils ou son héritier, Tun des seigneurs directs de Pierrelatte et vassal de Raymond VI, dut en partager le sort, et c*est lui, sans doute, ainsi que Guillaumetle de Donzère, veuve de Guy, que visait la sentence d'excommunication de i2{\.
De cette année, en effet, date une donation pieuse de Guillaumette à la chartreuse de Valbonne, d'un domaine qu'elle possédait au terroir de Montaigu (pays d*Uzès)*, donation qui avait très vraisemblablement pour objet de racheter de Tanathème la noble dame. A sa mort, il s'éleva, au sujet de cette donation, un litige entre les chartreux de Valbonne et les bénédictins de Saint-Pierre, de Saint-Saturnin-du-Port (Pont-Saint-Esprit). Il fut convenu, en vertu d'une sentence arbitrale du 5 avril 1224 -, que les Pères chartreux posséderaient tout le domaine de Guillaumette, et les bénédictins le restant des terres contestées; « mais, dit M. Bruguier-Roure, le bornage des terres de la Dame de Donzère n'ayant jamais été fait d'une façon régulière », la transaction laissait une porte ouverte au litige. Après dix ans de contestations réciproques, les deux prieurs de Valbonne et de Saint-Pierre, voulant y mettre fin, soumirent leur différend à un jurisconsulte célèbre, messire Guy Fulconis (Guy Foulque, plus tard pape sous le nom de Clément IV), avec promesse de part et d'autre d'accepter l'arrêt qui interviendrait, sous peine de dix mille sols d'amende. Gomme caution, chacun dut nommer cinq notables du pays, parmi lesquels Adalric de Vénéjan, Bernard Adhémar, Ray-
1. Archives communales de Carsan : Kalendarium-cartusiz Vallisbonx, p. 10, à la date de 12U .