‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 53 sur 122 · Cartulaire de Valbonne ^ à la date du § avril · texte numérisé non relu

Cartulaire de Valbonne ^ à la date du § avril

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mond de Piolenc,etc. Ces conditions acceptées, Guj FouU que rendit un arrêt aux termes duquel les troupeaux du monastère de Saint-Pierre ne pouvaient franchir les limites du domaine de Val bonne, fixées par l'arbitre; tandis que le droit de pacage, pour les chartreux, ^'étendait sur tout le territoire de Montaigu et de Carsan. Cette sentence arbitrale fut promulguée solennellement le 17 août 1234, dans Téglise de Nbtre-Dame de Garsan et ratifiée par le légat du Saint-Siège, Jean Dieu, archevêque de Vienne.

Après Guillaume de Donzère, il semble que son fief passa aux Ghâteauneuf, — soit qu'il n'eût pas laissé d'héritiers directs, ou que sous le coup des fou* (Ires pontificales qui avaient frappé sa maison, — et rien alors de plus terrible que cette mise hors la loi divine et humaine, — Bertrand, Raymond et Pétronille de Donzère, — si tant est qu'il y ait sujet de les compter parmi les siens, — en eussent cherché l'expiation dans la vie religieuse ou par des donations pieuses.

Nous avons déjà vu, en effet, en lî211, Bertrand, chanoine de Saint-Paul-Trois-Ghâteaux. Vers 1238 ou 1239, Pétronille de Donzère était religieuse à l'abbaye cistercienne de Bonlieu, et Raymond de Donzère mourait, après avoir légué « toute sa part de la dîme de ses biens » à l'église de Pierrelatte, et fait choix, pour sa sépulture, 4e l'abbaye d'Aiguebelle, Mais les chanoines de Saint- PauI-Troi:9-Châteaux, à qui ce legs portait, disaient-ils, préjudice, ayant retenu et enterré le corps dans leur église, une sentence arbitrale ordonna, sous peine de SOUvres viennoises d'amende pour les infracteurs, qu'iK seraitdéterré et enseveli dansle cimetière de ladite abbaye. • Cependant, les Ghâteauneuf n'avaient prêté hommage, en 4221, à Lambert Adhémar; en 1230, à son fils

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Hogoes !•% que pour la moitié du château de Moatpensier ; ils possédaient le fief de Donzère, moins deux portions du port à Raymondé, fille de Raymond Adhémar. Par un acte du 24 a^rii 1241 *, noble homme {noàilis vir) Guillaume de Ghâteauneuf^ seigneur de Donzère, reconnaissait, en effet, à Guillaume Pallice, du Bourg-Saint- Andéoly mari de Raymonde, cette possession, dont Tori* gine remontait sans doute au mariage de Tiburge de Donzère avec Adhémar de Pierrelatte.

Ce Guillaume de Château neuf (probablement le même qui figure dans Tacte dé i2il, comme Tua des seigneurs directs de Pierrelatte, avec Guillaume de Donzère, auquel il aurait succédé dans la seigneurie de Donzère) laissa deux fils, Hugon ou Hugues de Cliâteauneuf, son héritier universel [kxredem universalem), seigneur de Donzère, et Tun des seigneurs supérieurs de Pierrelatte *, et Hugues Porcelet»; — nom d'une famille alors très puissante de la république d'Arles, et qui, porté par le second fils de Guillaume, semblerait indiquer cdrtaiA lien de parenté entre les Porcelets et la maison de Donzère. Hugues Porcelet, damoiseau [domiceUm)^ était seigneur en pariage du château de Donzère avec Guillaume de Montdragon *.

Hugues de Châteauneuf confirma, en 1257, à Raymond diB la Baume, procureur syndic des habitants du Bourg- Saint-Andéol, le droit octroyé jadis par son père à ces

!. Archives de Donzère. Acte reçu par M« Saladin, notaire.

2. A. Lacroix, ta Seigneutne de Fien^etatte. — Sentence arbi* traie de \2^Z.

S. Archives de Donzère. Acte de 1257.

4. A regard des châteaux et des lieux fortifiés, le partage a*é* tait pas dans Tintérôt des coseigneurs ; la sûreté de leur posses» sioo en dépendait.

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mêmes habitants, d'aller et de venir, soit par eau, soit par terre, dans toute l'étendue de son fief {in Castro Dunzerae et suo distantu) sans payer aucun péage.

Alors, les revenus du fief de Donzère consistaient en blé, raisins, servis, tasches, septains, sizains et cinquains, lods, muages et prélation que percevaient Hugues de Ghâteauneuf et ses deux coseigneurs, mais sans droit, paraît-il, puisque, d'après un acte de 1257 ', ils durent les restituer à Ponce Salabard, du Bourg- Saint-Andéol. « Or le territoire où Salabard avait des droits, ainsi qu'Adhémar de Pierrelatte, était borné, au midi, par les chemins du portail de l'Est au pont de la Berre, et du portail de l'Ouest au Rhône, et des autres côtés, par Ghâteauneuf, Roussas et Rac*. » *

S'il est peu question des habitants du fief dans ces divers actes, la qualification de « citoyen de Donzère [civis Dunzerx) ^ », qu'y prend Hugues Porcelet, dans un temps où les grands ne se contentaient pas de s'appeler ducs, comtes, marquis ou barons, mais « princes magnifiques, satrapes, etc. », nous paraît jeter un certain jour sur l'état social des Donzérois au xiu® siècle : c'étaient moins des vassaux que des hommes libres, vivant de la vie agricole et pastorale, ayant leurs lois, leurs coutumes, leurs franchises et se gouvernant euxmêmes par leur syndic. Si bien que, déjà fortifié et clos de murailles, le village semblait présenter ce double aspect d'une seigneurie en haut, et d'une petite république en bas. Tel est, du moins, le nom qu'il ne tarda pas à se donner.

1. Archives de Donzère. Acte reçu par M^ Vincent Verdier, notaire royal et épiscopal de Viviers.

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