‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 64 sur 122 · Chorier, p · texte numérisé non relu

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2. Ces CarameDtrand seraient-ils originaires deCrest(Drôme)? Il y avait au xiiie siècle, dans cet e ville, une famille de ce nom, la meyso (sic) de Careymentrand, — (Bulletin archéologique de la Drame, t. XII, p. 83.) Or, avant le xii» siècle, on n'était connu que par un nom de baptême. C'est vers cette époque seulement qu'on y joignit un surnom tiré, soit du village que Ton habitait ou de la terre qu'on possédait, soit de certaine qualité ou difformité physique ou morale. Il ne serait donc pas impossible que le premier des Caramentrand dût son nom à l'homme de paille que Ton a coutume de brûler tous les ans, sous ce nom, le premier jour du carême (carême entrant dans nos contrées).

3. Noble Ëusèbe de Robinon était, en 1491, fermier (arendator) du seigneur évêque et procureur (procurator) du seigneur de La garde.

110 HISTOIRE DE DONZÈRE

OU les conseillers de Donzère. Les Fayn, originaires du Bourg-Saint-Andéol; les Joubert et les Suffise qui, vers la fin du xv® siècle, devaient prendre rang dans notre histoire locale, commençaient à poindre : un Claude de Faifn possédait, à Donzère, le pré de Saint- Benoît, au levant du cimetière; plus, rue du Château^ la maison dite de Beaumont, sans doute le Philippe de Beaumont, ancien prieur de la chapelle de Montcalm (Monliscalmi), dont on a fait Montchamp, Cette chapelle, située dans le territoire de Rac, faisait alors partie de la principauté de Donzère, — Rac s'y trouvant annexé; — elle existe encore; elle est même, chaque année, au mois de septembre, l'objet d'un pèlerinage ; mais la maison de Beaumont n'est plus qu'une ruine : la porte, une cheminée sculptée et l'escalier en spirale, construit sous Claude de Tournon, c'est tout ce qui reste de cette ancienne villa prieurale.

Il était déjà question, dans le Registre terrier de 1500, d'un Pierre Sophize* et d'un Noë Jaubers : l'un (Pierre Sophize), comme possédant, au terroir de Donzère, une grange, plus deux coins de terre ; et l'autre (Noë Jaubers *), comme habitant une maison dans la Grand'Rue, au midi, près le portail de la Pont; probablement la même, dite plus tard des Moretons, héritiers des Gontards des Granges. Cette maison, aujourd'hui aux Meynot, s'appelait alors la Tour^ d'une tour non fermée

1 , Notre patois, qui change les o en oî/, a fait de ce nom : Souffise^ et le français. Suffise, — Ne serait-ce là aussi qu'un surnom donné au ppemiep ancêtre de cette famille, comme c sage, prudent, avisé, » — ledit nom qui paraît dériver du latin sophiis ou du grec aocpdç, n'ayant pas d'autre signification ?

2. Ainsi du nom ou du surnom de Jaubers, puis Joubert (de provenance romane peut-être : Jobe)\ railler, se moquer), et Tespril est, en effet, ce qui caractérisait cette famille.

qui en faisait partie et qui dominait les fortifications. A la suite d'un procès, à ce sujet, entre Jehan de Moreton et les consuls de Donzère, et d'un arrêt du Parlement delphinal, en 1560, cette tour fut murée « pour éviter plusieurs larronneries et voUeries ou scandales qui pourroient s'y faire la nuict '. »

Au nord du portail Vieil, à la Double^ était la maison du Péager; dans la Grand'Rue, au centre, sur la place, la maison « soubz le devant de laquelle estoient les pierres à mesurer le bled; » maison alors habitée par l'un des Fabry (Jacques le notaire), plus tard par Jean Gilly, François Goudail et François Meynot : elle existe encore avec son vieil arceau et ses belles croisées à cordelières. — Rue du final y près de l'église, le Tinal où l'on portait la dîme du vin ; rue du Fow\ sous le château, le Four banal. Il y avait cependant des boulangeries urbaines ou foraines, au moyen âge ; mais Donzère n'en possédait point encore. Seulement^ depuis 1305, les bourgeois y jouissaient du privilège, octroyé à leur ordre par Philippe le Bel, de cuire leur pain dans leurs maisons.

Au sommet de la colline, dominant le Bourg, se dressait le château fort, résidence du Seigneur, et, en son absence, du capitaine-châtelain et de ses hommes d'armes. Bâti sur les ruines d'un ancien castrum, comme sembleraient l'attester certaines substructions, percé de meurtrières et flanqué de tours (celle du midi, le Donjon, plus élevée que les autres), et défendu par une double enceinte, il commandait : au sud, le Bour^,' et la plaine ; à l'ouest, le passage du Rhône ; à l'est, la route d'Avignon à Lyon. Au sud-ouest de la rue du Donjon s'ouvrait la porte principale : il en reste à peine ses

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